Malgré la hausse des recettes, le bond de la compensation creuse le déficit de l’État à fin août 2026
Le déficit budgétaire du Maroc s'établit à 56,9 milliards de dirhams à fin août 2026, en hausse par rapport à l'exercice précédent. Les rentrées ordinaires progressent à 286,6 milliards de dirhams, portées par la performance de la fiscalité directe et des douanes. Les émissions au titre de la compensation s'envolent de 71,3 % pour atteindre 11,1 milliards de dirhams.

La Trésorerie Générale du Royaume a publié son bulletin mensuel relatif aux finances publiques à fin août 2026, faisant état d’un déficit budgétaire de 56,9 milliards de dirhams à Rabat le 14 septembre 2026. Malgré la bonne tenue des recettes ordinaires tirées par la fiscalité directe et la douane, l’accélération des dépenses de fonctionnement et le bond des charges de compensation pèsent sur l’équilibre financier de l’État.
Un solde budgétaire sous la pression de la dépense publique
Le déficit budgétaire s’est établi à 56,9 milliards de dirhams (MMDH) au terme des huit premiers mois de l’année 2026, contre 54,1 MMDH enregistrés à la même période un an auparavant. Selon les données diffusées le 14 septembre 2026 par la Trésorerie Générale du Royaume (TGR), ce résultat tient compte d’un solde positif combiné de 16,8 MMDH dégagé par les comptes spéciaux du Trésor et les services de l’État gérés de manière autonome. À la même date, les engagements globaux de dépenses ont atteint 609,1 MMDH, ce qui équivaut à un taux d’engagement global de 61 % contre 59 % à la fin du mois d’août 2025. Le taux d’émission sur engagements s’élève quant à lui à 87 %, marquant une légère augmentation par rapport au taux de 86 % constaté l’année précédente.
La dynamique des recettes fiscales et douanières
Les recettes ordinaires du budget général se sont établies à 286,6 MMDH à fin août 2026, affichant une progression de 5,5 % par rapport à la même période de l’exercice 2025. D’après le bulletin mensuel des statistiques des finances publiques de la TGR, ce montant représente un taux de réalisation de 68,3 % des prévisions retenues par la loi de finances. La hausse des rentrées budgétaires provient de l’augmentation de 12,7 % des impôts directs, de la hausse de 8 % des impôts indirects et de la progression de 12,6 % des droits d’enregistrement et de timbre. À l’inverse, les recettes non fiscales ont connu un repli de 27,4 % sur la même période.
Les recettes douanières ont contribué à hauteur de 69,69 MMDH sur les huit premiers mois de l’année 2026, en amélioration de 7,1 % comparativement à l’année précédente. Selon la TGR, ces ressources regroupent les droits de douane, la taxe sur la valeur ajoutée (TVA) à l’importation ainsi que la taxe intérieure sur la consommation (TIC) sur les produits énergétiques. Dans le détail, les droits de douane se sont accrus de 8,8 % pour atteindre 11,78 MMDH. La TVA à l’importation a progressé de 6,9 % pour s’établir à 43,32 MMDH, tandis que la TIC sur les produits énergétiques s’est élevée à 14,57 MMDH, marquant une hausse de 6,6 %. Les recettes brutes de la fiscalité douanière ont ainsi atteint 82,7 MMDH, en progression de 7 % sur un an.
Un bond marqué des dépenses de fonctionnement et de la compensation
Les dépenses globales émises au titre du budget général se sont élevées à 397,5 MMDH à la fin du mois d’août 2026, enregistrant une hausse de 10,4 % par rapport à fin août 2025. L’exécution des dépenses ordinaires a atteint 72 % des prévisions globales de la loi de finances. L’augmentation des dépenses s’explique par la hausse de 13,2 % des dépenses de fonctionnement, lesquelles atteignent 247 MMDH. Au sein de cette enveloppe, la masse salariale consacrée aux traitements et salaires s’est élevée à 130,1 MMDH, en augmentation de 9,4 %. Les dépenses de matériel ont progressé de 27 % pour s’établir à 68 MMDH, tandis que les charges communes se sont inscrites en hausse de 4,9 % à 35,8 MMDH.
Les émissions de dépenses consacrées à la compensation ont enregistré la hausse la plus forte du budget général. Selon la TGR, ces charges ont atteint 11,1 MMDH à fin août 2026, soit une augmentation de 71,3 % sur un an. Ce volume d’émission représente un taux de réalisation de 80,5 % du total des prévisions inscrites dans la loi de finances 2026. Par ailleurs, le montant des remboursements, dégrèvements et restitutions fiscaux pris en charge par le budget général a augmenté de 12,1 %. Cette évolution découle principalement de la hausse des remboursements de la TVA à l’intérieur, passés de 8,1 MMDH à 10,27 MMDH, malgré la diminution des restitutions d’impôt sur les sociétés de 3 MMDH à 1,95 MMDH.
L’exécution des investissements et la gestion de la dette
Concernant l’effort d’investissement public, les dépenses d’investissement émises au titre du budget général se sont accrues de 8,2 % à fin août 2026. Ces émissions représentent un taux d’exécution de 57,6 % des prévisions de la loi de finances. En ce qui concerne le service de la dette budgétisée, les charges globales ont progressé de 3,8 %. Cette hausse résulte de la progression de 4,1 % des remboursements du principal, établis à 37,3 MMDH, et de la hausse de 3,4 % des intérêts de la dette, qui atteignent 35 MMDH. L’évolution du principal s’explique par l’augmentation de 7,3 MMDH des amortissements de la dette extérieure, combinée à une baisse de 5,8 MMDH des amortissements de la dette intérieure.
Par ailleurs, la situation comptable des comptes spéciaux et des services autonomes présente des soldes distincts. Les recettes des comptes spéciaux du Trésor ont atteint 147,8 MMDH, englobant 26 MMDH de versements issus des charges communes d’investissement. Leurs dépenses ont totalisé 131,9 MMDH, intégrant 5 MMDH au titre des remboursements fiscaux, générant un solde créditeur de 15,9 MMDH. Enfin, les services de l’État gérés de manière autonome ont enregistré 2,013 MMDH de recettes, en baisse de 2,6 %, pour des dépenses de 1,125 MMDH, en hausse de 13,5 %.

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