L’industrie du livre face à l’explosion des coûts : Le cri de cœur des éditeurs au SIEL de Rabat
La crise du secteur de l’édition dans le monde arabe est principalement liée aux difficultés de distribution du livre, plutôt qu’au désintérêt des lecteurs, ont estimé des éditeurs arabes participant au Salon international de l’édition et du livre (SIEL) de Rabat.
Par Bilal Joufi.
Les professionnels du livre soulignent que la hausse des charges logistiques et des coûts d’impression, du papier et du transport constitue l’un des principaux obstacles à la diffusion du livre arabe, freinant ainsi l’expansion des Maisons d’édition sur les marchés arabes et internationaux.
Selon des rapports publiés par l’Union des éditeurs arabes, le secteur de l’édition est confronté à de profondes transformations, notamment à cause de l’augmentation importante du prix du papier ces dernières années. Les tirages ont ainsi fortement diminué, alors que certaines publications étaient auparavant imprimées à plusieurs milliers d’exemplaires.
Ahmed Jamal, responsable des ventes de la maison d’édition égyptienne « Diwan », qui participe pour la deuxième fois au SIEL, a indiqué que les problèmes logistiques représentent la principale difficulté pour les éditeurs arabes, relevant que les retards de livraison, les coûts du transport et les problèmes liés à l’acheminement des ouvrages affectent directement la diffusion des publications arabes.
Dans une déclaration à la MAP, M. Jamal a également souligné que le livre papier conserve une place importante auprès du lecteur arabe, malgré l’essor des supports numériques.
Dans la même veine, Walid Hassan Rasslan, de la maison d’édition koweïtienne « Dar Kalimat », a affirmé que l’industrie de l’édition arabe traverse une phase complexe, marquée à la fois par des opportunités de développement et des défis liés aux coûts. Il a expliqué que la forte hausse des prix du papier depuis la pandémie de Covid-19, combinée à l’augmentation des frais de transport, de voyage et des services, constitue désormais une lourde charge pour l’ensemble de la chaîne de l’édition.
M. Raslan a, par ailleurs, salué l’intérêt porté à la lecture et au livre dans le cadre du SIEL, faisant observer que le livre papier ne saurait être supplanté par les supports numériques car il offre un espace de dialogue et de coexistence culturelle, et conserve une place centrale auprès du lecteur arabe.
Abondant dans le même sens, Abdelghani Mohammed, de la maison d’édition égyptienne “Al Mahrousa », a relevé que l’industrie du livre fait face à une série d’obstacles allant de l’acquisition des droits et de la traduction jusqu’à l’impression, outre le caractère compliqué des opérations de commercialisation et de distribution, autant d’étapes nécessitant d’importantes ressources financières avant que l’ouvrage n’atteigne le lecteur.
Par ailleurs, il a plaidé pour un soutien institutionnel et culturel accru afin d’assurer la continuité de la production des livres et de surmonter les difficultés liées au transport et à la tarification des ouvrages, dans un contexte marqué par le renchérissement des coûts et la concurrence entre le livre papier et les supports électroniques.
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