Le nouveau visage de l’économie marocaine : Quand les femmes rurales transforment la coopération
Le nouveau visage de l'économie marocaine, 7 891 coopératives féminines dirigent l'Économie Sociale et Solidaire. 61% des coopératrices viennent des douars. La femme rurale marocaine, une créatrice d'emploi incontournable.
LA VÉRITÉ
Ce 28 octobre 2025, jour emblématique de la reconnaissance mondiale des femmes rurales, l’atmosphère à Rabat fut empreinte de la révélation d’une métamorphose profonde. L’Office de Développement de la Coopération (ODCO) a levé le voile sur une réalité économique désormais incontournable, l’entrepreneuriat collectif féminin est devenu la matrice d’une Économie Sociale et Solidaire (ESS) marocaine en pleine refondation.
Loin de n’être qu’un simple phénomène conjoncturel, cette dynamique s’érige en véritable force structurante du Royaume. Les données publiées attestent de l’ampleur de ce mouvement. Le secteur coopératif a enregistré une croissance de 6 % de la participation féminine en une année, mobilisant aujourd’hui 267 953 femmes actives, une cohorte impressionnante. Plus significatif encore, 61 % de ces figures emblématiques sont issues des territoires ruraux. La femme rurale transcende ainsi le rôle de simple garante des usages pour s’affirmer comme une entrepreneure aguerrie, qui dirige, innove et génère de l’emploi, réorientant l’avenir de son propre territoire. Cette vitalité exceptionnelle consacre l’autonomisation féminine comme un vecteur fondamental du développement durable et de la promesse d’une prospérité largement distribuée.
La puissance du chiffre et l’ancrage territorial
Les statistiques publiées par l’ODCO en 2025 confirment l’ascension irréversible de la participation féminine dans le secteur coopératif. En une année seulement, cette participation a connu une progression notable de 6 %, un indicateur éloquent de la vitalité de ce mouvement. De surcroît, le paysage coopératif national dénombre aujourd’hui 267 953 femmes actives, constituant ainsi une force majeure de l’ESS. Cette progression s’enracine profondément dans le milieu rural : 61 % de ces actrices économiques proviennent directement des territoires ruraux. Ces femmes ne se contentent plus d’adhérer, elles bâtissent leurs propres structures. Le Maroc compte actuellement 7 891 coopératives exclusivement composées de femmes, rassemblant au total plus de 73 000 adhérentes. Près de la moitié de ces dernières évoluent en milieu rural, confirmant l’impact tangible de cette économie sur la vie des douars.
Du patrimoine à l’innovation, le modèle coopératif revisité
Il est impératif de souligner que le modèle coopératif féminin moderne puise sa force dans un héritage ancestral de solidarité rurale. Dans les douars, la coopération et la confiance ont toujours servi de socle aux activités communautaires, permettant l’entraide lors des récoltes, le partage des travaux agricoles ou la constitution de tontines. Aujourd’hui, l’ODCO s’emploie à canaliser ce capital social historique vers de nouveaux horizons économiques. Pourtant, malgré cette évolution, 28 % des initiatives recensées demeurent concentrées dans les activités traditionnelles telles que la couture, la broderie ou l’élevage. En conséquence, l’Office encourage activement les coopératives féminines à opérer une diversification stratégique. Il s’agit notamment de s’engager dans des filières considérées comme innovantes, incluant la transformation agroalimentaire, le tourisme rural, l’agriculture biologique, l’économie circulaire et même les énergies renouvelables.
Une stratégie nationale pour l’émancipation économique
L’autonomisation économique des femmes rurales représente plus qu’un simple objectif social, elle est reconnue comme un pilier fondamental du développement durable du pays. La vision nationale, en parfaite cohérence avec la feuille de route gouvernementale pour l’emploi, positionne le modèle coopératif comme un outil stratégique essentiel pour la création d’opportunités et la réduction des disparités régionales. Ainsi, l’ODCO s’attèle à transformer l’entrepreneuriat collectif en un véritable moteur d’émancipation. Pour y parvenir, l’Office facilite l’accès des femmes rurales à la formation, aux marchés publics et à l’accompagnement technique. Aicha Errifaai, Directrice Générale de l’ODCO, confirme cette approche stratégique : « L’autonomisation économique des femmes rurales n’est pas seulement un enjeu social, c’est un pilier de développement durable. En renforçant leurs compétences, leur accès aux marchés et au financement, nous construisons un modèle coopératif plus inclusif, capable de transformer durablement les territoires ». De surcroît, cette stratégie d’inclusion économique est consolidée par des partenariats actifs menés avec l’Initiative Nationale pour le Développement Humain (INDH), les ministères, les universités et les collectivités territoriales. Cette dynamique s’est concrétisée sur le terrain par treize rencontres régionales organisées entre le 29 septembre et le 17 octobre 2025, dans des villes allant de Tanger-Fahs Anjra à Dakhla. Ces événements ont réuni 573 participants, dont une majorité de femmes (489), signalant un nouvel élan générationnel marqué par la présence significative de jeunes femmes issues de centres de formation ruraux.
Un choix économique conscient
L’ensemble de ces initiatives démontre une volonté politique et sociale claire de faire reconnaître la femme rurale comme une actrice centrale du développement territorial. Soutenir une coopérative féminine transcende la notion de geste solidaire. En effet, il s’agit d’« un choix économique conscient qui crée de la valeur, maintient l’emploi local et consolide la cohésion sociale ». La dynamique observée en 2025, caractérisée par l’accroissement des effectifs et la diversification vers des secteurs d’avenir, prouve l’efficacité du modèle coopératif comme levier de transformation durable. En définitive, la femme rurale marocaine, s’appuyant sur un socle de solidarité historique, est en train de façonner un modèle coopératif plus inclusif et plus prospère. Devant cette réalité, la question de l’avenir s’impose : Comment cette nouvelle génération de leaders coopératives, issues des centres de formation ruraux, amplifiera-t-elle l’impact de l’économie sociale et solidaire sur la compétitivité globale du Maroc ?
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