L’IA du futur sera verte : Une révolution annoncée par l’UNESCO et l’UCL
Votre IA est-elle un poids pour la planète ? L'UNESCO et l'UCL révèlent des solutions pour la rendre économe.
LA VÉRITÉ
Imaginez une technologie dont l’empreinte énergétique rivalise déjà avec celle d’un pays à faible revenu, et qui croît de façon exponentielle. C’est la réalité de l’Intelligence Artificielle générative aujourd’hui. Mais une lueur d’espoir majeure a jailli de Paris, le 10 juillet 2025, lors de la publication d’une étude conjointe de l’UNESCO et de l’University College London (UCL). Cette étude révolutionnaire, intitulée « Une intelligence artificielle plus intelligente, plus compacte, plus puissante et économe en ressources, pour façonner l’avenir de la transformation numérique », révèle que de simples adaptations peuvent réduire jusqu’à 90% la consommation d’énergie des grands modèles de langage (LLM), sans compromettre leurs performances.
Le défi énergétique de l’IA
Aujourd’hui, plus d’un milliard de personnes utilisent quotidiennement des outils d’IA générative. Cependant, chaque interaction consomme environ 0,34 wattheure par requête. Au total, cela représente plus de 310 gigawattheures par an. Ainsi, l’empreinte énergétique annuelle de l’IA générative équivaut déjà à celle d’un pays à faible revenu, soit l’équivalent de la consommation annuelle en électricité de plus de 3 millions de personnes dans un pays africain à faible revenu. Face à cette croissance alarmante, Tawfik Jelassi, Sous-directeur général pour la Communication et l’information à l’UNESCO, a souligné qu’ « il est impératif de repenser notre manière de l’utiliser et d’éduquer les utilisateurs sur les moyens de réduire leur impact environnemental ».
Trois leviers clés pour une IA durable
Dans le cadre de ce rapport, des chercheurs de l’UCL ont mené des expériences inédites sur plusieurs grands modèles de langage en open source. De ce fait, ils ont identifié trois leviers efficaces pour économiser l’énergie sans compromettre la précision des résultats.
Premièrement, l’utilisation de modèles plus petits est une solution prometteuse. Ces modèles, conçus pour des tâches spécifiques comme la traduction ou le résumé, peuvent réduire la consommation énergétique jusqu’à 90%. En effet, plutôt que d’utiliser de grands modèles polyvalents pour toutes les tâches, les auteurs du rapport préconisent d’ « assortir le bon modèle à la bonne tâche ». Les architectures dites « mélange d’experts » (MoE) en sont un exemple parfait, où des modèles spécialisés s’activent uniquement quand c’est nécessaire.
Deuxièmement, des requêtes et des réponses plus courtes peuvent réduire la consommation d’énergie de plus de 50%. Par ailleurs, la troisième approche concerne la compression des modèles, permettant d’économiser jusqu’à 44% d’énergie. Des techniques comme la quantification réduisent la taille des modèles, les rendant moins énergivores sans perte de précision.
L’impact mondial et le rôle de l’UNESCO
Ces trois approches sont particulièrement utiles dans les milieux disposant de faibles ressources, là où l’énergie et l’eau sont rares. De plus, dans ces contextes où la connectivité est limitée, les petits modèles sont bien plus accessibles. L’UNESCO note toutefois que l’essentiel des infrastructures d’IA se concentre aujourd’hui dans les pays à revenu élevé, « creusant ainsi les inégalités mondiales ». À titre d’exemple, selon l’Union internationale des télécommunications (UIT), seuls 5% des personnes qualifiées en matière d’IA en Afrique ont accès à la puissance de calcul nécessaire pour développer ou utiliser des outils d’IA générative.
Dans le cadre de son mandat, l’UNESCO soutient ses 194 États membres dans leurs transitions numériques. Elle leur fournit des clés pour élaborer des politiques d’IA sobres en énergie, éthiques et durables. Pour illustrer, en 2021, les États membres ont adopté à l’unanimité la Recommandation sur l’éthique de l’intelligence artificielle, un cadre de gouvernance qui inclut un chapitre dédié à l’impact environnemental de l’IA.
Vers un futur de l’IA plus responsable
L’étude UNESCO/UCL marque un tournant. Elle démontre qu’une IA plus durable est non seulement possible, mais aussi accessible grâce à des changements de conception et d’utilisation. Ce rapport est un appel pressant aux gouvernements et aux entreprises à « investir dans la recherche et le développement d’une IA durable, ainsi que dans l’éducation à l’IA ». L’objectif est de donner aux utilisateurs les moyens de comprendre son impact environnemental et de faire des choix plus éclairés.
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