Législatives 2026 : les réseaux sociaux deviennent un nouveau champ de bataille électoral
Du terrain aux algorithmes, les partis marocains investissent Facebook, Instagram et TikTok pour conquérir l’électorat. Le RNI a dépensé plus de 133.000 dollars en publicités Meta avant même le début officiel de la campagne

La Vérité
La campagne électorale des législatives de 2026 ne se joue plus seulement dans les meetings, les marchés et les quartiers. Elle se déroule également sur les écrans, où les partis cherchent à capter l’attention d’un électorat de plus en plus connecté. Facebook, Instagram, TikTok et X sont devenus des instruments à part entière de la compétition politique.
Cette transformation est particulièrement visible dans les investissements publicitaires. Selon les données recensées dans la Meta Ad Library entre le 9 août et le 7 septembre, le Rassemblement national des indépendants (RNI) a consacré 133.103 dollars à des annonces sponsorisées sur Facebook et Instagram. Le parti devance largement le PAM, avec 22.184 dollars, l’Istiqlal avec 14.489 dollars et l’USFP avec 6.095 dollars.
Le volume des annonces montre également des stratégies différentes. Sur la période étudiée, le RNI a diffusé 514 annonces sponsorisées, contre 889 pour le PAM, 138 pour l’Istiqlal et 191 pour l’USFP. Le nombre de publications et le montant dépensé ne suivent donc pas la même logique : le PAM, par exemple, a diffusé davantage d’annonces que le RNI tout en consacrant un budget nettement inférieur.
Il faut toutefois éviter d’interpréter ces montants comme un indicateur direct de l’efficacité électorale. Les données de la Meta Ad Library ne couvrent que les dépenses publicitaires recensées sur les plateformes Meta pendant la période considérée. Elles ne donnent pas une vision complète des budgets de communication des partis, qui comprennent également la production de contenus, les meetings, l’affichage, la communication locale ou encore les autres plateformes numériques. Ces montants ne suffisent pas, à eux seuls, à mesurer l’efficacité d’une campagne.
Le phénomène reste néanmoins révélateur d’une évolution profonde de la campagne marocaine. Le meeting traditionnel permet de rassembler physiquement des électeurs dans un territoire donné. Les réseaux sociaux permettent, eux, de cibler des publics précis, de multiplier les messages et de mesurer instantanément leur diffusion.
La campagne de 2026 se joue donc sur deux terrains à la fois. Dans les villes et les communes, les candidats cherchent le contact direct avec les électeurs. Sur les écrans, les partis se livrent une autre bataille pour la visibilité, l’image et l’attention.
La campagne de 2026 confirme ainsi que la compétition électorale marocaine a changé d’échelle. Le terrain reste essentiel, mais il ne suffit plus. Entre meetings, porte-à-porte et communication numérique, les partis doivent désormais conquérir à la fois l’espace public et l’écran des électeurs.

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