L’économie qui vient
Par Sanae El Amrani
Le Maroc vit aujourd’hui une transformation plus profonde qu’une simple phase de modernisation économique. Le Royaume change progressivement de dimension. Pendant longtemps, l’enjeu principal consistait à construire les bases de la compétitivité nationale : infrastructures, industrie, banques, ports, énergie et réseaux logistiques. Cette étape a remodelé le pays et permis au Royaume d’installer progressivement une position économique régionale et continentale plus affirmée.
Cette évolution apparaît dans plusieurs secteurs à la fois. Tanger Med s’est imposé parmi les principaux hubs portuaires de la Méditerranée, les banques marocaines sont désormais implantées dans plusieurs pays africains, les groupes nationaux accélèrent leur développement continental et les investissements industriels se multiplient dans l’automobile, l’aéronautique, les phosphates, les énergies renouvelables ou les technologies. Le projet de gazoduc Nigeria-Maroc, désormais engagé dans une phase plus avancée de structuration, illustre lui aussi cette volonté du Royaume de s’inscrire dans les grands équilibres énergétiques régionaux. Les études techniques et de faisabilité ont été finalisées, tandis qu’un accord intergouvernemental impliquant plusieurs pays ouest-africains doit ouvrir une nouvelle étape dans la structuration du projet.
L’Afrique occupe une place centrale dans cette dynamique. Le continent représente aujourd’hui un espace stratégique pour les entreprises marocaines présentes dans la banque, les télécommunications, l’industrie, les assurances ou l’immobilier. Le Maroc s’est progressivement imposé parmi les investisseurs africains les plus actifs en Afrique de l’Ouest, signe d’un repositionnement économique beaucoup plus profond qu’il n’y paraît.
L’économie mondiale entre progressivement dans une nouvelle phase où la puissance ne dépend plus seulement des infrastructures, mais aussi de la capacité à maîtriser les données, les compétences, l’innovation et les technologies qui transforment déjà l’industrie, la finance, l’énergie et les services. Pour le Maroc, l’enjeu consiste désormais à faire évoluer les acquis construits ces dernières années vers un modèle capable de produire davantage de valeur, d’intégrer l’intelligence artificielle dans ses métiers stratégiques et de former les compétences nécessaires pour rester compétitif dans une économie mondiale de plus en plus technologique.
Suivez les dernières actualités de Laverite sur Google news