Les eurodéputés relancent la polémique sur les produits du Sahara marocain
Un débat technique qui révèle des tensions politiques persistantes à Bruxelles

LA VÉRITÉ
Ce jeudi, le débat sur l’étiquetage des produits agricoles issus du Sahara marocain a animé la Commission AGRI du Parlement européen. Les députés ont examiné la formule retenue dans l’accord agricole Maroc-UE signé le 3 octobre, un texte qui étend aux Provinces du Sud les mêmes conditions d’accès au marché européen que pour le reste du Royaume.
Une défense européenne qui peine à convaincre
La Commission européenne a salué une « amélioration notable » du nouveau dispositif de traçabilité. Brigitte Misonne, cheffe d’unité Produits animaux, a affirmé que la formule actuelle respecte les arrêts de la CJUE et clarifie l’origine des fruits et légumes provenant des régions de Laâyoune-Sakia El Hamra et Dakhla-Oued Eddahab.
Cependant, les groupes PPE, Patriotes pour l’Europe, Verts et Gauche ont rejeté ces arguments. Ils accusent la Commission « d’induire en erreur » les consommateurs et de « favoriser politiquement Rabat » en n’utilisant pas l’expression « Sahara occidental ».
Un débat révélateur d’enjeux géopolitiques
Par ailleurs, plusieurs eurodéputés ont reproché à Bruxelles de privilégier le partenariat stratégique avec le Maroc, particulièrement dans le domaine agricole, pilier du commerce euro-marocain. La Commission s’est engagée à fournir une réponse écrite aux questions des élus avant le 25 novembre, date clé précédant le vote d’une objection en séance plénière.
Rabat assume l’accord, le Polisario multiplie les recours
Pour mémoire, Nasser Bourita a affirmé début octobre que l’accord confirme l’application des préférences tarifaires aux Provinces du Sud. Le Polisario, de son côté, a annoncé une nouvelle action devant la CJUE.
Ainsi, le débat sur l’étiquetage dépasse le cadre commercial : il illustre les tensions politiques qui resurgissent dès qu’il s’agit du Sahara marocain. Alors que Rabat consolide un partenariat stratégique avec l’UE, Bruxelles continue de naviguer entre considérations juridiques et équilibres internes.

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