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Le Maroc franchit le cap des 5 % : Les chiffres records de la croissance au T2-2025

5,5 % de croissance au T2-2025 ! Le HCP révèle des chiffres spectaculaires, portés par une demande intérieure en feu (+9,2 %). Tous les détails de cette accélération.

LA VÉRITÉ


L’économie marocaine a-t-elle retrouvé son rythme de croisière ? La réponse est un oui retentissant si l’on se fie aux données publiées à Rabat par le Haut-Commissariat au Plan (HCP) le 30 septembre 2025. En effet, l’arrêté des comptes nationaux pour le deuxième trimestre 2025 (T2-2025) fait ressortir une croissance spectaculaire de l’économie nationale. Ce taux atteint 5,5 %, marquant une nette amélioration par rapport aux 3 % enregistrés au T2-2024. Cette croissance robuste s’est manifestée dans un contexte de maîtrise de l’inflation, puisque le niveau général des prix a ralenti à 2,3 % au lieu de 3,9 % l’année précédente. Pourtant, cet élan cache un déséquilibre croissant du besoin de financement, un point que le HCP a souligné dans sa note d’information.

 

Une demande intérieure explosive booste l’activité

Ce dynamisme économique repose principalement sur un moteur interne puissant. De ce fait, la demande intérieure a enregistré une forte hausse de 9,2 % au deuxième trimestre 2025, dépassant largement les 6,6 % de la même période en 2024. Elle a contribué à la croissance nationale à hauteur de 9,9 points, contre 7,1 points une année auparavant.

Cette progression est étroitement liée à l’amélioration du comportement des agents économiques. En effet, les dépenses de consommation finale des ménages ont augmenté de 5,1 %, au lieu de 3,3 % le trimestre précédent, apportant ainsi 3 points à la croissance. Aussi, la consommation finale des administrations publiques a vu son taux d’accroissement passer de 5,1 % à 6,5 %, contribuant pour 1,2 point à la croissance économique.

Par ailleurs, l’investissement brut, qui inclut la formation brute de capital fixe, la variation des stocks et l’acquisition nette d’objets de valeur, a explosé. Il a enregistré une très forte hausse de 18,9 %, contre 14,3 % durant la même période de l’année précédente. Le HCP précise d’ailleurs que l’investissement brut a atteint 32,5 % du PIB, contribuant à la croissance à hauteur de 5,6 points.

 

L’agriculture se redresse, les services accélèrent

La performance globale s’explique par la bonne tenue de la majorité des secteurs.

  • Tout d’abord, le secteur agricole, ou valeur ajoutée (VA) du secteur primaire, a connu un rebond significatif. Il s’est accru de 4,2 % en volume, après avoir subi une baisse de 4,8 % un an auparavant. Cette reprise est due à une hausse de l’activité agricole de 4,7 %, malgré un recul de la pêche de 7,7 %.

En outre, les activités non agricoles ont collectivement enregistré une hausse en volume de 5,5 %.

  • Le secteur secondaire en pleine accélération : La VA du secteur secondaire a affiché une hausse impressionnante de 7,4 %, comparée à 3,1 % au deuxième trimestre 2024. Ceci résulte de la hausse des VA de l’électricité et de l’eau (+8,9 %), des industries de transformation (+6,9 %) et des bâtiments et travaux publics (+6,7 %).
  • Les services en croissance solide : La VA du secteur tertiaire a connu une augmentation de son taux d’accroissement, passant de 4,2 % à 4,8 %. Elle a été particulièrement marquée par l’amélioration des activités d’hébergement et de restauration, qui ont bondi de 10,5 %. Toutefois, certaines activités comme le transport et l’entreposage (+4,3 % après +7,9 %) ou l’éducation, la santé et l’action sociale (+5,7 % après +6,4 %) ont montré un léger ralentissement.

 

Le revers de la médaille : besoin de financement en aggravation

Si la croissance est tirée par la demande intérieure et l’investissement, les échanges extérieurs ont exercé une pression négative sur l’économie marocaine.

Cependant, l’augmentation des échanges extérieurs de biens et services a dégagé, au T2-2025, une contribution négative à la croissance de 4,4 points. C’est-à-dire que le volume des importations de biens et services a connu une forte hausse de 15,7 % (contre 13,6 % en 2024), contribuant négativement à la croissance pour 7,9 points.

En revanche, les exportations ont également progressé, affichant une augmentation de leur taux d’accroissement passant de 6,3 % à 8,5 %. Elles ont contribué à la croissance à hauteur de 3,6 points.

Malgré le déséquilibre commercial, l’épargne nationale a continué de s’améliorer. En effet, elle s’est située à 29,3 % du Produit Intérieur Brut (PIB) au T2-2025, contre 28,4 % un an auparavant. Cette évolution s’explique par le ralentissement de la croissance de la consommation finale nationale en valeur. Ainsi, face à un investissement brut à 32,5 % du PIB, le besoin de financement de l’économie nationale s’est aggravé. Le HCP note une aggravation, le besoin passant de 1,6 % du PIB à 3,2 %.

 

En conclusion, le deuxième trimestre 2025 a confirmé le dynamisme de l’économie marocaine, affichant une croissance de 5,5 % fermement ancrée dans une demande intérieure et un investissement en forte hausse. Ces chiffres sont d’autant plus positifs qu’ils s’accompagnent d’une inflation maîtrisée. Néanmoins, ce portrait encourageant est nuancé par l’aggravation du besoin de financement du pays, exacerbée par le déséquilibre des échanges extérieurs. Dès lors, le Maroc peut-il soutenir ce rythme d’investissement exceptionnel tout en gérant le déficit de son besoin de financement pour garantir une croissance durable à long terme ?


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