Le Polisario condamné sur la scène mondiale après l’attaque d’Es-Smara
L'attaque à la roquette du 5 mai provoque une vague de réprobations sans précédent, des capitales occidentales aux monarchies du Golfe. L'isolement du mouvement séparatiste s'accélère
Par Yassine Andaloussi
Une femme blessée à la jambe et aux épaules, deux déflagrations enregistrées aux abords de la prison d’Es-Smara : l’attaque à la roquette revendiquée par le Front Polisario le lundi 5 mai dernier a déclenché, en l’espace de quelques heures, une onde de choc diplomatique que ses auteurs n’avaient sans doute pas anticipée. En moins de quatre jours, une quinzaine de pays et d’organisations internationales ont publiquement dénoncé ces tirs, réaffirmant dans le même élan leur soutien à la souveraineté marocaine sur le Sahara.
Ce sont les États-Unis qui ont donné le ton, dès le 6 mai. Par la voix de leur mission auprès des Nations unies, Washington a qualifié cette violence de menace pour « la stabilité régionale et les progrès réalisés vers la paix », ajoutant que ces actes sont « incompatibles avec l’esprit des récentes discussions ». La France a suivi le lendemain, jugeant l’attaque de nature à « mettre en péril le processus de négociation » engagé depuis l’adoption de la résolution 2797 du Conseil de sécurité. L’Union européenne, par la voix de son ambassadeur à Rabat, et l’ONU, par celle de l’envoyé personnel Staffan De Mistura, ont tour à tour exprimé leur « profonde préoccupation ».
« Une telle violence menace la stabilité régionale et les progrès réalisés vers la paix. Ces actions sont incompatibles avec l’esprit des récentes discussions. » Mission des États-Unis auprès de l’ONU — 6 mai 2026
Du côté du monde arabe, la mobilisation a été tout aussi marquée. Premier à réagir, les Émirats arabes unis ont condamné « avec la plus grande fermeté » ce qu’ils ont qualifié d' »actes criminels », réaffirmant leur « solidarité totale » avec le Maroc. Bahreïn a évoqué une « attaque terroriste criminelle ». La Jordanie, le Qatar, l’Arabie saoudite qui a condamné « dans les termes les plus fermes » et le Koweït ont successivement pris position au fil du samedi 9 mai, formant un bloc de soutien régional sans ambiguïté.
À l’échelle africaine, le Libéria, dont le consulat à Dakhla symbolise depuis 2020 la reconnaissance de la souveraineté marocaine, a également condamné les attaques contre les civils, estimant qu’elles « sapent la stabilité régionale ». Au total, la communauté internationale qui s’est exprimée est aussi large que diverse, des grandes puissances du P5 aux monarchies du Golfe en passant par la vieille Europe.
Pour de nombreux observateurs, cette séquence diplomatique illustre l’isolement croissant du Front Polisario et de son principal bailleur, l’Algérie. L’ambassade américaine à Alger a d’ailleurs publié, le 8 mai, un message cinglant sur les réseaux sociaux, martelant que « le statu quo ne sert les intérêts de personne ». Un signal adressé directement à Alger, sans détour, et qui ne manquera pas de peser dans les semaines à venir.
Pour de nombreux observateurs, cette séquence diplomatique illustre l’isolement croissant du Front Polisario et de son principal bailleur, l’Algérie. L’ambassade américaine à Alger a d’ailleurs publié, le 8 mai, un message cinglant sur les réseaux sociaux, martelant que « le statu quo ne sert les intérêts de personne ». Un signal adressé directement à Alger, sans détour, et qui ne manquera pas de peser dans les semaines à venir.
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