Législatives 2026 : la jeunesse marocaine attend des emplois, pas seulement des promesses
À trois jours des élections législatives du 23 septembre, les partis multiplient leurs engagements en faveur de l'emploi et du pouvoir d'achat. Pourtant, une partie de la jeunesse marocaine exprime sa défiance envers la politique. Entre chômage, difficultés d'insertion et aspirations sociales, le prochain gouvernement devra répondre à des attentes concrètes.

La Vérité
À l’approche des législatives 2026, la jeunesse marocaine place les responsables politiques face à une question : comment transformer les promesses électorales en perspectives professionnelles et sociales tangibles ? À Salé, Tanger ou Casablanca, les difficultés d’accès à l’emploi alimentent les interrogations d’une partie des jeunes sur la capacité des partis à améliorer leur quotidien. L’AFP a recueilli plusieurs témoignages illustrant cette défiance, mais aussi la volonté d’autres jeunes de participer au scrutin.
Ainsi, Haitham Atifi, technicien en génie électrique de 20 ans installé à Salé, explique à l’AFP qu’il peine à trouver un stage susceptible de faciliter son insertion professionnelle. Il annonce qu’il ne participera pas au vote du 23 septembre, faute de confiance dans les engagements électoraux. Son témoignage illustre une difficulté particulière : le passage du diplôme au premier emploi.
Une jeunesse peu représentée sur les listes électorales
Les chiffres officiels révèlent un décalage entre le poids démographique des jeunes et leur présence parmi les électeurs inscrits.
Selon les données publiées par le ministère de l’Intérieur, le Maroc compte 15,8 millions d’inscrits aux élections législatives. Les 18-24 ans représentent seulement 4 % du corps électoral, contre 15 % pour les 25-34 ans.
À l’inverse, les personnes âgées de 60 ans et plus constituent 29 % des inscrits. Ces proportions reflètent en partie la structure démographique du pays, mais elles invitent également à examiner les conditions d’inscription et le rapport des jeunes aux institutions.
Maroc
Cependant, cette faible représentation ne signifie pas que tous les jeunes rejettent la politique. Certains souhaitent participer au scrutin et attendent du prochain gouvernement des mesures sur l’emploi, les salaires et les services publics.
L’emploi, premier test des engagements électoraux
Les difficultés d’insertion professionnelle occupent une place importante dans les débats de campagne.
Selon le Haut-Commissariat au Plan, le taux de chômage des 15-24 ans atteint 27,2 % au deuxième trimestre 2026. Le taux national de chômage strict s’établit à 9,5 %, selon la nouvelle enquête sur la main-d’œuvre.
Ces chiffres soulignent les difficultés particulières que rencontrent les jeunes sur le marché du travail.
D’ailleurs, plusieurs formations politiques consacrent une partie de leurs programmes à la création d’emplois, à la première expérience professionnelle, à l’entrepreneuriat et à l’accompagnement des jeunes sans emploi ni formation.
Leurs propositions portent notamment sur l’adaptation des formations aux besoins des entreprises et sur les dispositifs d’insertion.
Toutefois, une promesse de création d’emplois ne suffit pas à décrire une politique publique. Elle appelle plusieurs précisions : les secteurs concernés, les ressources financières mobilisées, le calendrier et les modalités de suivi.
Le débat porte également sur la qualité des emplois. Un premier contrat temporaire, un stage non rémunéré et un emploi stable ne répondent pas aux mêmes besoins.
Au-delà du chômage, une demande de perspectives
Les préoccupations de la jeunesse dépassent le seul marché du travail.
Les mobilisations sociales de 2025 autour de la santé et de l’éducation ont montré que certains jeunes souhaitent également améliorer l’accès aux services publics. Les tentatives massives de passage vers Ceuta, observées durant l’été 2026, ont remis la question des perspectives économiques et sociales au centre de l’actualité.
Ces événements présentent des réalités différentes. Ils ne permettent pas de réduire les aspirations de toute une génération à une position politique unique.
Ils rappellent néanmoins l’importance des questions d’emploi, de formation, de logement et d’accès aux services essentiels dans le débat national.
Pour les futurs députés, ces attentes posent également la question du contrôle de l’action gouvernementale et de l’évaluation des engagements annoncés pendant la campagne.
Le prochain gouvernement face à la question de la confiance
Les législatives du 23 septembre ouvriront un nouveau cycle politique avec l’élection des 395 membres de la Chambre des représentants.
Maroc
La participation électorale constituera un indicateur du comportement des électeurs inscrits, sans suffire à mesurer à elle seule les attentes de toute la jeunesse.
Au-delà des résultats du scrutin, les politiques publiques pourront être examinées à travers des indicateurs concrets : évolution de l’emploi des jeunes, accès au premier travail, qualité des formations et amélioration des services publics.
Car la question que soulève cette campagne ne concerne pas uniquement les promesses faites aux jeunes. Elle concerne aussi les moyens de mesurer leur réalisation au cours des cinq prochaines années.

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