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L’Istiqlal critique la gestion agricole du RNI

Par Yassine Andaloussi


Le débat politique au Maroc connaît une nouvelle tension, alors que le parti de l’Istiqlal vient de dénoncer la mauvaise gestion du secteur agricole sous la responsabilité du RNI, formation qui détient le portefeuille de l’Agriculture depuis plusieurs années.

Selon l’Istiqlal, les aides agricoles, censées soutenir les petits exploitants face aux défis climatiques, à la sécheresse et à la hausse des intrants, sont mal réparties et profitent davantage à des cercles privilégiés qu’aux véritables bénéficiaires. Cette situation, estime le PI, illustre un échec de gouvernance qui accentue les inégalités dans le monde rural.

Le RNI, qui s’était engagé à travers le programme « Génération Green » à renforcer la résilience du secteur et à améliorer la condition des agriculteurs, est aujourd’hui accusé d’avoir failli dans la mise en œuvre de ses promesses. Le parti de l’Istiqlal pointe notamment le manque de transparence dans la distribution des subventions, les lenteurs administratives et une absence de contrôle rigoureux, ouvrant la voie à des pratiques clientélistes.

Pour l’Istiqlal, le secteur agricole, qui contribue à hauteur de 13 % du PIB et emploie plus de 30 % de la population active, ne peut être géré dans l’opacité. Il appelle donc à une réforme profonde de la gouvernance agricole : adoption de mécanismes numériques de suivi des aides, mise en place de critères équitables et ciblage précis des agriculteurs vulnérables.

Cette prise de position ne relève pas uniquement d’une critique de fond, mais s’inscrit également dans le cadre d’une dynamique électorale. Les partisans du PI estiment en effet que les élections législatives de 2021 n’ont pas été satisfaisantes pour leur parti, celui-ci n’ayant pas réussi à décrocher certains ministères clés du royaume. Pour eux, remettre en cause la gestion du RNI revient aussi à préparer le terrain à un nouvel équilibre politique et à montrer que l’Istiqlal demeure une alternative crédible en matière de gouvernance.

Au-delà de la critique, le PI met en garde contre les conséquences sociales et économiques de cette mauvaise gestion, aggravation de l’exode rural, baisse de la productivité et fragilisation de la sécurité alimentaire. Dans un contexte marqué par la rareté de l’eau et l’urgence climatique, la défaillance des politiques agricoles est perçue comme une menace directe pour la stabilité du pays.

Avec cette sortie, l’Istiqlal tente de se repositionner comme défenseur du monde rural et contrepoids politique au RNI, dont l’image est déjà fragilisée par les critiques sur la flambée des prix et la gestion des ressources.


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