Le Maroc et l’Irak signent deux accords Judiciaires
LA VÉRITÉ
Le Maroc et l’Irak viennent de franchir un nouveau cap dans leur coopération judiciaire avec la signature, le 28 août 2025 à Rabat, de deux accords importants qui s’inscrivent dans une dynamique politique et humaine. Le ministre marocain de la Justice, Abdellatif Ouahbi, et son homologue irakien, Khaled Shawani, ont paraphé une convention bilatérale sur le transfert des personnes condamnées ainsi qu’un mémorandum d’entente relatif aux peines alternatives.
Le premier accord est particulièrement attendu car il ouvre la voie au rapatriement de nombreux Marocains condamnés en Irak, notamment dans des affaires sensibles liées au terrorisme. Ces détenus auront désormais la possibilité de purger leurs peines au Maroc, auprès de leurs familles, dans un environnement mieux adapté au respect de leurs droits fondamentaux. Pour les autorités marocaines, cette démarche reflète un engagement clair en faveur de la dignité de leurs ressortissants, quelle que soit la gravité des faits pour lesquels ils ont été condamnés. Elle illustre aussi la responsabilité d’un État qui ne se désintéresse pas de ses citoyens lorsqu’ils se trouvent en situation de vulnérabilité à l’étranger.
Le second texte concerne la coopération en matière de peines alternatives, un domaine dans lequel le Maroc a récemment légiféré avec la loi 43.22. Cette réforme introduit des sanctions nouvelles telles que le travail d’intérêt général ou le port de bracelets électroniques. L’objectif est de réduire le recours systématique à l’incarcération, d’alléger la pression sur les établissements pénitentiaires et d’offrir de meilleures perspectives de réinsertion. À travers ce mémorandum, le Maroc partage son expérience et se positionne comme un acteur moteur dans l’évolution des systèmes judiciaires arabes vers des approches plus modernes et respectueuses des droits humains.
Lors de la cérémonie de signature, Abdellatif Ouahbi a souligné que ces accords n’étaient pas de simples instruments techniques mais la traduction d’une volonté politique de renforcer les liens de fraternité entre le Maroc et l’Irak. Pour lui, la justice peut devenir un levier diplomatique et un outil de rapprochement entre nations. De son côté, Khaled Shawani a rappelé que cette coopération s’inscrit dans le cadre de l’Accord de Riyad de 1983 ainsi que des conventions internationales relatives aux droits de l’homme. Il a également salué le rôle du Maroc en tant que pays de stabilité et de paix dans le monde arabe.
Ces accords marquent l’aboutissement d’un processus engagé dès 2023 à Bagdad. Ils témoignent d’une diplomatie de la justice qui place l’humain au cœur de la coopération bilatérale. Pour de nombreuses familles marocaines, ils représentent l’espoir de voir leurs proches revenir dans leur pays et de bénéficier d’un cadre judiciaire plus adapté. À travers cette initiative, Rabat et Bagdad rappellent que la justice n’est pas seulement répressive mais qu’elle peut aussi devenir un vecteur de dignité et un instrument de rapprochement régional.
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