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Leila Benali plaide pour un développement durable

Une stratégie ancrée dans les réalités territoriales

Par Yassine Andaloussi


Dans un monde où la transition écologique devient un impératif de survie et non plus un simple choix politique, le Maroc s’illustre par une volonté affirmée d’ancrer ses politiques environnementales dans la réalité de ses territoires. Sous l’impulsion de Leïla Benali, ministre de la Transition énergétique et du Développement durable, le Royaume opère une révision ambitieuse de sa Stratégie nationale de développement durable (SNDD), alignée à la fois sur les Objectifs de développement durable de l’ONU, le Nouveau Modèle de Développement et la vision royale en matière d’équité territoriale.

L’élégance de cette refonte réside dans sa méthode. le Maroc ne dicte pas une trajectoire uniforme depuis le centre, mais construit un projet en dialogue avec ses régions. À travers douze Assises régionales, une plateforme citoyenne participative et un engagement fort des collectivités locales, le pays opte pour un développement durable « à visage humain », où l’intelligence du terrain prime sur la verticalité technocratique.

La ministre Benali ne se contente pas d’énoncer des ambitions. Elle pose les fondations d’un changement structurel, basé sur six axes de transformation , à savoir la valorisation des ressources naturelles, accès équitable aux services publics, transition vers une économie verte, sécurité énergétique et hydrique, justice territoriale, et préservation du patrimoine. Ces piliers traduisent une volonté de concilier croissance, inclusion et résilience, tout en respectant les équilibres des écosystèmes.

Mais derrière ces concepts, se dessine une philosophie politique profonde, celle d’un État qui reconnaît la diversité de ses territoires non pas comme une contrainte, mais comme une richesse. Dans ce cadre, la transition écologique cesse d’être un projet élitiste ou urbain, pour devenir un levier de dignité dans les communes rurales, les provinces isolées, les régions frontalières. C’est ici que la SNDD se distingue. Elle parle autant aux jeunes ingénieurs qu’aux pêcheurs artisanaux, aux élus locaux qu’aux start-up vertes.

Les engagements du Royaume vont au-delà du symbolique. En instituant huit aires marines protégées, en régulant le traitement des déchets selon une logique d’économie circulaire, et en fixant des objectifs clairs de réduction carbone à l’horizon 2050, le Maroc montre qu’il est possible d’allier fermeté réglementaire, innovation technologique et participation citoyenne. Ce sont là les marqueurs d’une stratégie qui refuse le cosmétique pour embrasser l’efficacité.

Plus encore, cette stratégie renforce la cohésion nationale. En traitant chaque région comme un acteur de la solution, et non comme une périphérie silencieuse, l’État réaffirme le pacte républicain dans sa dimension écologique. Dans un contexte international instable, où les défis climatiques exacerbent les inégalités, le Maroc donne ici une leçon de gouvernance sobre, humaine et éclairée.

La SNDD version 2035 n’est pas simplement un document programmatique. Elle est un miroir de notre époque, et peut-être l’un des rares cadres politiques capables d’allier modernité et enracinement. Car la durabilité véritable ne naît ni des injonctions d’en haut, ni des modèles importés, mais de cette articulation fine entre la nature, l’humain et le territoire.


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