Marche Verte et Résolution 2797 : Omar Hilale décrypte la diplomatie royale du « concret » et de l’action
L’éloge du pragmatisme : Omar Hilale expose la philosophie de l’action et du concret qui guide la diplomatie royale. Le Maroc rompt avec l’opportunisme et mise sur la confiance et la coopération pour un ordre mondial plus juste et équitable. Dakhla, théâtre d’un plaidoyer pour un multilatéralisme du concret, convertissant les piliers de l'ONU en initiatives tangibles et durables.
Par Mohammed Taoufiq Bennani
Dakhla, ville dynamique du Sahara marocain, est devenue, le samedi 15 novembre 2025, le théâtre d’une allocution stratégique et pénétrante. Devant un parterre d’experts, l’ambassadeur représentant permanent du Maroc auprès des Nations Unies, Omar Hilale, a brillamment exposé les fondements et la trajectoire singulière de la diplomatie du Royaume, déployée sous la conduite éclairée du Roi Mohammed VI. Intervenant dans le cadre de la 5e édition du Forum annuel MD Sahara, M. Hilale a dessiné les contours d’une politique extérieure résolument tournée vers l’efficacité et la solidarité. Le ton fut donné sans ambages, cette diplomatie d’exception repose sur une philosophie de l’« action » et du « concret ».
Une vision royale ancrée dans la pérennité
La diplomatie marocaine, selon les éclaircissements de M. Hilale, transcende le simple rôle symbolique pour s’ériger en un levier stratégique. Elle se déploie comme « la manifestation éclatante d’une conviction inébranlable : la grandeur des nations se mesure à leur aptitude à forger ensemble leur avenir, et la solidarité constitue le fondement même d’un ordre mondial plus juste et équitable ». En effet, cette vision royale s’articule autour d’un « pari sur la confiance plutôt que sur la méfiance ». En outre, elle privilégie la coopération plutôt que l’isolement, la pérennité plutôt que l’opportunisme, et la dignité humaine plutôt que la domination.
Dès lors, l’ambassadeur a rappelé que ce cadre philosophique tire sa force de l’héritage plurimillénaire du pays. Ce dialogue séculaire s’est tissé historiquement « entre l’Atlantique et le Sahara, entre le Maghreb, l’Afrique saharienne et l’Europe », façonnant ainsi une diplomatie engagée et profondément ouverte. Cinquante ans après son avènement, la Marche Verte offre, par ailleurs, l’occasion idoine de méditer sur cette trajectoire historique. Celle-ci symbolise, selon lui, une philosophie diplomatique qui parvient à conjuguer légitimité historique, unité nationale et affirmation positive de soi, sans jamais verser dans la négation de l’autre.
La charte onusienne convertie en programmes durables
S’appuyant sur les trois piliers fondateurs de la Charte des Nations Unies, à savoir le développement, les droits de l’Homme, et la paix et la sécurité, M. Hilale a formulé un plaidoyer vigoureux pour une diplomatie « d’action », à la fois cohérente et opérationnelle. Le Maroc, en d’autres termes, ne se contente pas d’adhérer aux grands principes de l’ONU. Il œuvre activement à défendre un multilatéralisme du concret, qui se refuse à la simple proclamation de valeurs, mais s’emploie plutôt à les traduire en initiatives tangibles. Ainsi, cette approche est mise au service d’un ordre international plus solidaire et durable.
Concernant le premier pilier, le développement, le Royaume considère la croissance inclusive comme un vecteur essentiel de stabilité nationale et de coopération régionale. Au cœur de cette approche réside une conviction fondamentale : « le développement ne se transmet pas, il se crée ensemble ». De ce fait, la diplomatie marocaine s’active comme un levier stratégique, renforçant des partenariats concrets, principalement avec les pays africains et les États en développement. Ces efforts se manifestent notamment à travers l’investissement dans les énergies renouvelables, la modernisation des infrastructures, la promotion du développement humain et l’ouverture économique. La réussite de cette démarche prouve que le Maroc convertit les principes onusiens en programmes durables et coopératifs.
Cohérence éthique et nouvelle lecture des défis sécuritaires
Le deuxième pilier, les droits de l’Homme, est érigé en socle de toute société aspirant à la cohésion et à la pérennité. Cette conviction, ancrée dans la Constitution de 2011, se décline en une diplomatie multidimensionnelle. Autrement dit, elle englobe l’action humanitaire, la coopération institutionnelle, le partage de savoir, le dialogue spirituel et l’engagement sécuritaire. Cette « éthique de la cohérence » permet au Maroc de transformer son expérience locale en normes universelles. Par conséquent, le Royaume multiplie les initiatives éducatives, religieuses, sociales et sécuritaires en Afrique, contribuant directement à une stabilité durable sur le continent.
Quant au troisième pilier, la paix et la sécurité, M. Hilale a insisté sur la nécessité d’une lecture globale des défis contemporains. Le terrorisme, les trafics illicites, les crises humanitaires ou encore les dégradations environnementales ne sont pas perçus comme des phénomènes isolés. Au contraire, ils sont les symptômes d’une fragilité profonde. C’est pourquoi il est impératif de repenser la sécurité au-delà de sa seule dimension militaire, en l’intégrant aux enjeux fondamentaux que sont l’alimentation, l’énergie, le climat et les dynamiques humaines. Ainsi, fort de cette expérience, le Royaume brigue la présidence de la Commission de consolidation de la paix (PBC) à l’ONU dès janvier prochain. Cette responsabilité offrirait l’opportunité précieuse d’apporter une perspective africaine authentique aux processus onusiens.
Synthèse et projection
La constance qui caractérise la diplomatie marocaine réside dans l’harmonisation rigoureuse entre les principes proclamés et les actions menées sur le terrain. M. Hilale a souligné que l’engagement du Royaume au Conseil de sécurité permet de porter les préoccupations africaines avec une force particulière. Il s’agit d’une « voix qui formule les préoccupations du continent avec la force, l’expérience vécue, l’autorité de l’engagement concret, la crédibilité de celui qui ne se contente pas de déplorer les crises, mais qui agit pour les prévenir ».
En conclusion, le discours de l’ambassadeur Omar Hilale à Dakhla a démontré que, sous l’impulsion du Roi Mohammed VI, la politique étrangère marocaine est érigée en modèle d’engagement pragmatique et solidaire. Le cinquantenaire de la Marche Verte, conforté par la récente résolution 2797 du Conseil de sécurité, illustre parfaitement cette aptitude à fédérer et à anticiper. Le Maroc s’affirme ainsi comme un acteur mondial crédible, prêt à convertir ses valeurs en initiatives concrètes. La quête de la présidence de la PBC marque l’étape suivante de cette ambition continentale.
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