Le Pentagone consacre le Maroc comme « clé de voûte » de sa stratégie en Afrique et en Méditerranée
Les derniers rapports du Département de la Défense américain sont sans appel : entre 2020 et 2024, le Maroc s'est hissé au rang de partenaire prioritaire du programme de transfert d'équipements militaires (EDA). Une position qui ne doit rien au hasard, mais qui valide la montée en puissance spectaculaire des Forces Armées Royales (FAR) et leur interopérabilité totale avec l'armée la plus puissante du monde
Par Fayçal El Amrani
Il est des classements qui valent tous les discours diplomatiques. En figurant parmi les principaux bénéficiaires du programme Excess Defense Articles (EDA) du Pentagone, le Maroc confirme son statut d’allié incontournable. Loin d’être une simple livraison de matériel excédentaire, cette sélection, opérée minutieusement par le Bureau des Capacités Stratégiques (OCS) américain, répond à une logique implacable : renforcer les partenaires capables de garantir la sécurité régionale. Pour Washington, miser sur Rabat, c’est miser sur la stabilité.
L’interopérabilité : le maître-mot de l’alliance
Ce que révèlent ces données, c’est l’aboutissement de la feuille de route tracée en octobre 2020. L’objectif américain n’est pas seulement de fournir du matériel, mais de s’assurer que les Forces Armées Royales parlent le même « langage opérationnel » que l’US Army. Les responsables du Pentagone ont été clairs : chaque équipement transféré à Rabat a été validé parce qu’il « soutient les objectifs d’interopérabilité ». En clair, le Maroc ne se contente pas d’accumuler de l’armement ; il intègre un écosystème de défense occidental de pointe, capable de mener des opérations conjointes complexes, comme en témoigne chaque année l’exercice African Lion.
Un « Allié Majeur » aux investissements colossaux
Il faut rappeler que ce privilège s’ancre dans une relation historique. Depuis 2004, le Maroc jouit du statut d’Allié Majeur non-membre de l’OTAN (Major Non-NATO Ally), un cercle très fermé. Mais au-delà des dons d’équipements, c’est la structure même des acquisitions qui impressionne.
Selon les données du Département d’État publiées en janvier 2025, le portefeuille des ventes militaires actives (FMS) entre Washington et Rabat s’élève à la somme vertigineuse de 8,545 milliards de dollars. Ce chiffre raconte une histoire : celle d’une modernisation à marche forcée des infrastructures, de la formation et des équipements des FAR. Des hélicoptères Apache AH-64E aux systèmes de surveillance avancés, le Maroc se dote d’un bouclier technologique dissuasif.
Ce rapport du Pentagone est une reconnaissance de la fiabilité du Royaume. Dans un monde de plus en plus incertain, où les menaces hybrides se multiplient, les États-Unis savent qu’ils peuvent compter sur un Maroc fort, professionnel et équipé aux meilleurs standards. Pour Rabat, c’est une nouvelle victoire souveraine : celle d’une armée qui se modernise intelligemment pour protéger ses frontières et ses intérêts vitaux.
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