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LGV Kénitra-Marrakech : État d’avancement

LGV Kénitra-Marrakech : le chantier stratégique franchit le seuil des 30 % de réalisation globale. Un plan d’investissement record de 96 milliards de dirhams pour moderniser le rail marocain et acquérir 168 nouveaux trains. Vers une réduction drastique des temps de trajet nationaux et l'émergence d'un pôle industriel ferroviaire « Made in Morocco » à Benguérir.

LA VÉRITÉ


Le ministre du Transport et de la Logistique, Abdessamad Kayouh, a annoncé le 25 mai 2026 à Rabat que les travaux de la Ligne à Grande Vitesse (LGV) reliant Kénitra à Marrakech ont atteint un taux de réalisation de 30 %. Ce chantier s’inscrit dans un vaste programme d’investissement de 96 milliards de dirhams (MMDH) porté par l’Office National des Chemins de Fer (ONCF) pour moderniser les infrastructures nationales. L’objectif est de transformer la connectivité entre les grandes métropoles et de réduire drastiquement les temps de trajet pour les passagers.

 

Un investissement historique pour le rail marocain

Ce programme représente l’effort d’investissement ferroviaire le plus important consenti par le Royaume au cours de la dernière décennie. Sur l’enveloppe globale de 96 MMDH, une part prépondérante de 53 MMDH est spécifiquement allouée à la construction de la nouvelle ligne Kénitra-Marrakech, longue de 430 kilomètres.

En complément de cette infrastructure, le ministère prévoit l’acquisition de 168 nouveaux trains. Une somme de 14 MMDH sera également mobilisée pour renforcer le système actuel de la LGV et maintenir la performance globale du réseau ferroviaire. Ce réseau modernisé doit relier des pôles stratégiques tels que Rabat, Casablanca, l’aéroport Mohammed V et le futur grand stade de Benslimane.

 

Une réduction majeure des temps de parcours

L’extension du réseau à grande vitesse promet de modifier les habitudes de voyage au Maroc. Selon les précisions ministérielles, le trajet entre Tanger et Marrakech sera réduit de trois heures, passant de 6h30 actuellement à 3h30. La liaison entre Rabat et Tanger gagnera également en rapidité, s’effectuant en une heure au lieu d’une heure et vingt minutes.

La desserte aéroportuaire est aussi une priorité du plan de mobilité. La nouvelle configuration intégrant une gare dédiée permettra de relier le centre de Rabat à l’aéroport Mohammed V en 35 minutes. Depuis cet aéroport, les voyageurs pourront rejoindre le centre de Marrakech en 55 minutes. Parallèlement, le projet de LGV reliant Marrakech à Agadir franchit une étape importante : les études préliminaires et d’exécution sont désormais finalisées. Ce chantier, estimé à 55 MMDH, présente une complexité technique majeure puisque 70 % des travaux concerneront le Haut Atlas, nécessitant la construction de nombreux ponts et tunnels.

 

Déploiement des RER et industrialisation locale

Outre la grande vitesse, le gouvernement mise sur les trains de proximité de type « RER » pour améliorer la mobilité urbaine. Ce volet affiche lui aussi un taux d’avancement de 30 %. Sur l’axe Rabat-Kénitra-Skhirate, l’objectif est d’atteindre une fréquence d’un train toutes les dix minutes afin de désengorger le trafic routier.

Le plan de modernisation inclut un volet industriel stratégique avec la création d’une usine à Benguérir. Cette unité sera spécialisée dans la maintenance et la fabrication de locomotives ferroviaires, avec un objectif de taux d’intégration locale de 62 %. Ce projet vise non seulement à satisfaire les besoins nationaux grâce à des compétences marocaines, mais également à orienter l’industrie ferroviaire vers l’exportation.

 

Amélioration de la qualité de service et du réseau conventionnel

Les lignes classiques ne sont pas en reste. Le programme « Trains Atlas » prévoit l’acquisition et l’équipement de voitures pour plus de 160 trains circulant sur les axes actuels, notamment entre Oujda et Marrakech.

En termes de performance opérationnelle, le ministre a indiqué que le taux de ponctualité des trains dépasse aujourd’hui 87 %. Les enquêtes de satisfaction menées auprès des usagers révèlent un taux d’approbation supérieur à 80 %. Le ministère reste toutefois ouvert aux propositions parlementaires pour continuer d’optimiser la qualité des prestations offertes sur l’ensemble du réseau.


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