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Législatives 2026 : les chiffres d’une journée électorale qui engage l’avenir du pays

15.801.162 électeurs sont appelés à renouveler les 395 sièges de la Chambre des représentants parmi 7.288 candidatures réparties sur 1.850 listes. Derrière ces chiffres, le corps électoral présente un contraste générationnel marqué : les 60 ans et plus représentent plus de 29 % des inscrits, contre seulement 4 % pour les 18-24 ans, tandis que 2.658 femmes figurent parmi les candidats

La Vérité


Le Maroc vote ce mercredi 23 septembre. 15.801.162 électrices et électeurs sont inscrits sur les listes électorales générales pour renouveler la Chambre des représentants. Face à eux, 7.288 candidatures, réunies au sein de 1.850 listes, se disputent les 395 sièges de la première Chambre du Parlement. Il s’agit du douzième scrutin législatif organisé depuis l’indépendance.

Ces volumes donnent la mesure du rendez-vous électoral. Mais ils ne disent pas tout. Derrière le nombre d’inscrits apparaît notamment une caractéristique démographique majeure : le poids des classes d’âge les plus élevées dans le corps électoral.

Près de trois électeurs inscrits sur dix ont 60 ans ou plus

Les listes électorales ont été définitivement arrêtées le 10 juillet 2026, après l’opération de révision exceptionnelle. Elles comptent précisément 15.801.162 inscrits. Les hommes représentent 54 % du corps électoral et les femmes 46 %. La répartition territoriale reste également relativement équilibrée : 55 % des électeurs sont inscrits en milieu urbain et 45 % en milieu rural. La répartition par âge révèle un contraste plus marqué. Les personnes de 60 ans ou plus représentent environ 29 % des inscrits. Les 35-44 ans et les 45-54 ans représentent chacun 21 %, les 25-34 ans 15 % et les 55-59 ans 10 %. À l’autre extrémité, les 18-24 ans ne constituent que 4 % du corps électoral inscrit.

Autrement dit, la part des 60 ans et plus est plus de sept fois supérieure à celle des 18-24 ans dans les listes électorales. Ce rapport ne mesure ni l’intention de vote ni la participation effective de chaque génération. Il décrit uniquement la composition des électeurs inscrits à la veille du scrutin. Cette distinction est essentielle : les chiffres des listes électorales ne permettent pas, à eux seuls, de tirer une conclusion sur la mobilisation réelle des jeunes ou des seniors dans les urnes.

7.288 candidatures, soit plus de 18 par siège

L’offre électorale est, elle, particulièrement dense. Les 1.850 listes déposées à l’échelle nationale regroupent 7.288 candidatures, soit une moyenne supérieure à 18 candidatures pour chaque siège à pourvoir.

Dans les circonscriptions locales, le ministère de l’Intérieur recense 1.615 listes et 5.505 candidats et candidates. C’est davantage qu’en 2021, lorsque 1.472 listes locales regroupaient 5.046 candidatures. La progression porte donc sur 143 listes locales supplémentaires et 459 candidatures de plus par rapport au précédent scrutin. Ces deux comparaisons proviennent directement du communiqué du ministère de l’Intérieur sur les candidatures déposées.

Le scrutin reste organisé à la représentation proportionnelle suivant la règle du plus fort reste, sans panachage ni vote préférentiel. Sur les 395 députés, 305 sont élus dans les circonscriptions locales et 90 dans les circonscriptions régionales.

Les 90 sièges régionaux réservés aux candidatures féminines

La loi organique n° 53.25 a introduit une modification importante pour les circonscriptions régionales : les listes présentées à ce niveau doivent désormais être exclusivement composées de femmes. Cette disposition ne les empêche pas de se présenter également dans les circonscriptions locales. Au total, 235 listes régionales, réunissant 1.783 candidates, ont été déposées dans les douze régions du Royaume. À celles-ci s’ajoutent 875 candidatures féminines dans les circonscriptions locales.

Le nombre total de femmes candidates atteint ainsi 2.658, soit 36,47 % de l’ensemble des candidatures. Par ailleurs, 121 listes locales sont conduites par des femmes. Ce taux de 36,47 % doit donc être lu en tenant compte de l’architecture électorale : une part importante des candidatures féminines provient des circonscriptions régionales, dont les listes sont exclusivement féminines.

27 partis, une coalition et deux listes indépendantes

Une différence de présentation entre deux documents officiels mérite également d’être précisée.

Le portail électoral officiel recense 27 partis politiques participants. Le communiqué détaillé du ministère de l’Intérieur évoque pour sa part 28 formations politiques, en comptabilisant une coalition de partis constituée pour ces élections. Deux listes sans appartenance politique ont également été présentées dans des circonscriptions locales. La formulation la plus précise consiste donc à distinguer les 27 partis politiques, la coalition électorale et les deux listes de candidats sans appartenance politique, plutôt que de présenter indistinctement l’ensemble comme 28 partis.

Parmi les candidats figurent également 227 parlementaires en exercice : 204 députés, 20 députées et trois conseillers. Leur présence apporte au scrutin une importante composante de renouvellement ou de reconduction des titulaires sortants, dont l’ampleur ne pourra être établie qu’une fois les résultats connus.

3.006 observateurs accrédités

Le scrutin fait également l’objet d’un dispositif d’observation national et international. La Commission spéciale d’accréditation a annoncé la mobilisation de 3.006 observateurs et observatrices. Parmi eux, 783 représentent le Conseil national des droits de l’Homme et 2.023 des associations marocaines. Une trentaine d’organismes et d’organisations internationales, régionales ou diplomatiques participent également à l’observation, avec environ 200 représentants.

Les représentants des listes peuvent par ailleurs suivre les opérations de vote, de dépouillement et de recensement et obtenir une copie des procès-verbaux établis par les bureaux de vote, les bureaux centralisateurs ainsi que les différentes commissions de recensement. Le ministère de l’Intérieur l’a rappelé dans une circulaire publiée à la veille du scrutin.

Après les chiffres du scrutin, la participation

Ces macro-données constituent la photographie du scrutin avant que le vote ne fournisse son premier indicateur politique mesurable : la participation.

À ce stade, la composition du corps électoral, le nombre de candidatures ou encore la représentation des femmes décrivent les conditions de départ. Ils ne permettent pas d’anticiper le choix des électeurs ni la future répartition des sièges.

Le portail électoral officiel situe à partir du 24 septembre la phase d’annonce des résultats provisoires. La journée de ce mercredi permettra auparavant de mesurer la mobilisation réelle des 15,8 millions d’électeurs inscrits.


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