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Le Maroc et le Mondial 2026


La chaîne de sport américaine ESPN s’est inquiétée, pour la première fois, dans l’édition du 28 février 2018 de son portail, de la candidature marocaine, reconnaissant, enfin, que l’entrée du Maroc en lice est très sérieusement pris en considération et a les faveurs des pronostics contrairement aux précédentes éditions.

Pendant ce temps, le comité Maroc 2026 dépose officiellement, dès ce jeudi 15 mars, le dossier de candidature du Royaume à l’organisation de la coupe du monde. Un projet qui fait plonger toute la nation dans un rêve au parfum capiteux de la gloire. Pour avoir cumulé des déboires suite à quatre tentatives infructueuses, le Royaume a développé une importante expertise sur laquelle il ne manquera pas désormais de capitaliser.

Mais sur quelle assise si solide le Maroc pourra s’appuyer pour asseoir son argumentaire et le rendre crédible aux yeux de ceux qui hésitent encore? La réponse fuse dans la bouche de tous ceux qui portent le dossier marocain à bras le corps: elle intéresse plusieurs aspects de l’organisation et concerne en premier lieu la stabilité politique et la sécurité du pays.

Le Royaume fait partie des pays les plus sûrs au monde. Le deuxième point fort du pays se décline à travers sa situation géographique qui le situe dans un fuseau horaire favorable.

Les atouts qui présent lourd

Ce qui permettra au plus grand nombre d’amateurs de foot de suivre les matchs sans devoir faire une nuit blanche ni se réveiller tôt comme pour le décalage horaire. En version Maroc, la coupe du monde permettra de visionner quatre matchs pendant la tranche horaire située entre 14 h et 20 h contre 1 à 4 matchs en Amérique selon les fuseaux horaires.

Onze villes ont été sélectionnées pour accueillir les matchs: Marrakech, Rabat, El Jadida, Agadir, Tanger, Tétouan, Nador, Oujda, Fès, Meknès et Ouarzazate. Des villes dotées d’un aéroport situé entre 2 km (Ouarzazate) et 111 km (El Jadida) des centres-villes. Les aéroports ont jusqu’à 5 liaisons quotidiennes avec la métropole économique.

Le Maroc est connecté à 52 pays et 11 villes, notamment à travers le hub de Casablanca. Grâce à ses multiples partenariats (United Airlines, Iberia, Latam Airlines, Turkish Airlines, Emirates..), le Royaume peut être relié à 170 pays à travers le monde en une seule escale.

Ces atouts pèsent lourd au moment du choix décisif. Les infrastructures aéroportuaires, font remarquer les experts marocains, sont flexibles puisqu’elles peuvent accueillir des vols internationaux en tant que point d’entrée et peuvent accueillir des vols domestiques pendant le vol.

Outre la proximité géographique avec l’Europe, les pays d’Afrique subsaharienne et d’Asie, l’offre marocaine sera adaptée à tous les budgets. Le comité d’organisation est allé jusqu’à donner le détail des conditions de voyage et de séjour dans le Royaume.

A l’heure des comparaisons le Maroc ramasserait logiquement la majorité choix. L’offre marocaine paraît imbattable vue sous divers angles. Examinons celleci jusqu’aubout puisque les organisateurs ont tout prévu:

« Le prix moyen du billet d’avion low cost varie autour de 50 euros selon les villes de départ. D’autres offres pourraient être proposées à l’occasion de la tenue de la coupe du monde. Les fans peuvent même s’offrir un vol en jet privé autour de 4.000 euros. Une formule intéressante pour les personnes qui voyagent en groupe. Les conditions d’hébergement sont également abordables. »

Sans prodigalité ni gâchis

« Les prix dans les maisons d’hôtes et les campings tournent autour de 30 euros, 70 euros dans les hôtels et 500 euros pour un hébergement de luxe. La restauration est également à la portée de toutes les bourses. Les prix démarrent pour un repas traditionnel à partir de 5 euros contre 25 euros pour la cuisine internationale. Les amateurs de gastronomie peuvent s’offrir un repas à 80 euros. »

« A l’intérieur du Royaume, le prix du transport est abordable. Les prix oscillent entre 7 euros pour l’autocar (Casablanca-Fès) et 20 euros par train pour le même tronçon. Les fans du foot peuvent également faire appel à un chauffeur privé pour 160 euros. »

Les détracteurs du royaume cherchent à mettre en avant son incapacité supposé à s’adapter avec le format de la coupe du monde 2026 qui connaîtra un changement fondamental. En effet, la compétition sera élargie à 48 pays, répartis en 16 groupes de 3 équipes. Ce qui suppose plus de moyens en termes de budget, d’infrastructures, de stades…

Le Maroc devrait convaincre avant le vote de l’été qu’il est en mesure de faire autant que les autres pays en matière d’organisation de grandes compétitions sportives internationales. Qu’il dispose en nombre suffisant de compétences expérimentés et aguerris qu’il recruterait le cas échéant pour parachever les insuffisances.

Ainsi, nous annonce-t-on, des stades prévus seront des modèles flexibles en fonction de la taille de la coupe du monde et de leur vocation future d’après-la coupe du monde. Car, il n’est pas permis de jeter son argent par la fenêtre. Le football n’est plus synonyme de prodigalité et de gâchis. Certains stades déjà existants seront mis à niveau pour être conformes aux standards de la compétition. La bonne gouvernance primera partout dans cette fête planétaire.

La responsabilité écologique

Si l’image de l’Amérique est associée à Trump et son scepticisme climatique, le Maroc est synonyme d’une image de pays respectueux du climat. Aussi, chaque stade sera doté d’une énergie 100% renouvelable. L’aspect écologique et respect des travailleurs fait partie des arguments qui seront défendus lors de sa campagne. La dimension écologique sera également au cœur de l’argumentaire marocain: 2,3 tonnes de CO2 contre 2,7 tonnes au Brésil en 2014 et 2,8 tonnes en Afrique du Sud en 2010.

La maîtrise des gaz à effet de serre est possible grâce à la courte distance entre les villes hôtes, entre le Maroc et l’Europe, principal émetteur de fans voyageant au cours d’une coupe du monde. Ce qui induit des vols de 2 à 4 heures.

Enfin, il faudrait avouer que le nouveau mode de vote adopté par la FIFA est favorable au Maroc. Après avoir été souillé par une série de scandales de corruption, la FIFA a décidé de changer le mode de vote pour plus de transparence. Sur la base des rapports des pays candidats, le Conseil de la Fédération sélectionnera les dossiers qui remplissent les conditions pour les soumettre au vote du Congrès. La procédure de sélection sera soumise à une société d’audit indépendante nommée par la FIFA.

Chacune des 211 associations membres du Congrès de la FIFA participera au vote final. Dans le schéma pr écédent, seuls 13 membres du comité avaient ce privilège. D’où des suspicions de collusion comme celles ayant entaché la désignation du Qatar pour l’organisation de la coupe du monde de 2022.

Le président de la Confédération africaine de foot, Ahmad Ahmad, a déjà pris position pour le Maroc. D’autres fédérations pourraient suivre sa trace. Ce qui confère déjà à la candidature du Royaume de la consistance par rapport à la candidature nord-américaine.

Par ailleurs, les dérapages commis, ces derniers temps, par l’administration américaine inspire un sentiment hostile à l’égard des États-Unis. Les nombreuses prises de position du président Donald Trump contre certains pays, notamment d’Afrique et arabes, ne sont pas pour améliorer la réputation du pays de l’oncle Sam. Tout celà se vérifiera le13 juin lors du 68e congrès de la FIFA qui décidera de retenir ou non l’une des candidatures.

Par Sanae El Amrani


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