Marché du travail 2025 : Les services et l’industrie recrutent massivement, tandis que l’agriculture perd 41 000 postes
Le Maroc crée 193 000 emplois et ramène son taux de chômage national à 13 % en 2025. Les services et le BTP s'imposent comme les moteurs de la croissance face à une agriculture en perte de vitesse. Une embellie nuancée par la persistance du chômage chez les jeunes et une précarité accrue du sous-emploi.
LA VÉRITÉ
L’économie nationale a généré 193 000 nouveaux postes en 2025, ramenant le taux de chômage de 13,3 % à 13 %. Le Haut-Commissariat au Plan (HCP) détaille cette évolution positive dans sa note d’information publiée le 3 février 2026 à Rabat.
Services : locomotive de l’emploi
Le secteur tertiaire s’impose comme le véritable poumon de la croissance marocaine. À lui seul, le secteur des « Services » a enfanté 123 000 emplois, principalement portés par les activités financières et les services sociaux. En revanche, l’agriculture subit une hémorragie avec la perte de 41 000 postes, illustrant une transition structurelle où le monde rural s’efface devant l’urbanisation. Parallèlement, le Bâtiment et Travaux Publics (BTP) affiche une santé de fer avec 64 000 créations. L’industrie n’est pas en reste et apporte sa pierre à l’édifice en générant 46 000 nouveaux emplois.
Cette dynamique favorise massivement les villes. L’économie a ainsi injecté 203 000 postes en milieu urbain, tandis que les campagnes ont perdu 10 000 emplois. En outre, la qualité de l’insertion s’améliore légèrement. Le HCP précise que l’emploi rémunéré porte cette croissance avec 249 000 nouveaux contrats, alors que l’emploi non rémunéré recule de 55 000 postes. Malgré ces gains, le taux d’activité stagne à 43,5 %, tel un navire qui maintient son cap sans toutefois accélérer.
Contrastes sociaux et régionaux
Le chômage national fond comme neige au soleil, mais ce reflux cache des disparités criantes entre les genres et les âges. Si le taux de chômage des hommes diminue à 10,8 %, celui des femmes grimpe à 20,5 %, créant un fossé de plus en plus profond. Pour les jeunes de 15 à 24 ans, le marché ressemble à un mur infranchissable avec un taux de chômage qui atteint 37,2 %. À l’inverse, les diplômés entrevoient une lueur d’espoir. Leur taux de chômage recule à 19,1 %, les techniciens et cadres moyens enregistrant les baisses les plus significatives.
Géographiquement, le Maroc reste un royaume aux visages multiples. La région de Casablanca-Settat trône en maître absolu, abritant 22,6 % de la population active nationale. Elle concentre également plus du quart des chômeurs du pays. Les régions du Sud et l’Oriental luttent contre des vents contraires, affichant des taux de chômage dépassant les 22 %. À l’opposé, Marrakech-Safi et Drâa-Tafilalet bénéficient d’un ciel plus dégagé avec des taux inférieurs à 9 %.
Précarité et temps de travail
Le volume de l’emploi augmente, mais la protection sociale demeure un chantier herculéen. Seuls 31,6 % des actifs bénéficient d’une couverture médicale liée à l’emploi. C’est un grand écart entre les citadins, couverts à 43 %, et les ruraux qui ne le sont qu’à 12,4 %. De plus, le sous-emploi gonfle comme une voile sous le vent, touchant désormais 1 190 000 personnes au niveau national. Cette situation frappe durement le secteur du BTP, où l’insuffisance de travail est monnaie courante.
Enfin, la durée du chômage s’étire dangereusement. Le HCP indique qu’elle atteint désormais une moyenne de 33 mois contre 31 auparavant. Près de 65 % des chômeurs sont en quête d’un poste depuis plus d’un an. Pour beaucoup, le travail exige également un sacrifice temporel important : environ 33 % des actifs travaillent plus de 48 heures par semaine. Ce surmenage concerne principalement les hommes citadins. Plus de la moitié des salariés disposent désormais d’un contrat formel, mais seulement 28,2 % bénéficient de la sécurité d’un contrat à durée indéterminée (CDI).
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