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Le pouvoir au féminin ?

Par Sanae El Amrani


Près d’un quart des sièges parlementaires sont aujourd’hui occupés par des femmes, et leur présence s’affirme dans les autorités de régulation, les institutions financières et les ministères stratégiques. Ces évolutions traduisent un déplacement réel. Mais au-delà des chiffres, une question plus exigeante s’impose : cette présence se traduit-elle par un véritable partage du pouvoir ? Où se situent désormais les capacités d’arbitrage ? Qui oriente les choix structurants ? Qui participe aux décisions qui engagent le pays sur le long terme ?

En quelques années, le débat sur la place des femmes a évolué. Il ne porte plus seulement sur leur présence dans les institutions, mais sur leur capacité réelle à participer aux décisions. La question n’est plus uniquement celle de l’accès aux fonctions, mais celle de l’influence exercée au moment des arbitrages qui orientent les politiques publiques, les choix économiques et les grandes stratégies nationales.

Le Maroc connaît aujourd’hui une phase de transformation économique et institutionnelle importante. Réformes juridiques sensibles, consolidation des secteurs stratégiques, montée en puissance des filières industrielles liées à l’énergie, à la finance et au numérique : ces transformations redessinent les centres de pouvoir. Dans ces espaces, la présence féminine gagne en consistance. Elle apparaît dans la conduite de projets énergétiques d’envergure, dans la régulation des marchés financiers, dans la supervision bancaire, dans la direction d’entreprises industrielles et dans le pilotage de politiques publiques.

L’innovation technologique et la transition énergétique constituent à cet égard des révélateurs. Le développement de la filière hydrogène, la digitalisation accélérée des services publics, l’essor des écosystèmes fintech et des programmes liés à l’intelligence artificielle ne relèvent plus de marges expérimentales. Ils structurent désormais des choix budgétaires, industriels et diplomatiques majeurs. Dans ces secteurs stratégiques, la présence féminine progresse également.

La réforme du Code de la famille, les débats sur l’inclusion économique et la reconfiguration des priorités industrielles participent d’une même dynamique. La place des femmes ne se mesure plus seulement à leur visibilité dans l’espace public. Elle se mesure aussi à leur participation aux choix qui définissent les règles du jeu économique, social et institutionnel.

À l’approche des échéances nationales et des projections à l’horizon 2030, l’enjeu devient structurel. La consolidation d’un pouvoir partagé dépendra de l’inscription durable de cette présence dans les mécanismes d’arbitrage budgétaire, dans la gouvernance des grandes entreprises et dans les instances où se déterminent les politiques sectorielles majeures. C’est à ce niveau que se mesurera, dans les années à venir, la réalité du pouvoir partagé.


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