Marchés publics : Nizar Baraka plaide pour une mise en œuvre efficace et orientée vers la performance
Le Maroc accélère la réforme de la commande publique pour renforcer l’efficacité économique, l’équité territoriale et la confiance institutionnelle
LA VÉRITÉ
Nizar Baraka, ministre de l’Équipement et de l’Eau, a réaffirmé le rôle stratégique des marchés publics comme levier central de mise en œuvre des politiques publiques, appelant à dépasser la vision classique de la commande publique réduite à un simple mécanisme de dépense budgétaire.
Ainsi, le ministère de l’Équipement et de l’Eau a organisé, lundi à Rabat, un séminaire placé sous le thème « La gestion optimale des marchés publics : un mécanisme de prévention des litiges ». Cette rencontre a mis l’accent sur l’amélioration de la gouvernance contractuelle et sur la nécessité de réduire les contentieux liés à l’exécution des marchés publics.
Dans ce contexte, Nizar Baraka a défendu une approche résolument orientée vers la performance, fondée sur trois piliers complémentaires. D’abord, l’efficacité économique, à travers une utilisation rationnelle et optimisée des fonds publics. Ensuite, l’équité territoriale, en garantissant un accès équilibré aux investissements publics pour l’ensemble des régions du Royaume. Enfin, la consolidation de la confiance publique, par le renforcement de la transparence, de la reddition des comptes et de la crédibilité de l’action publique.
Par ailleurs, le ministre a rappelé que la réforme de la commande publique figure parmi les priorités structurelles du Maroc depuis plusieurs années. Cette réforme traduit la volonté de l’État de considérer les marchés publics non comme une routine administrative, mais comme un outil stratégique de développement économique et social, conforme aux Hautes Orientations de Sa Majesté le Roi Mohammed VI, axées sur l’efficacité, la responsabilité et la gestion par les résultats.
De manière opérationnelle, Nizar Baraka a insisté sur l’importance d’une démarche préventive rigoureuse, intégrant une évaluation précise des besoins, une rédaction claire des cahiers des charges, des critères objectifs d’attribution et des cadres contractuels actualisés. Cette approche vise à anticiper les risques liés à la fluctuation des coûts, aux retards d’approvisionnement, aux contraintes environnementales ou aux mutations technologiques.
Dans le même esprit, le ministre a annoncé le lancement de sessions de formation conjointes avec le Conseil supérieur du pouvoir judiciaire. Ces formations visent à renforcer la compréhension mutuelle des aspects juridiques et techniques de la commande publique, tout en améliorant la coordination entre l’administration et l’appareil judiciaire.
Enfin, la création d’un « Guide de la jurisprudence du ministère de l’Équipement et de l’Eau » illustre cette volonté de sécurisation juridique. Les chiffres présentés par Mohamed Abdennabaoui, premier président de la Cour de cassation, confirment l’urgence de cette démarche, avec une augmentation continue des litiges liés aux marchés publics. Face à cette réalité, le Maroc s’engage clairement vers une commande publique plus performante, mieux encadrée et juridiquement sécurisée.
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