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Le Maroc lance la première phase de son terminal GNL à Nador West Med : Une étape décisive pour sa transition énergétique

Par Fayçal El Amrani


Dans une avancée significative de sa stratégie énergétique, le Maroc a inauguré la première phase de son projet de terminal de gaz naturel liquéfié (GNL), situé à Nador, sur la côte méditerranéenne. 

 

Ce projet stratégique, annoncé par la ministre de la Transition énergétique et du Développement durable, Leila Benali, le 21 avril 2025, s’inscrit dans une volonté de diversifier les sources d’approvisionnement énergétique du royaume, tout en réduisant sa dépendance aux énergies fossiles, notamment le charbon. Le terminal GNL permettra ainsi de répondre aux besoins croissants du pays en matière d’énergie, tout en soutenant son développement industriel et en renforçant sa sécurité énergétique.

 

Un terminal flottant pour répondre à une demande croissante

 

Le terminal de Nador sera une unité flottante de stockage et de regazéification (FSRU), une technologie moderne et flexible qui permettra de réceptionner du gaz naturel liquéfié en provenance des principaux marchés internationaux. Ce choix stratégique d’implantation dans le port en eaux profondes de Nador West Med permet de bénéficier d’un accès direct aux grandes routes maritimes, facilitant l’importation du gaz naturel depuis l’Espagne et d’autres pays producteurs.

Le projet est conçu pour renforcer l’approvisionnement énergétique des zones industrielles situées au nord du Maroc, comme celles de Kénitra et Mohammedia, mais aussi pour sécuriser l’approvisionnement énergétique national. Il devrait jouer un rôle clé dans la diversification des ressources énergétiques du pays, offrant une alternative au charbon et au pétrole, et en anticipant l’augmentation de la demande en gaz naturel, notamment pour la production d’électricité.

 

Une vision à long terme pour une transition énergétique réussie

 

Ce projet s’inscrit dans le cadre d’une stratégie énergétique nationale ambitieuse visant à atteindre 52% de capacité installée en énergies renouvelables d’ici 2030. Actuellement, le Maroc a déjà atteint 45% de ses objectifs en matière de production d’énergie renouvelable, ce qui en fait un leader en Afrique et dans le monde arabe. Le terminal GNL de Nador fait partie intégrante de cette stratégie plus large, qui inclut également des projets d’énergie solaire, éolienne et hydraulique, visant à faire du Maroc un hub énergétique régional et mondial.

L’Office national de l’électricité et de l’eau potable (ONEE) a par ailleurs lancé un plan de développement pour la période 2025-2030, prévoyant l’ajout de 15 gigawatts (GW) de capacité, dont 13 GW seront issus de sources d’énergie renouvelable. Un investissement global de 120 milliards de dirhams (environ 12 milliards d’euros) sera alloué à ce projet, consolidant ainsi les ambitions du pays de devenir un modèle de transition énergétique en Afrique du Nord.

 

Appel à manifestation d’intérêt : Un projet ouvert aux investisseurs

 

Le gouvernement marocain a annoncé qu’un appel à manifestation d’intérêt pour la première phase de ce projet sera lancé dans les prochains mois. Cet appel visera à attirer des investisseurs internationaux, des entreprises spécialisées dans la construction et l’exploitation de terminaux GNL, ainsi que des partenaires techniques qui viendront contribuer au succès de cette initiative.

Cette ouverture à l’investissement privé est une composante essentielle pour assurer la rentabilité et la réussite du projet. Elle permettra au Maroc de tirer parti des dernières innovations technologiques et des meilleures pratiques internationales dans la gestion des infrastructures énergétiques. Par ailleurs, la participation de partenaires internationaux renforcera également l’expertise locale et assurera un transfert de savoir-faire crucial pour le développement des infrastructures gazières du pays.

 

Le rôle stratégique du terminal GNL dans l’économie marocaine

 

Le terminal GNL de Nador est un projet stratégique non seulement pour la gestion de l’énergie au Maroc, mais aussi pour son développement économique. En effet, il permettra de soutenir les secteurs industriels en forte croissance, tels que la chimie, la métallurgie et le textile, en leur assurant un approvisionnement en énergie fiable et à moindre coût. De plus, ce projet contribuera à créer de nombreux emplois directs et indirects, en particulier dans les régions du Nord, déjà dynamiques sur le plan industriel.

Il est également prévu que le terminal GNL de Nador offre des possibilités d’exportation de gaz vers d’autres marchés, notamment les pays de l’Afrique subsaharienne et les marchés européens. Cela pourrait permettre au Maroc de se positionner comme un acteur clé dans le domaine de la distribution de gaz naturel en Afrique du Nord et au-delà.

 

Une avancée majeure pour l’autonomie énergétique du Maroc

 

Le lancement de la première phase du terminal GNL à Nador représente une avancée majeure pour la politique énergétique du Maroc. Avec ce projet, le royaume confirme sa volonté de se positionner comme un leader en matière de transition énergétique et d’autonomie énergétique en Afrique. Ce terminal, d’une importance stratégique tant pour la production d’électricité que pour l’industrie, symbolise une étape clé vers un avenir énergétique durable et résilient pour le Maroc.

Le projet devrait être entièrement opérationnel d’ici 2026, contribuant ainsi à renforcer la compétitivité du pays sur la scène énergétique mondiale et à garantir la sécurité énergétique pour les décennies à venir. La transition énergétique du Maroc, soutenue par des projets comme le terminal GNL de Nador, s’annonce comme un modèle pour d’autres nations en développement à travers le monde.


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