Le Maroc rétablit les vérités sur le Sahara à l’ONU : Une riposte ferme et mesurée
Le Maroc répond point par point à l'Algérie à l'ONU. "L’histoire est têtue" : le Maroc a rappelé à l'Algérie que la décolonisation du Sahara est un processus fini.
LA VÉRITÉ
L’atmosphère était tendue à New York, au siège des Nations Unies, le 30 septembre 2025. Le débat général de la 80ème session de l’Assemblée générale venait de s’achever, marqué notamment par les déclarations du ministre algérien des Affaires étrangères, Ahmed Attaf, concernant le Sahara marocain. Toutefois, la réponse ne s’est pas fait attendre. L’ambassadeur, représentant permanent du Royaume du Maroc auprès des Nations Unies, Omar Hilale, est intervenu pour « apporter des clarifications et rétablir des vérités », réagissant point par point aux propos algériens qu’il a qualifiés d’ »inexactitudes ». Le diplomate marocain a tenu à souligner que cette intervention se ferait « sans polémique, ni animosité ».
La clarification historique : du décolonisation à la sécurité
L’histoire, d’après M. Hilale, est d’une insistance particulière. Le représentant marocain a tenu à rappeler que l’inscription de la question du Sahara à l’Assemblée générale des Nations Unies, il y a 62 ans, résultait d’une initiative du Maroc lui-même. Omar Hilale a martelé que : « L’histoire est têtue. L’histoire retiendra que c’est le Maroc qui a inscrit la question du Sahara comme question de décolonisation sur l’agenda de l’Assemblée générale ». Cette démarche était soutenue par les revendications du Maroc depuis 1956. De plus, le diplomate a regretté que le ministre algérien ait omis de mentionner un élément crucial, la résolution 3458B de l’Assemblée générale. Cette résolution historique, adoptée il y a cinquante ans dans cette même salle, « a pris note des Accords de Madrid. Ceux-ci ont mis fin à la colonisation espagnole de nos Provinces du Sud », a souligné M. Hilale. Par ailleurs, M. Hilale a interpelé le responsable algérien sur le statut de ce dossier au sein de l’ONU. L’Algérie, qui est membre du Conseil de sécurité, sait pertinemment que ce dernier examine désormais ce point « en tant que question de paix et de sécurité, dans le cadre du règlement pacifique des différends », et non plus uniquement comme une question de décolonisation.
L’initiative d’autonomie, seule voie sérieuse
Certes, la création de la MINURSO remonte à 34 ans. Néanmoins, M. Hilale a insisté sur le fait que l’histoire du Sahara dépasse largement le cadre de cette mission onusienne. En effet, le Conseil de sécurité a, depuis 21 ans, adopté une approche différente, appelant explicitement à une solution politique. Ainsi, le Conseil de sécurité consacre, chaque année depuis 2007, « la prééminence de l’Initiative marocaine d’autonomie ». Il considère cette initiative comme « sérieuse et crédible ». En d’autres termes, le processus politique onusien reconnaît la crédibilité de la proposition marocaine comme la voie privilégiée pour résoudre le différend.
Des milliards d’investissements et une reconnaissance concrète
Réagissant aux allégations algériennes de « réalités imposées » sur le terrain, le Représentant permanent du Maroc a mis en lumière la transformation socio-économique rapide des provinces du Sud. Le Maroc fait valoir le droit fondamental et irréversible de ces populations au développement. Par exemple, M. Hilale a détaillé les réalisations concrètes: « Les réalités du Sahara marocain aujourd’hui, ce sont des milliards d’investissements, une paix et une stabilité ». L’infrastructure se développe massivement, incluant « le pont le plus long d’Afrique, une autoroute du nord au sud, des universités, des hôpitaux universitaires et le plus grand port en eau profonde d’Afrique sur l’Atlantique ». De plus, la région jouit d’une « participation active de la population du Sahara marocain à toutes les échéances politiques, culturelles et économiques ». Cette réalité interne se reflète également sur la scène internationale : « 30 Consulats généraux ont été ouverts au Sahara marocain, illustrant une reconnaissance concrète de la souveraineté marocaine sur la région ». M. Hilale a également noté le soutien économique majeur, citant que « Les États-Unis ont récemment instruit leurs agences et entreprises d’investir au Sahara marocain ».
Le paradoxe algérien : partie prenante malgré tout
- Hilale a ensuite mis en lumière une contradiction flagrante dans la posture de l’Algérie. Le Représentant marocain a souligné qu’ »L’Algérie affirme ne pas être partie prenante, mais elle pose des conditions et définit des fondamentaux pour la résolution de ce différend ». Par conséquent, le diplomate a posé la question essentielle : « À quel titre pose-t-elle ces conditions? Sinon en tant que partie prenante ». M. Hilale a vu dans cette contradiction une reconnaissance implicite du rôle d’Alger dans ce conflit régional. Dès lors, il a appelé Alger à s’engager plus concrètement dans le processus politique onusien. Le Maroc espère que cette déclaration algérienne « trouvera un prolongement au Conseil de sécurité, en participant aux tables rondes pour parvenir au règlement de ce différend régional qui n’a que trop duré ».
Une solution consensuelle en ligne de mire
La réponse marocaine aux Nations Unies visait à rétablir le contexte historique et politique du dossier du Sahara, tout en démontrant les avancées socio-économiques irréversibles sur le terrain. M. Hilale a rappelé l’ampleur du soutien international à l’Initiative marocaine d’autonomie. Plus de 120 pays, dont trois membres permanents du Conseil de sécurité et plus des deux tiers des membres de l’Union européenne, « soutiennent cette Initiative et l’appuient comme la seule et unique solution à ce différend », tandis que des dizaines d’autres reconnaissent la marocanité du Sahara.
Fidèle à l’esprit de dialogue prôné par le Royaume, M. Hilale a conclu son intervention par une citation du Discours du Trône de Sa Majesté le Roi Mohammed VI, du 29 juillet 2025. Le Souverain affirmait : « Ces positions favorables au bon droit et à la légitimité nous inspirent honneur et fierté. Elles nous poussent davantage à la recherche d’une solution consensuelle qui sauve la face à toutes les parties, où il n’y aura ni vainqueur ni vaincu ».
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