[ after header ] [ Mobile ]

[ after header ] [ Mobile ]

Législatives 2026 : la dernière ligne droite se joue aussi sur les promesses économiques

Des promesses économiques ambitieuses, mais le financement reste la grande inconnue

La Vérité


Pour le scrutin du 23 septembre, l’économie s’est imposée au cœur de la campagne électorale marocaine. Emploi, pouvoir d’achat, investissement, industrialisation et soutien aux entreprises figurent dans la plupart des programmes. Mais derrière la convergence des objectifs, une question demeure : comment transformer ces engagements en résultats et surtout comment les financer ?

La campagne officielle se poursuit jusqu’au 22 septembre, avant le vote destiné à renouveler les 395 sièges de la Chambre des représentants. Vingt-sept partis participent au scrutin, tandis que 1.850 listes et 7.288 candidatures ont été déposées à l’échelle nationale. Le corps électoral compte 15,8 millions d’inscrits.

Sur le terrain, les formations politiques multiplient les meetings et les rencontres de proximité. Mais au-delà des slogans de campagne, leurs programmes présentent plusieurs convergences. La création d’emplois constitue l’une des principales promesses, avec notamment l’objectif d’un million d’emplois avancé par plusieurs formations, selon des mécanismes différents.

Le RNI mise sur l’investissement, l’inclusion économique et l’industrie. Le PAM inscrit également la création d’au moins un million d’emplois dans son programme, avec une répartition entre industrie, numérique, services, tourisme et grands chantiers. Le PPS place davantage l’industrie au centre de sa stratégie, tandis que l’USFP fixe notamment un objectif de baisse du chômage. Le PJD privilégie une approche moins fondée sur un chiffre global et davantage axée sur les conditions permettant aux entreprises, notamment aux PME, de créer des emplois.

Cette convergence se retrouve également sur le pouvoir d’achat. Le relèvement du salaire minimum jusqu’à 5.000 dirhams apparaît dans plusieurs propositions, tandis que les questions fiscales, sociales et de soutien aux familles occupent une place importante dans les programmes.

L’investissement constitue l’autre grand terrain de compétition. Les partis divergent toutefois sur le rôle que doit jouer l’État. Certains privilégient le secteur privé comme moteur de la croissance et proposent de faciliter l’activité des TPE et PME. D’autres défendent une intervention publique plus importante, notamment à travers de nouveaux mécanismes de financement et une réorientation de l’investissement vers les régions moins développées.

L’industrie revient également au premier plan. Après les performances enregistrées dans l’automobile, l’aéronautique et d’autres filières, plusieurs programmes mettent désormais l’accent sur l’intégration locale, la substitution à certaines importations et la création de nouvelles chaînes de valeur. L’objectif affiché est de transformer davantage l’investissement en production, puis la production en emplois et en exportations.

Mais c’est précisément sur la faisabilité que le débat économique devient plus complexe. Une hausse durable de l’emploi nécessite une croissance suffisamment forte, des investissements productifs, des compétences adaptées et un environnement permettant aux entreprises de se développer. Les engagements budgétaires doivent, de leur côté, être confrontés aux recettes publiques, aux dépenses de l’État et à l’évolution de la dette.

Le scrutin du 23 septembre permettra donc de confronter ces différentes visions à la réalité des urnes. D’ici là, les partis disposent encore de quelques jours pour défendre leurs propositions, préciser leurs priorités et convaincre un électorat particulièrement attentif aux questions d’emploi, de revenus et de coût de la vie.

Dans cette dernière ligne droite, les annonces économiques continueront sans doute de se multiplier. Mais au-delà des chiffres avancés dans les meetings, c’est la capacité des prochaines équipes dirigeantes à transformer ces engagements en mesures concrètes qui donnera leur véritable portée aux programmes présentés pendant la campagne.


À lire aussi
[ Footer Ads ] [ Desktop ]

[ Footer Ads ] [ Desktop ]