Le Niger tue le chef de Boko Haram grâce au soutien du Maroc
Par Yassine Andaloussi
Le chef de Boko Haram, Ibrahim Mahamadu, plus connu sous le nom de Bakura, a été tué au Niger lors d’une opération militaire qui marque un tournant décisif dans la lutte contre le terrorisme dans la région du Sahel. Derrière cette neutralisation, plusieurs sources pointent vers une collaboration discrète mais efficace entre les forces nigériennes et les services de renseignement marocains, dont l’expertise en matière antiterroriste est de plus en plus sollicitée sur le continent africain.
Apparu en 2009 dans le nord-est du Nigeria, Boko Haram a ensanglanté toute la zone du lac Tchad. Attentats suicides, enlèvements, villages rasés… Le groupe djihadiste est responsable de près de 40 000 morts et a provoqué l’exode de plus de deux millions de personnes. L’élimination de son chef Ibrahim Mahamadu n’efface pas les cicatrices de quinze années de violence mais elle redonne un souffle d’espoir aux populations éprouvées par ce conflit sans fin.
À Niamey, les autorités nigériennes saluent une avancée majeure contre le terrorisme. Si aucune confirmation officielle n’a été donnée par Rabat, plusieurs médias étrangers soulignent que l’opération a bénéficié d’un précieux partage de renseignements avec le Maroc. Ce rôle n’a rien d’inédit car dès 2016, Mohammed VI avait autorisé la livraison d’équipements militaires non létaux au Niger en signe de solidarité envers ce partenaire stratégique du Royaume dans le bassin du lac Tchad.
La coopération sécuritaire entre Rabat et Niamey s’inscrit dans une vision plus large. Depuis des années, le Maroc multiplie les partenariats avec les pays du Sahel et du Sahara. Le royaume, qui a payé lui aussi le prix fort du terrorisme dans les années 2000, a bâti une expertise reconnue à l’échelle internationale. Ses services de renseignement sont aujourd’hui considérés comme l’un des atouts majeurs de la stabilité régionale, capables de détecter des réseaux dormants, d’anticiper des menaces et de partager des informations vitales avec leurs alliés.
Cette opération au Niger en est l’illustration concrète, une guerre ne se gagne pas uniquement avec des armes mais aussi avec une information précise, fournie au bon moment. La traque de Bakura aura demandé des mois de suivi, d’infiltration et de coopération transfrontalière. Le fait que Rabat ait contribué à ce succès témoigne de la place que le Maroc occupe désormais dans l’architecture sécuritaire du continent africain.
La mort du chef de Boko Haram ne signe pas la fin de la menace dans la région car le mouvement reste fragmenté en plusieurs factions. Mais elle constitue un signal fort. Face au terrorisme, l’union des pays africains, épaulés par une coopération de confiance, peut changer la donne. Pour Niamey comme pour Rabat, cette victoire n’est pas seulement militaire, elle est aussi politique. Elle montre que la solidarité africaine, lorsqu’elle s’appuie sur le renseignement et la stratégie, peut porter ses fruits.
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