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Les conquêtes musulmanes de l’Europe, une épopée algérienne! selon A.Tebboune

Taieb Dekkar


Le président algérien Abdelmajid Tebboune, qui est originaire d’une région frontalière du Maroc, a affirmé dans une de ses interviews à la télévision algérienne que « C’est bien nous (ndlr algériens), habitants du Maghreb central, qui avions conduit les conquêtes et propagé l’Islam en Europe ».

Dans le même ordre d’idée, c’est également l’Algérie qui aurait été « un des premiers pays, sinon le premier », à reconnaitre les Etats unis d’Amérique (USA), selon les médias publics algériens qui invoquaient, au début de ce millénaire, pour preuve, un traité d’amitié signé entre la Régence d’Alger, qui dépendait de l’empire Ottoman, et le gouvernement américain (5 septembre 1795), pour stopper les actes de piraterie contre les navires américains en méditerranée. La régence d’Alger reconnut les Etats unis en 1783 (le Maroc le 20 Décembre 1777). C’est le journal El Watan qui réfuta ces allégations farfelues, en soulignant que l’Algérie n’existait pas alors en tant qu’Etat et que cet accord avait été signé par des représentants de l’empire ottoman à Alger. Ce débat avait été soulevé lorsque l’ancienne secrétaire d’Etat américaine, Condoleezza Rice, offrit une copie de ce traité à l’ancien ministre algérien des affaires étrangères, Mohamed Bedjaoui, au début de ce millénaire.

Il faut bien avouer que les Algériens aiment être les précurseurs et les premiers en tout.

Ils revendiquent la paternité sociale du sociologue maghrébin Ibn Khaldoun qui, ayant longtemps vécu à Tanger puis à Fes, était resté des années durant auprès des Sultans marocains. Bouteflika avait, face aux revendications à la fois des tunisiens et des algériens, concernant la terre natale d’Ibn Khaldoun, convenu d’en attribuer la jouissance aux tunisiens, qui avaient d’ailleurs édifié un monument commémoratif en hommage à ce penseur.

Les algériens écrivent et disent par ailleurs que « Bab Al Maghariba » ou « Harat al Maghariba » à Al Qods est algérien et que si ce quartier d’Al Qods avait été baptisé ainsi, c’est parce que ce sont des algériens qui l’avaient construit, contrairement à l’avis de divers historiens palestiniens et étrangers, qui affirment que ce quartier emprunte son nom aux marocains (en arabe Maghariba), qui s’étaient installés dans ce quartier, depuis le 13eme siècle. La notion de Maghreb ou de maghrébins n’était pas usitée à l’époque, pour désigner les habitants d’Afrique du nord. Le complexe algérien s’étend aux plats spécifiquement et authentiquement marocains, aux arts, à la musique et autres, dont Alger revendique la paternité au nom du patrimoine historique de ce pays.

La Mosquée de Paris a été incontestablement construite par des marocains et dans un style architectural marocain, vu da décoration, son minaret et les matériaux utilisés (Zelllij, boiserie) , alors que nos voisins de l’Est prétendent que l’édifice est algérien et qu’il a été construit par un algérien. Cet algérien n’est autre que Kaddour Benghabrit, qui faisait fonction de conseiller et d’interprète auprès de la Cour royale à Rabat (jusqu’en 1932) et qui avait été dépêché par le Sultan marocain, à ce titre, à Paris pour veiller à la construction de cette mosquée de droit français et surtout superviser l’exécution des travaux des artisans marocains, déployés sur place. Cet édifice religieux que les autorités françaises avaient décidé d’ériger en hommage à l’engagement des arabes maghrébins aux côtés de la France lors de la première guerre mondiale , avait été inauguré en présence du Sultan Marocain le 15 juillet 1926. Il avait été utilisé dans un premier temps par la colonisation française en Algérie pour les besoins de la propagande pro-coloniale en faveur de la France, en nommant des recteurs fidèles à sa stratégie, dont Hamza Boubaker, resté aux commandes de 1957 à 1982. Ce n’est que plus tard que l’Algérie nomma officiellement un recteur de la mosquée de Paris, en l’occurrence Anouar Haddam, sur la base d’un arrangement avec les socialistes français. Hamza Boubaker faisait campagne à partir de la mosquée pour l’Algérie française et avait été en conséquence interdit d’entrer en Algérie. C’est le président Chadli Bendjdid qui lui accorda le feu vert d’entrer en Algérie, suite à cet arrangement qui permit à Alger de prendre le contrôle de cette mosquée.

Il en est de même de la Mosquée Jemaa Lakbir de la place des martyrs d’Alger, construite par les Almoravides au début du 11eme siècle. Ces références étaient inscrites dans un mémento du ministère algérien des affaires étrangères, dressant la liste des services de presse ainsi que des correspondants étrangers, au début de la décennie 80. Référence qui a disparu de ce mémento, ultérieurement, parce que indiquant la présence historique des dynasties marocaines en Algérie, y compris au cœur de la capitale. Les almoravides construisirent également dans le même style, les grandes mosquées de Tlemcen et de Nedroma (région de Tlemcen). Les Almohades, pour leur part, bâtirent la tour Al Mansourah à Tlemcen, une réplique exacte de la Tour Hassan de Rabat et de la Koutoubia de Marrakech. Sur Al Mansourah, le conservateur de la Tour nous a expliqués lors d’une visite au monument que les Almohades étaient partis d’Algérie pour fonder leur dynastie au Maroc, entendez, les Almohades , eux aussi, étaient des algériens !!!!!!!.

Poussé encore plus loin, ce sont également des algériens qui avaient construit et aménagé une partie de la mosquée Al Azhar, voire un pavillon de la Maison blanche etc…….

Pourquoi pas Tariq ibn Ziad ne serait-il pas algérien ! Tout cela c’est pour affirmer que l’Algérie a une histoire, une longue histoire, qui ne commence bizarrement qu’avec l’indépendance de l’Algérie en 1962, après plusieurs siècles d’occupation étrangère (434 ans de présence turque et française).


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