Take a fresh look at your lifestyle.

Le sport marocain en crise

Malgré la qualification à la coupe du Monde au Qatar, dans un groupe qui compte la Belgique, la Croatie et le Canada, il ne faut pas perdre de vue des points importants quand on se penche sur les réalités du football national. Il faut d’abord nous souvenir de cet échec en Coupe d’Afrique, qui est un tournoi grandeur nature de préparation pour le Mondial. Cette sortie prématurée de la CAN est un fait symptomatique de tout le sport national qui traverse, depuis plusieurs années, une terrible crise de formation et de performances. Et pas uniquement le football. Regardez les résultats des derniers Jeux Olympiques à Tokyo. Une véritable hécatombe, exceptée une médaille d’or de Soufiane El Bakkali. Le Maroc finit le tournoi olympique au 63ème rang du classement, avec une médaille orpheline. L’Égypte a fait mieux, avec 6 médailles. L’Éthiopie a fait mieux, avec 4 médailles. Le Qatar a fait mieux, avec 3 médailles. La Tunisie a fait mieux, avec 2 médailles. L’Iran a fait mieux, avec 7 médailles. Le Kenya a fait mieux avec 10 médailles. Cuba a fait mieux, avec 15 médailles.

Et les exemples sont nombreux qui montrent à quel point le sport marocain a plongé dans les abysses des classements mondiaux, parce qu’il n’a pas de champions. Parce qu’il n’a pas d’ambition. Parce que les années d’embellie de Saïd Aouita, Nezha Bidouane, Khalid Skah, Ibrahim Boutayeb, Hicham El Guerrouj, Zahra Ouazizi, Nawal El Moutawakkil, Ali Ezzine, Salah Hissou, Khalid Boulami, les frères Achik, Khalid Rahilou, Fredie Skouma, Mehdi Khalsi, Younes El Aynaoui, Karim Alami, Hicham Arazi, Jouad Gharib, Hasna Benhassi, Adil Kaouch… et tant d’autres figures qui ont porté haut les couleurs nationales, ces années de grands succès sont loin derrière nous.

Aujourd’hui, il faut le dire sans détours, ce qui frappe de plein fouet le football, avec ses hauts et ses bas, avec ses conflits et ses guéguerres touche également l’athlétisme, la boxe, le judo, le tennis, la natation, le basketball, le handball et d’autres disciplines où le Maroc fait constamment partie des absents. Pourtant, on détourne le regard et on fait comme si gagner un match était suffisant pour affirmer que le sport va bien. Loin de là. Tous les espoirs des Marocains, qui croient, qui espèrent, qui rêvent de succès sont balayés par la dure réalité de la crise qui lamine tous les niveaux du sport marocain. Crise de formation. Crise d’ambitions. Crise de vision. Crise de planification et de planification. Crise de formateurs. Crise de leadership. Crise d’approches rationnelles et de méthodes logiques, s’inscrivant dans la durée, avec une véritable politique sportive qui produit des champions, qui fabrique des vainqueurs, nourris à la culture de la gagne, coûte que coûte. C’est de cela que manque le sport marocain aujourd’hui, enlisé dans des visions archaïques, empêtré dans des pratiques passéistes qui portent aujourd’hui un coup fatal au sport et à la fierté des Marocains qui espèrent toujours un sacre, qui semble s’éloigner davantage, à chaque grand rendez-vous.


À lire aussi
commentaires
Loading...