Le Maroc trace sa voie aéronautique au Bourget
Cap sur l’aéronautique
Par Yassine Andaloussi
À l’occasion du Salon international de l’aéronautique et de l’espace de Paris – Le Bourget, le Royaume du Maroc a affiché ses ambitions industrielles et logistiques en matière de transport aérien. Objectif : doubler ses capacités, attirer les investissements technologiques et confirmer son statut de hub régional et africain incontournable.
Le Maroc au cœur du Bourget
Du 16 au 22 juin 2025, le Maroc marque sa présence au Salon du Bourget, rendez-vous mondial des acteurs de l’industrie aéronautique. Avec une délégation de haut niveau composée du ministre du Transport et de la Logistique Abdessamad Kayouh, du ministre de l’Industrie et du Commerce Ryad Mezzour, du directeur général de l’Agence marocaine de développement des investissements et des exportations (AMDIE) Ali Seddiki, et du directeur général de l’investissement Karim Zidane, le Royaume a affiché une volonté claire : celle de consolider sa dynamique de modernisation du secteur aérien et d’attirer de nouveaux partenariats stratégiques.
Sur le pavillon marocain, six entreprises nationales, membres du Groupement des industries marocaines aéronautiques et spatiales (GIMAS), ont exposé leur savoir-faire. Une occasion précieuse pour mettre en valeur les avancées industrielles marocaines, à travers un écosystème aéronautique en pleine expansion et fortement connecté aux chaînes de valeur mondiales.
Doubler la capacité aéroportuaire nationale
L’un des axes majeurs présentés par la délégation marocaine concerne l’expansion de la capacité d’accueil des aéroports du Royaume. Le plan, inscrit dans la stratégie nationale du secteur aérien, vise à doubler la capacité aéroportuaire pour atteindre 80 millions de passagers à l’horizon 2030, contre 38 millions aujourd’hui. Cette montée en puissance répond non seulement à la hausse prévue du trafic aérien international et national, mais aussi à l’ambition du Maroc de devenir un centre régional de transit et de logistique.
Parallèlement, un nouvel aéroport international est en projet à Casablanca, destiné à désengorger l’actuel hub de Mohammed V et à offrir des standards internationaux encore plus élevés. Cette infrastructure futuriste devra accompagner l’objectif stratégique d’élargir le rayonnement aérien du Maroc en Afrique, en Europe et au-delà.
L’autre chantier concerne la flotte nationale. Royal Air Maroc ambitionne de passer de 50 à 200 appareils d’ici 2037, ce qui nécessitera une montée en compétence, une réorganisation logistique, ainsi qu’un partenariat renforcé avec des avionneurs et équipementiers de premier plan.
Séduire les géants technologiques mondiaux
En participant à un événement de l’envergure du Salon du Bourget, le Maroc ne cherche pas uniquement à faire acte de présence. Le Royaume se positionne comme un partenaire fiable et ambitieux, prêt à accueillir des investissements industriels, mais aussi des transferts technologiques de haut niveau.
Le ministre Abdessamad Kayouh a insisté sur la nécessité de collaborer avec des experts internationaux en gestion aéroportuaire, cybersécurité, sûreté aérienne et maintenance avancée. Des discussions ciblées ont été entamées avec des groupes comme Thales, Airbus ou Safran, déjà présents au Maroc, afin de consolider et diversifier leurs investissements.
L’objectif est clair : inscrire le Maroc dans l’ère des technologies de rupture appliquées au secteur aérien, qu’il s’agisse de solutions numériques de gestion, de maintenance prédictive, ou de sécurité biométrique. Cette montée en gamme est cruciale pour garantir la souveraineté technologique du pays, tout en le rendant plus attractif aux yeux des grands donneurs d’ordre internationaux.
Un écosystème industriel en pleine ascension
En vingt ans, le Maroc est passé du statut de simple plateforme d’assemblage à celui d’acteur structurant de l’industrie aéronautique mondiale. Aujourd’hui, plus de 140 entreprises opèrent dans ce secteur sur le sol marocain, dont plusieurs leaders mondiaux comme Boeing, Airbus, Collins Aerospace ou Hexcel. Les métiers sont variés : fabrication de composants structurels, câblage, ingénierie, maintenance, logistique aéronautique, etc.
Les avantages comparatifs du Royaume – stabilité politique, proximité avec l’Europe, main-d’œuvre qualifiée, incitations fiscales, infrastructures industrielles comme celles de Midparc ou Nouaceur – attirent des investissements croissants. Le secteur représente désormais près de 5 % des exportations industrielles nationales.
La participation du Maroc au Salon du Bourget 2025 s’inscrit donc dans une vision proactive et intégrée, articulée autour de la feuille de route industrielle pilotée par le ministère de l’Industrie, avec un accent mis sur l’investissement productif, la montée en compétences, et l’intégration régionale.
En capitalisant sur les opportunités offertes par le Bourget, le Maroc confirme qu’il ne veut plus simplement suivre le rythme de la mondialisation aéronautique, mais bien le devancer. Le Royaume ambitionne d’être un acteur central dans les échanges aériens entre l’Afrique, l’Europe et le monde, en misant sur la modernité, la technologie et des partenariats ciblés. Un cap stratégique pleinement aligné avec la vision royale d’un Maroc fort, connecté et souverain.
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