Législatives 2026 : le PAM met un prix sur ses promesses électorales
Le Parti Authenticité et Modernité (PAM) place le pouvoir d’achat, l’emploi et les services publics au cœur de son programme. La formation chiffre à 350 milliards de dirhams le coût additionnel de ses engagements pour la période 2027-2031

À quelques semaines des élections législatives, le PAM choisit de mettre les chiffres au centre du débat. Le Parti Authenticité et Modernité présente un programme fondé sur cinq pactes et 20 engagements, avec un coût additionnel cumulé estimé à 350 milliards de dirhams sur cinq ans, soit environ 70 milliards de dirhams par an. La formation fixe également un objectif d’au moins un million d’emplois nets durant la prochaine législature.
Le pouvoir d’achat constitue la première priorité du programme. Le PAM lui consacre 150 milliards de dirhams et veut agir simultanément sur les prix, les salaires, les retraites et les mécanismes de soutien social. Le parti propose notamment une réorganisation des circuits de distribution agricoles afin de réduire le poids des intermédiaires et de rapprocher les prix payés par les consommateurs des coûts réels.
Dans cette logique, le programme prévoit également plusieurs mesures destinées à alléger les dépenses des ménages. Le PAM avance notamment une exonération de l’impôt sur le revenu pour les salaires bruts inférieurs à 15.000 dirhams ainsi qu’une pension minimale de 3.000 dirhams. Il propose aussi la gratuité de la facture mensuelle d’électricité lorsqu’elle reste inférieure à 100 dirhams.
Un million d’emplois en cinq ans
L’emploi occupe une place centrale dans les engagements du PAM. Le parti promet la création d’au moins un million d’emplois nets entre 2027 et 2031, avec l’ambition de ramener le taux de chômage à 7 % à la fin de la prochaine législature.
Selon la répartition présentée par la formation, les services à forte valeur ajoutée représenteraient 360.000 emplois, l’industrie et la substitution aux importations 270.000, tandis que l’agriculture dans le monde rural contribuerait à hauteur de 250.000 postes. Le programme ajoute 80.000 emplois dans l’économie du sport et 40.000 emplois liés aux activités associées à la Coupe du monde 2030, ce qui porte le total à un million.
Par ailleurs, le PAM réserve 50 milliards de dirhams à l’intégration des jeunes. Le parti veut agir sur l’éducation, la formation, l’emploi, le logement et la mobilité professionnelle afin de faciliter l’accès des jeunes au marché du travail.
Cinq pactes pour changer de cap
Au total, le programme repose sur cinq grands pactes. Le Pacte du pouvoir d’achat mobilise 150 milliards de dirhams, tandis que le Pacte de la citoyenneté bénéficie de 100 milliards. Le Pacte d’intégration des jeunes et le Pacte de sécurité stratégique disposent chacun de 50 milliards de dirhams.
Le cinquième pacte, consacré à la croissance et à la durabilité, ne reçoit pas de dotation propre dans cette enveloppe de 350 milliards. Le PAM le présente plutôt comme le cadre macroéconomique nécessaire à la réalisation et à la soutenabilité de l’ensemble de ses engagements.
Dans le domaine social, le parti prévoit des mesures touchant notamment l’école, l’hôpital, le logement, la transformation numérique et la mobilité. Le programme accorde également une place à la langue et à la culture amazighes ainsi qu’à l’amélioration de la qualité des services publics.
Comment financer 350 milliards de dirhams ?
L’ampleur financière du programme pose immédiatement la question de son financement. Sur ce point, le PAM avance trois sources principales pour couvrir les 350 milliards de dirhams de dépenses supplémentaires.
Premièrement, le parti table sur 300 milliards de dirhams provenant de l’effet additionnel de la croissance. Il prévoit ensuite une contribution de 40 milliards de dirhams des collectivités territoriales, à travers notamment le Fonds de la taxe sur la valeur ajoutée. Enfin, 10 milliards de dirhams devraient provenir de la réallocation des dépenses et de gains d’efficacité budgétaire.
En parallèle, le PAM annonce une révision globale des dépenses publiques au cours des six premiers mois de la prochaine législature. Cette opération devrait notamment porter sur les programmes et établissements publics dont les missions se chevauchent, les dépenses de fonctionnement jugées non prioritaires ainsi que certains contrats et conventions conclus avec des opérateurs privés.
Le pouvoir d’achat au cœur de la bataille électorale
Au-delà des montants annoncés, le programme du PAM reflète les principales préoccupations qui devraient structurer la campagne électorale : pouvoir d’achat, emploi, logement, services publics et sécurité économique.
Pour les électeurs, le véritable enjeu ne réside toutefois pas uniquement dans le montant des promesses. Il concerne aussi les hypothèses économiques qui doivent permettre de les financer et leur capacité à produire des résultats concrets.
À trois semaines du scrutin, la campagne entre ainsi dans une phase où les programmes devront se confronter aux attentes quotidiennes des Marocains. Le PAM a choisi de répondre par un programme chiffré. Reste désormais à convaincre que les 350 milliards de dirhams annoncés peuvent réellement se traduire par davantage d’emplois, une amélioration du pouvoir d’achat et des services publics plus efficaces.

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