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    Par:  

    Abdelhak Najib

  • 23 février 2021  à 11:50
  • Temps de lecture: 5 minutes
  • CHRONIQUESLiberté et utopie

    Liberté et utopie
    Abdelhak Najib: Ecrivain-Journaliste

    « La liberté, c’est la possibilité de s’isoler. Tu es libre si tu peux t’éloigner des hommes sans que t’obliges à les rechercher le besoin d’argent, ou l’instinct grégaire, l’amour, la gloire ou la curiosité, toutes choses qui ne peuvent trouver d’aliment dans la solitude ou le silence. S’il t’est impossible de vivre seul, c’est que tu es né esclave.

    Tu peux bien posséder toutes les grandeurs de l’âme ou de l’esprit : tu es un esclave noble, ou un valet intelligent, mais tu n’es pas libre. » (Fernando Pessoa) C’est sans appel. Ceci a le mérite d’être clair. Assujettis au diktat du gain de sa vie, par tous les moyens, au travail forcé, quitte à vendre son âme, au besoin d’avoir et d’accumuler au risque d’être soumis à ce que l’on croit posséder, l’homme est une bien misérable créature. L’homme est avant tout une entité vivante qui ne veut absolument pas être libre, parce qu’elle en est incapable.

    L’homme dépend d’un trop plein de choses et de contingences qu’il lui est inatteignable de prétendre à une quelconque forme de liberté, même réduite. L’homme doit composer avec ce qu’il a lui-même produit au fil de son histoire. Des choses et des découvertes dont il dépend en intégralité pour survivre. Des choses qui se nomment progrès, évolution, modernité, technologie, ce sont là des inventions privatrices de toute velléité d’être libre. Se sachant incapable d’évoluer dans une volonté souveraine de vivre libre, l’Homme s’est attaché à ce qui réduit son champ d’action. C’est ce qui lui permet de faire illusion, d’évoluer dans son environnement avec la certitude de ne pas risquer son anéantissement dans une quête inutile de liberté. Constamment ajournée, la liberté est un simple vœu pieux.

    C’est une utopie, continuellement remise à jour, pour justifier de multiples erreurs de parcours, à travers l’Histoire, toutes époques confondues. Il suffit de faire le bilan de ces 7000 dernières années, de Sumer à aujourd’hui, pour se rendre compte, que cette longue marche des humains est une succession d’essais avortés sur le chemin de la liberté. Les humains ne peuvent vivre qu’enchaînés à un système politique, social et culturel bien défini. Avec cette capacité de se dépasser dans le déni de sa liberté pour donner corps à des époques fastueuses dans l’Histoire, comme si la négation des libertés, dans toutes leurs formes, rimaient avec apogée. Regardez justement Sumer et Babylone, jetez un œil sur l’Égypte antique, les civilisations Inca et Maya, la Grèce Antique, l’Empire romain, l’Empire Othoman, la

    Renaissance et la civilisation thermo-industrielle d’aujourd’hui. Toutes ces époques ont un point commun : l’écrasement des populations pour bâtir des empires qui durent dans le temps. Avec cette constance qui sonne comme une vérité historique commune à tous les peuples: les civilisations s’essoufflent quand elles relâchent leur prise sur les individus. Tout relâchement devient fatal et précipite les États dans l’oubli. «La civilisation n’a pas le moindre besoin de noblesse ou d’héroïsme. Ces choses-là sont des symptômes d’incapacité politique.» (Aldous Huxley). Ces mêmes symptômes qui font que les grandes figures d’une époque apparaissent au début ou à la fin d’une civilisation, excepté pour celle-ci, la nôtre, qui s’effiloche dans la médiocrité la plus absolue, et ce, à tous les niveaux.

    Signes des temps modernes, les humains nous donnent la preuve par les faits les plus parlants : «Le fait que les hommes tirent peu de profit des leçons de l’Histoire est la leçon la plus importante que l’Histoire nous enseigne.» (Aldous Huxley). Et celle-ci est répétitive, à travers les époques. Ce qui nous fait dire que cette épineuse question de la liberté est un faux problème. Les humains ne se soucient guère de ce qui peut faire d’eux des hommes libres, mais de ce qui peut consacrer leur état de dépendance à tout ce qui fait le monde où ils évoluent. Ils créent à profusion, ils inventent, ils découvrent, dans tous les domaines, pour trouver une explication viable à leur condition. Celle-ci étant constamment tributaire de ce qui les obsède le plus : repousser le plus loin possible cet affrontement qui finit toujours par avoir lieu, entre l’Homme et la chute de ce qu’il a passé des siècles à bâtir. Cela porte un nom : l’élan vers le pire.

    Dans son excellent : « Sur les cimes du désespoir », l’auteur de « Précis de décomposition », Emil Michel Cioran a écrit ceci de profond : « Les hommes n’ont pas encore compris que le temps des engouements superficiels est révolu, et qu’un cri de désespoir est bien plus révélateur que la plus subtile des arguties, qu’une larme a toujours des sources plus profondes qu’un sourire. Pourquoi refusons-nous d’accepter la valeur exclusive des vérités vivantes, issues de nous-mêmes ? »

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