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“L’homme qui tua la lune”, roman de Abdallah El Amrani

LA VÉRITÉ / MAP


Rabat (MAP), “L’homme qui tua la lune” est l’intitulé du roman du journaliste Abdallah El Amrani aux éditions Dar al alamia lil kitab.

Le roman (448 pages) suit l’histoire d’un groupe d’amis multiconfessionnel, partageant les mêmes affinités intellectuelles, dont les membres avaient décidé de vivre leurs dernières années dans la petite ville qui les a vus naitre, coulant des jours tranquilles avant d’être piégés par une guerre qui se déroulait pourtant loin de leur pays et d’autres vicissitudes qui vinrent mettre fin à leur bonheur.

Le protagoniste Youssef, grand chef de la confrérie de la Zaouia Ouazzania et patron de l’hebdomadaire tangérois “La Dépêche du Détroit”, est à la quête d’une idée fixe qu’il n’arrive pas à matérialiser, idée qui se cramponne farouchement à ses pensées au point que ses autres idées peinent à s’aménager une place dans sa tête ni à trouver un moyen pour expulser l’intruse.

L’idée d’écrire un livre hantait Youssef, au point d’avoir recours à des moyens de pression peu orthodoxes, des voix qu’il n’avait pas l’habitude d’entendre et qui se mettaient à l’apostropher dans ses sommeils comme dans ses assoupissements, s’acharnant pour lui expliquer qu’une vraie immortalité n’est possible que s’il met en œuvre l’idée fixe.

Youssef, cumulant les titres de Chef de la puissante confrérie d’Ouazzane, d’Imam et de journaliste, discute de sujets de société considérés tabous au sein de son cercle d’amis, alors que sa femme Malika est omniprésente et fait entendre sa voix de femme progressiste dans toutes les confrontations.

Nourrissant une grande affection pour le mari de sa sœur, juge compétent et intègre, Youssef rendait souvent visite à sa sœur à Casablanca, où effectuant un bref séjour pour décompresser et tenter de provoquer le foisonnement des idées inspiratrices, il entreprit de faire des marches tout au long de la corniche pour débloquer.

Constatant très vite que le vent et les vagues perturbaient sa réflexion, et que le nombre impressionnant des promeneurs compliquait la tâche, il décida de rentrer à Ouazzane pour passer à l’action et faire confiance aux flots de souvenirs qui ne l’ont pas quitté depuis ses premiers pas dans la vie.

Face aux montagnes du Rif et alors qu’il s’apprêtait à noircir le premier brouillon, le souvenir d’un homme d’une taille imposante lui est revenu à l’esprit. L’homme en question, à la baraka et auquel on prête une force surnaturelle, est fils d’une famille chérifienne descendante du prophète.

Inspiré par cet homme qui livre la baraka, assortie d’un message codé qui appartient à chaque adepte d’interpréter, Youssef renonça au projet avant de l’entamer, se rendant compte que l’excentricité et la force de caractère marchent toujours de pair et qu’il n’était pas suffisamment armé pour affronter ces phénomènes.

Youssef sentait son imagination faiblir et ses ambitions romanesques se réduire comme peau de chagrin après deux vains essais, et la guerre des six jours instaura, des mois plus tard, une ambiance glauque et malsaine chez lui à Ouezzane.

Dans ce récit où il n’y a pratiquement pas de frontières entre songe et réalité, regorgeant beaucoup plus de réalités que de songes, l’auteur aborde nombre de sujets relevant de l’histoire marocaine, notamment l’arrière-grand-père du Chérif d’Ouezzane, le grand Chérif d’Ouezzane Dar Dmana et son épouse, l’Anglaise Lady Emily Keene, dont le mariage abordait prématurément la problématique de ce qu’on n’appelait pas encore dialogue des cultures et des religions.

L’auteur évoque également l’influence de la maison d’Ouezzane (Dar Dmana) en Algérie, tout en relatant le récit de Youssef, qui découvre tardivement que seule la léthargie est suspecte, voire patibulaire.

Journaliste et Président-délégué de la Fédération marocaine des médias relevant de la Confédération générale des entreprises marocaines, Abdallah El Amrani a occupé le poste de directeur régional du bureau de la MAP à Casablanca en 1975 avant de quitter le secteur public pour créer sa propre entreprise de communication et contribuer au lancement d’événements économiques et culturels tels que la Foire internationale de Casablanca et le Festival international de Tétouan.

M. El Amrani a lancé des publications francophones, notamment l’Economiste du Maghreb et le Journal de la foire, ainsi que des publications arabophones, à savoir Addar Al Baida et Al Masser (Le destin), et préside aux destinées de l’hebdomadaire la Vérité depuis bientôt vingt ans.


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