Macroéconomie : L’inflation progresse à 1,7% portée par les tensions internationales
Le taux d'inflation annuel au Maroc atteint 1,7% en avril, poussé par les coûts de transport. L'État débloque 20 milliards de dirhams
LA VÉRITÉ
La trajectoire des prix à la consommation au Maroc connaît une nouvelle dynamique. Selon les dernières données officielles publiées ce vendredi par l’agence nationale des statistiques, le taux d’inflation annuel du Royaume s’est établi à 1,7 % au cours du mois d’avril, marquant une accélération par rapport au niveau de 0,9 % enregistré en mars. Cette évolution reflète la sensibilité de l’économie nationale aux tensions internationales, bien que les mécanismes de régulation de l’État continuent de jouer un rôle d’amortisseur structurel.
Le transport et l’énergie comme principaux moteurs de la hausse
L’analyse détaillée de l’indice des prix met en évidence des trajectoires divergentes selon les secteurs de consommation. En effet, les prix non alimentaires affichent la progression la plus notable avec une hausse de 2,5 % en glissement annuel, tandis que les coûts de transport subissent la pression la plus forte, enregistrant un bond de 8,4 % directement lié à la flambée des cours du carburant dans un contexte de tensions géopolitiques persistantes au Moyen-Orient. En revanche, les prix des produits alimentaires font preuve d’une relative stabilité, ne progressant que de 0,6 % par rapport à la même période l’année dernière. De son côté, l’inflation sous-jacente — qui exclut les produits à forte volatilité et les prix administrés par l’État — montre des signes de maîtrise, reculant de 0,3 % en glissement annuel malgré une légère correction technique de 0,1 % d’un mois sur l’autre, entre mars et avril.
Une réponse budgétaire massive pour stabiliser le marché intérieur
Face à cette poussée inflationniste importée, le gouvernement marocain réagit par une politique budgétaire proactive. L’exécutif prévoit d’allouer une enveloppe supplémentaire de 20 milliards de dirhams (environ 2,17 milliards de dollars) au budget de l’exercice 2026.
Ces fonds d’urgence seront injectés pour renforcer la Caisse de compensation et financer des subventions ciblées. Cette intervention étatique directe vise à neutraliser l’impact des chocs géopolitiques externes et à garantir la stabilité des prix des biens et services de première nécessité, notamment les transports en commun, le gaz de cuisine ainsi que l’électricité, protégeant ainsi le pouvoir d’achat des ménages et la stabilité macroéconomique globale.
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