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Législatives : derrière la bataille politique, le prochain cycle économique du Maroc

Les législatives du 23 septembre placent les partis et le patronat face à une même question : quelle économie pour la prochaine étape du développement du Royaume ?

La Vérité


À mesure que les élections législatives du 23 septembre approchent, les partis ne sont pas les seuls à préparer l’après-scrutin. Le patronat marocain regarde lui aussi vers le prochain mandat et tente de faire entendre ses priorités auprès des formations politiques. La CGEM a engagé depuis plusieurs semaines une série de rencontres avec les partis. Le principe est simple : écouter leurs projets économiques, mais aussi leur présenter les préoccupations du secteur privé.

Pour le Royaume, cette séquence intervient à un moment particulier. L’économie marocaine a changé de dimension au cours des dernières années. L’industrie s’est renforcée, les investissements se sont diversifiés et les entreprises marocaines cherchent de nouveaux marchés, notamment en Afrique et en Europe. Le défi consiste désormais à faire franchir une nouvelle étape à cette transformation.

C’est pourquoi la question des TPME revient au premier plan. Le patronat veut permettre aux petites et moyennes entreprises de gagner en compétitivité, d’accéder plus facilement au financement et surtout de changer d’échelle. La CGEM en a fait l’un des axes de sa nouvelle mandature. L’enjeu dépasse largement les entreprises elles-mêmes. Un tissu de TPME capable de grandir signifie davantage de fournisseurs marocains, davantage d’emplois et une plus grande capacité à retenir localement une partie de la valeur créée par les grands projets industriels.

La même logique apparaît dans la question de l’investissement productif. Le Royaume a réussi à attirer de grands groupes internationaux dans plusieurs secteurs. La prochaine étape consiste à construire davantage autour de ces investissements et à renforcer les liens entre les grands donneurs d’ordre et les entreprises marocaines. Le patronat pousse également pour que les territoires profitent davantage de cette dynamique. L’inclusion territoriale figure parmi les priorités affichées par la nouvelle direction de la CGEM. L’objectif consiste à réduire les écarts entre les grands pôles économiques et les régions qui disposent encore d’un potentiel industriel et entrepreneurial insuffisamment exploité.

Les discussions avec les partis ont aussi fait émerger une autre question : celle du secteur informel. Lors de sa rencontre avec l’Istiqlal, la CGEM a notamment défendu son intégration progressive dans l’économie formelle. Cette question touche directement à la concurrence entre entreprises, à la protection sociale et aux recettes publiques. Mais elle pose également un problème de méthode : formaliser une activité ne suffit pas si l’entreprise concernée ne trouve pas, en contrepartie, un environnement lui permettant de se développer.

La compétitivité devient ainsi le fil conducteur de plusieurs demandes du patronat. Elle passe par le financement, mais aussi par l’innovation, les compétences, la simplification des procédures et l’accès aux marchés. La nouvelle organisation de la CGEM traduit d’ailleurs cette évolution. Elle a créé des commissions consacrées notamment à l’intelligence artificielle, aux start-up, à l’innovation, au commerce extérieur et aux différents grands marchés internationaux. Le patronat ne regarde donc plus uniquement vers l’intérieur. Il cherche à accompagner des entreprises marocaines capables de produire davantage, d’innover et de conquérir de nouveaux marchés.

Les rencontres avec les partis prennent dès lors une dimension particulière. La CGEM ne défend pas le programme d’une formation politique plutôt qu’une autre. Elle cherche à savoir dans quelle mesure les futurs programmes pourront répondre aux transformations auxquelles les entreprises marocaines sont déjà confrontées. Après le 23 septembre, la question changera de nature. Les propositions discutées aujourd’hui devront, pour le prochain gouvernement, devenir des politiques publiques, des réformes et des décisions budgétaires.

C’est à ce moment que les attentes du patronat rencontreront celles des salariés, des ménages et des territoires. Le véritable enjeu ne sera donc pas seulement de continuer à attirer l’investissement, mais de transformer davantage cet investissement en entreprises marocaines plus fortes, en emplois et en valeur ajoutée.


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