Le Maroc d’aujourd’hui
À l’occasion de la 27ᵉ Fête du Trône, le Maroc consolide ses positions diplomatiques, accélère ses grands projets, renforce son appareil productif et poursuit les réformes engagées sous l’impulsion de SM le Roi Mohammed VI. Un Royaume qui prépare les prochaines décennies en s’appuyant sur une vision de long terme.

Par Sanae El Amrani
La 27ᵉ Fête du Trône s’inscrit dans une période qui a conforté la place du Maroc sur les scènes régionale et internationale. Au Conseil de sécurité des Nations unies, l’adoption de la résolution 2797 a confirmé les paramètres du processus politique, réaffirmé la prééminence de l’Initiative marocaine d’autonomie et conforté la dynamique de soutien dont bénéficie le Royaume autour de son intégrité territoriale. Cette évolution s’est accompagnée du renforcement de plusieurs partenariats stratégiques et d’une présence marocaine de plus en plus active dans les grands dossiers régionaux et internationaux.
Le positionnement international du Maroc s’appuie également sur une diplomatie qui associe les relations politiques, les partenariats économiques et les grandes infrastructures de connexion. L’Initiative Royale pour l’Atlantique, l’ouverture proposée aux pays du Sahel, le Gazoduc Afrique Atlantique, le développement des ports de Dakhla Atlantique et de Nador West Med ainsi que les interconnexions énergétiques traduisent une stratégie fondée sur l’intégration régionale, la connectivité et la création d’intérêts économiques partagés. Cette orientation accompagne la diversification des relations du Royaume avec l’Europe, les États-Unis, l’Afrique, le monde arabe et plusieurs partenaires asiatiques.
Cette période a également confirmé la capacité du Royaume à organiser des événements de premier plan. Le succès de la Coupe d’Afrique des Nations 2025 a mis en évidence la qualité des infrastructures, la mobilisation des compétences nationales et l’efficacité de la coordination entre les différents acteurs mobilisés pour accueillir la compétition. Cette réussite constitue un socle solide pour la préparation de la Coupe du monde 2030, qui mobilise déjà des investissements majeurs dans les transports, les équipements sportifs, les aéroports, les villes et les infrastructures touristiques.
Ces avancées traduisent une convergence entre les choix diplomatiques, les investissements publics, le développement industriel et les politiques sociales conduites depuis plusieurs années. Elles contribuent à renforcer la compétitivité du Royaume, son attractivité auprès des investisseurs et sa capacité à accompagner les grandes mutations économiques, énergétiques et territoriales.
Après 27 années de règne, cette continuité demeure l’une des caractéristiques de l’action conduite sous l’impulsion de Sa Majesté le Roi Mohammed VI. Les évolutions enregistrées au cours des derniers mois illustrent une politique inscrite dans la durée, dont les effets se reflètent aujourd’hui dans le positionnement international du Maroc, dans ses capacités d’organisation et dans les projets qui accompagneront son développement au cours de la prochaine décennie.
Sahara : une dynamique consolidée
Au cours des 12 derniers mois, le dossier du Sahara a enregistré plusieurs développements qui confortent la position du Maroc sur la scène internationale. Les évolutions enregistrées au sein des Nations unies, la consolidation des soutiens au plan marocain d’autonomie et la poursuite du développement des provinces du Sud témoignent d’une stratégie qui produit des résultats sur les plans diplomatique, économique et territorial. Cette dynamique s’inscrit dans la continuité de la Vision portée par SM le Roi Mohammed VI, fondée sur la défense de l’intégrité territoriale du Royaume, le développement des provinces du Sud et leur affirmation comme espace de coopération, d’investissement et d’ouverture sur l’Afrique et l’Atlantique.
Plusieurs décisions et positions officielles sont venues consolider cette trajectoire. L’adoption de la résolution 2797 par le Conseil de sécurité des Nations unies, la poursuite du renforcement des appuis internationaux au plan marocain d’autonomie et l’accélération des projets structurants dans les provinces du Sud ont constitué les principaux faits marquants de cette période. Ensemble, ces évolutions confortent la position défendue par le Royaume et accompagnent la montée en puissance des provinces du Sud comme espace d’investissement, de développement et de coopération régionale.

L’adoption, le 31 octobre 2025, de la résolution 2797 par le Conseil de sécurité des Nations unies constitue l’un des principaux développements diplomatiques enregistrés sur la question du Sahara au cours des 12 derniers mois. Adoptée par 11 voix pour et 3 abstentions, la résolution proroge le mandat de la MINURSO jusqu’au 31 octobre 2026 et renouvelle l’appui du Conseil de sécurité aux efforts du Secrétaire général des Nations unies et de son Envoyé personnel, Staffan de Mistura, pour faire progresser le processus politique. Elle réaffirme la recherche d’une solution politique réaliste, pragmatique, durable et fondée sur le compromis, dans le cadre des Nations unies.
Pour le Maroc, cette résolution s’inscrit dans la continuité d’une évolution engagée depuis plusieurs années au sein du Conseil de sécurité. Dans son communiqué officiel, le ministère des Affaires étrangères, de la Coopération africaine et des Marocains résidant à l’étranger souligne que le texte confirme la place centrale de l’Initiative marocaine d’autonomie, présentée par le Royaume en 2007, dans la recherche d’une solution politique au différend régional. Le ministère relève également que la résolution consolide les paramètres définis par le Conseil de sécurité au fil de ses résolutions successives, réaffirme la responsabilité des parties concernées dans la poursuite du processus politique et s’inscrit dans une dynamique marquée par le renforcement du soutien international à l’initiative marocaine.
Au-delà du renouvellement annuel du mandat de la MINURSO, le vote intervenu au Conseil de sécurité confirme la continuité de l’approche retenue par les Nations unies. Depuis plusieurs années, les résolutions successives privilégient une solution politique réaliste, pragmatique et durable fondée sur le compromis. Elles accordent également une place constante à l’Initiative marocaine d’autonomie dans le cadre du processus politique conduit sous l’égide des Nations unies. Cette orientation accompagne l’élargissement progressif des soutiens internationaux exprimés en faveur de la proposition marocaine et consolide la position défendue par le Royaume sur la scène diplomatique.
La dynamique observée au sein des Nations unies s’est accompagnée, au cours de cette période, de la poursuite du renforcement des soutiens internationaux à la position du Maroc. Plusieurs États ont réaffirmé leur appui à l’Initiative marocaine d’autonomie dans leurs échanges avec Rabat, tandis que de nouveaux partenariats stratégiques ont intégré cette question dans une vision plus large de coopération politique, économique et sécuritaire. Cette évolution traduit une convergence croissante entre le développement des relations bilatérales avec le Royaume et la reconnaissance de l’initiative marocaine comme cadre de référence pour le règlement du différend régional.
Cette dynamique s’inscrit dans un mouvement engagé depuis plusieurs années. Les États-Unis maintiennent leur reconnaissance de la souveraineté du Maroc sur son Sahara. La France considère le présent et l’avenir du Sahara comme s’inscrivant dans le cadre de la souveraineté marocaine et soutient le plan d’autonomie comme la seule base permettant d’aboutir à une solution politique durable. L’Allemagne continue de qualifier l’Initiative marocaine d’autonomie de contribution sérieuse et crédible au processus politique conduit sous l’égide des Nations unies. L’Espagne réaffirme, pour sa part, que cette initiative constitue la base la plus sérieuse, réaliste et crédible pour le règlement de ce différend régional. La continuité de ces positions contribue à consolider l’environnement diplomatique dans lequel évolue le dossier du Sahara.
Au-delà des prises de position politiques, cette évolution se traduit également par l’approfondissement des relations économiques avec plusieurs partenaires. Les provinces du Sud occupent désormais une place croissante dans les échanges consacrés aux investissements, aux infrastructures, aux énergies renouvelables, à la logistique et à l’ouverture sur l’Atlantique. Cette réalité accompagne les orientations définies par SM le Roi Mohammed VI pour faire de cette région un espace de développement intégré, tourné vers l’Afrique et les échanges internationaux.
Cette évolution diplomatique trouve un prolongement concret dans les provinces du Sud. Depuis le lancement du nouveau modèle de développement de ces régions en 2015, les investissements publics ont profondément transformé les infrastructures, les équipements et l’attractivité économique de Laâyoune, Dakhla, Boujdour et des autres villes concernées. Les programmes engagés couvrent les réseaux routiers, les infrastructures portuaires et aéroportuaires, l’accès à l’eau et à l’électricité, les établissements de santé, les universités ainsi que les équipements culturels et sportifs. Cette politique d’investissement accompagne la croissance économique de ces territoires et renforce leur rôle dans les échanges entre le Maroc, l’Afrique de l’Ouest et l’espace atlantique.

Parmi les projets les plus structurants figure le port Dakhla Atlantique, dont les travaux se poursuivent. Conçu comme une plateforme portuaire de nouvelle génération, ce projet doit renforcer la compétitivité logistique du Royaume, accompagner le développement des filières de la pêche, de l’industrie et du commerce, et soutenir les échanges avec les pays africains riverains de l’océan Atlantique. Il s’inscrit dans une stratégie plus large de valorisation de la façade atlantique marocaine, appelée à jouer un rôle croissant dans les échanges régionaux et internationaux.
Les investissements engagés favorisent également le développement de nouvelles activités dans les domaines des énergies renouvelables, de la pêche, de la logistique, du tourisme, des services et de l’économie bleue. Cette diversification renforce l’attractivité économique des provinces du Sud et accompagne leur montée en puissance comme nouveaux pôles de croissance du Royaume.
Cette dynamique s’inscrit dans la Vision portée par SM le Roi Mohammed VI en faveur de l’ouverture atlantique du continent. L’Initiative Royale destinée à favoriser l’accès des États du Sahel à l’océan Atlantique propose un cadre de coopération fondé sur la mise en réseau des infrastructures routières, ferroviaires et portuaires du Royaume afin de faciliter les échanges commerciaux, les investissements et la connectivité régionale.
Elle est complétée par le Gazoduc Afrique Atlantique, destiné à relier le Nigeria au Maroc à travers plusieurs pays d’Afrique de l’Ouest. Au-delà de sa dimension énergétique, ce projet participe à la structuration d’un espace économique régional plus intégré et renforce le rôle du Royaume comme plateforme de connexion entre l’Afrique de l’Ouest, le Sahel, l’Europe et les marchés internationaux.
Cette orientation s’accompagne d’un dialogue renforcé entre les États africains atlantiques. La 7ᵉ réunion ministérielle du Processus des États africains atlantiques, organisée à Cotonou en juillet 2026 sous la coprésidence du Maroc et du Bénin, a confirmé la volonté commune de renforcer la coopération dans les domaines de la sécurité maritime, de la connectivité, de l’économie bleue, de la transition énergétique et de la protection de l’environnement marin.
L’ensemble de ces évolutions confirme la cohérence de la stratégie conduite par le Royaume sur la question du Sahara. Les avancées diplomatiques enregistrées, la transformation des provinces du Sud et les initiatives portées par SM le Roi Mohammed VI participent d’une même vision, qui consolide la position du Maroc et renforce le rôle des provinces du Sud comme espace stratégique de développement, de coopération africaine et d’ouverture sur l’espace atlantique.
Maroc–France : le partenariat en action
Les relations entre le Maroc et la France sont entrées dans une nouvelle phase, marquée par la mise en œuvre des engagements arrêtés au plus haut niveau de l’État. La visite d’État du président Emmanuel Macron au Maroc en octobre 2024, conclue par la signature avec SM le Roi Mohammed VI de la Déclaration relative au Partenariat d’exception renforcé, a ouvert un nouveau cycle de coopération fondé sur une vision stratégique de long terme. La 15e Réunion de Haut Niveau, organisée à Rabat le 16 juillet 2026, a marqué une nouvelle étape en transformant les orientations politiques en programmes d’action, en mécanismes de financement et en projets opérationnels. 14 accords et conventions ont ainsi été signés dans des domaines aussi variés que les infrastructures, l’eau, la recherche, l’enseignement supérieur, la culture, la transition énergétique, la gouvernance publique et l’innovation, traduisant la volonté des deux pays de donner une dimension concrète à leur partenariat.

Ce partenariat s’inscrit dans une politique plus large de diversification des relations internationales du Royaume, qui renforce simultanément sa coopération avec ses partenaires africains, européens, américains, arabes et asiatiques.
Au-delà des accords sectoriels, le partenariat franco-marocain s’inscrit désormais dans une logique de co-investissement et de co-production. Les deux pays privilégient des projets associant financement, innovation, développement industriel, formation des compétences et création de valeur, avec l’objectif d’accompagner la transformation économique du Royaume tout en renforçant la compétitivité des entreprises des deux rives.
Le Royaume poursuit parallèlement de grands chantiers de transformation économique et sociale sous l’impulsion de SM le Roi Mohammed VI. Les investissements engagés dans les infrastructures de transport, la transition énergétique, l’industrie, la gestion des ressources hydriques et la modernisation des services publics ouvrent de nouvelles perspectives aux entreprises et aux institutions françaises, tout en répondant aux priorités nationales du Maroc. Cette convergence d’intérêts favorise l’émergence d’une coopération davantage orientée vers le co-développement, le transfert de technologies, la formation des compétences et la création de valeur sur le territoire marocain.
Le secteur des transports illustre cette évolution. L’extension de la Ligne à Grande Vitesse entre Kénitra et Marrakech, appelée à renforcer l’axe structurant du réseau ferroviaire national à l’approche de la Coupe du monde 2030, mobilise l’expertise de plusieurs groupes français aux côtés de l’Office National des Chemins de Fer. Alstom poursuit la fourniture d’équipements ferroviaires et de solutions de signalisation, tandis qu’Egis intervient dans l’ingénierie et l’assistance technique sur plusieurs projets de mobilité. Cette coopération dépasse la seule réalisation d’infrastructures puisqu’elle favorise également le développement d’un écosystème industriel local, la formation des ressources humaines et l’intégration progressive de compétences marocaines dans les métiers ferroviaires. Elle accompagne également l’émergence d’une filière ferroviaire marocaine appelée à renforcer progressivement les capacités industrielles nationales dans les métiers du rail.
La coopération s’étend également aux projets de mobilité urbaine, de connectivité territoriale et de modernisation des infrastructures. Les échanges engagés entre les deux gouvernements accompagnent notamment le développement du Réseau Express Régional de Rabat, l’amélioration des réseaux de transport, l’ingénierie des grands ouvrages et le renforcement des capacités techniques des établissements publics. L’objectif est d’améliorer la mobilité des citoyens, de soutenir l’attractivité économique des territoires et d’accompagner les investissements liés aux grands événements internationaux que le Royaume accueillera au cours des prochaines années.

Le financement constitue un autre pilier de cette coopération renouvelée. Présente au Maroc depuis plus de trois décennies, l’Agence française de développement (AFD) a accompagné plusieurs centaines de projets dans des secteurs aussi divers que les transports, l’eau, l’assainissement, les collectivités territoriales, l’éducation, la santé, la transition écologique et l’inclusion sociale. Son engagement cumulé représente aujourd’hui plusieurs milliards d’euros d’investissements, faisant du Maroc l’un de ses principaux partenaires dans la région. Au-delà de son soutien financier, l’AFD apporte également une expertise technique qui accompagne la conception, le suivi et l’évaluation des politiques publiques ainsi que le partage d’expériences entre les institutions des deux pays.
La coopération franco-marocaine accompagne également les grands défis liés à la sécurité hydrique et à la transition énergétique. Face à la succession des années de sécheresse, les deux pays renforcent leur collaboration dans les domaines de la gestion intégrée des ressources en eau, de la modernisation des infrastructures hydrauliques, du dessalement de l’eau de mer, de la réutilisation des eaux usées traitées et de l’amélioration de la gouvernance du secteur. Une convention de financement conclue avec l’AFD vient soutenir la mise en œuvre de la politique nationale de l’eau, tandis que le partenariat entre le Laboratoire public d’essais et d’études (LPEE) et le Centre d’études et d’expertise sur les risques, l’environnement, la mobilité et l’aménagement (CEREMA) renforce la coopération technique dans les domaines des infrastructures hydrauliques, portuaires et maritimes.
Cette dynamique se prolonge dans les domaines de l’énergie, de l’industrie et de l’innovation, devenus des axes structurants du partenariat entre Rabat et Paris. Les deux pays renforcent leur coopération dans les énergies renouvelables, l’efficacité énergétique, la décarbonation industrielle et le développement de la filière de l’hydrogène vert, en cohérence avec les objectifs du Maroc de porter la part des énergies renouvelables à plus de 52 % de sa capacité électrique installée à l’horizon 2030. Les partenariats associant les institutions marocaines, notamment l’Agence marocaine pour l’énergie durable (MASEN), les opérateurs publics et les entreprises françaises ouvrent la voie à de nouveaux investissements dans les technologies propres et les solutions industrielles à faible empreinte carbone.
L’innovation et la recherche occupent également une place croissante dans cette coopération. L’accord-cadre signé entre le Centre de coopération internationale en recherche agronomique pour le développement (CIRAD) et l’Institut Agronomique et Vétérinaire Hassan II (IAV Hassan II) vient renforcer les travaux communs dans les domaines de l’agriculture durable, de la sécurité alimentaire, des productions végétales et animales, des ressources halieutiques et de l’adaptation au changement climatique. Cette dynamique s’appuie également sur les collaborations développées entre l’Université Mohammed VI Polytechnique (UM6P), les universités marocaines et plusieurs établissements français, contribuant à accélérer les échanges scientifiques, la formation des chercheurs et le transfert de technologies. Cette coopération scientifique contribue également à renforcer les capacités nationales de recherche, d’innovation et de transfert de technologies dans plusieurs secteurs stratégiques pour la compétitivité du Royaume.
La présence économique française illustre la profondeur des relations entre les deux pays. La France demeure l’un des premiers investisseurs étrangers au Maroc et l’un de ses principaux partenaires commerciaux. Plus de 1 000 entreprises françaises sont implantées dans le Royaume, générant des dizaines de milliers d’emplois dans des secteurs tels que l’automobile, l’aéronautique, les services, les télécommunications, la banque, les infrastructures et l’industrie. Des groupes comme Renault, Stellantis, Safran, Airbus, Alstom, Thales, Orange, Veolia ou encore EDF participent au développement de filières industrielles à forte valeur ajoutée et accompagnent la montée en compétence de l’écosystème économique marocain.

Au-delà des enjeux économiques, la relation franco-marocaine repose également sur une coopération étroite dans les domaines de la sécurité, du renseignement, de la lutte contre le terrorisme, de la cybersécurité et de la criminalité transnationale. Les échanges réguliers entre les services compétents des deux pays, ainsi que le dialogue permanent entre les institutions civiles et militaires, contribuent à la stabilité de l’espace euro-méditerranéen et du continent africain. Cette concertation s’étend également aux questions migratoires, à la sécurité maritime et aux défis régionaux, notamment dans la région du Sahel.
Les liens humains demeurent enfin l’un des principaux fondements de ce partenariat. La coopération universitaire, scientifique et culturelle favorise chaque année la mobilité de plusieurs dizaines de milliers d’étudiants marocains vers les établissements français, tandis que les partenariats entre universités, centres de recherche, institutions culturelles et acteurs de la société civile enrichissent les échanges entre les deux pays. Cette proximité, nourrie par une histoire commune et des intérêts convergents, confère à la relation franco-marocaine une dimension singulière qui dépasse le seul cadre institutionnel.
Les engagements conclus depuis 2024 ouvrent de nouvelles perspectives dans des secteurs stratégiques pour les deux pays et accompagnent les ambitions du Royaume en matière de compétitivité, de souveraineté industrielle, de transition écologique et de rayonnement international. En consolidant leur partenariat autour de projets concrets, le Maroc et la France renforcent une coopération appelée à accompagner durablement les grandes transformations engagées par le Royaume sous l’impulsion de SM le Roi Mohammed VI.
CAN 2025 et Mondial 2030 : un accélérateur de développement
Le Maroc fait du sport un moteur de transformation économique, territoriale et diplomatique. L’organisation de la Coupe d’Afrique des Nations 2025, suivie de la Coupe du Monde de la FIFA 2030 coorganisée avec l’Espagne et le Portugal, accompagne les grandes ambitions du Royaume sous l’impulsion de SM le Roi Mohammed VI. Ces deux rendez-vous internationaux s’inscrivent dans une stratégie de développement qui associe les enjeux sportifs aux ambitions économiques, territoriales et diplomatiques du Royaume. Ils renforcent l’attractivité du Maroc, stimulent les investissements, soutiennent l’emploi et confortent son positionnement comme plateforme régionale ouverte sur l’Afrique, l’Europe et le monde arabe.

L’organisation de la CAN 2025 confirme la capacité du Royaume à accueillir les plus grandes compétitions internationales dans le respect des standards les plus exigeants. Elle s’inscrit dans la continuité des succès enregistrés par le football marocain au cours des dernières années, qu’il s’agisse des performances des sélections nationales, du développement du football féminin ou de la montée en puissance de la Fédération Royale Marocaine de Football. Cette dynamique a renforcé la crédibilité du Maroc auprès des instances sportives internationales et contribué à l’attribution de la Coupe du Monde 2030.
La CAN 2025 constitue également un test grandeur nature pour les dispositifs qui seront mobilisés lors de la Coupe du Monde 2030. L’organisation des villes hôtes, la mobilité, la sécurité, l’accueil des délégations et des supporters ainsi que la coordination des services publics permettent au Royaume de renforcer son expérience dans la conduite de grands événements internationaux.
Le tourisme figure parmi les premiers bénéficiaires de cette dynamique. En 2025, le Maroc a accueilli près de 20 millions de visiteurs, un niveau historique qui conforte sa position de première destination touristique du continent africain. Les recettes de voyage ont atteint environ 138 milliards de dirhams, en progression par rapport à l’année précédente, tandis que le secteur représente près de 7 % du produit intérieur brut et fait vivre directement ou indirectement près de 2 millions de personnes. La CAN 2025 et le Mondial 2030 peuvent prolonger cette dynamique, accroître la visibilité internationale de la destination Maroc et accompagner la montée en gamme de l’offre touristique.
Les investissements liés à ces compétitions concernent également les secteurs du bâtiment, des travaux publics, de l’hôtellerie, de la restauration, des transports, du commerce, des services, du numérique, de la sécurité et de l’événementiel. L’organisation de ces événements favorise également la création d’emplois, le développement de nouvelles compétences et l’émergence d’opportunités pour les entreprises marocaines, en particulier les petites et moyennes entreprises appelées à intervenir dans les chaînes de valeur liées à ces manifestations internationales.
La Coupe du Monde 2030 donne également un contenu opérationnel à la coopération entre le Maroc, l’Espagne et le Portugal. La coordination engagée entre les trois pays porte sur les infrastructures, les transports, la sécurité, l’accueil des supporters, la mobilité et la promotion internationale de la compétition. Cette coordination favorise également de nouvelles coopérations dans le tourisme, les services, l’innovation et la formation, tout en renforçant le rôle du Royaume comme passerelle entre l’Europe et l’Afrique.
Cette dynamique s’accompagne d’un effet d’entraînement durable sur l’économie nationale. L’amélioration de la qualité des services, la professionnalisation des métiers liés au sport, au tourisme et à l’événementiel, ainsi que le renforcement de la visibilité internationale du Royaume contribuent à attirer de nouveaux investisseurs et à développer des secteurs à forte valeur ajoutée. Les grands événements sportifs deviennent ainsi un catalyseur de compétitivité et d’attractivité.
L’héritage de la CAN 2025 et de la Coupe du Monde 2030 reposera sur la capacité du Royaume à inscrire ces investissements dans la durée, à améliorer les services, à renforcer les compétences nationales et à prolonger les retombées économiques, touristiques et territoriales après les compétitions. Dans cette perspective, ces deux rendez-vous internationaux s’inscrivent pleinement dans la vision de développement portée par le Royaume et contribuent à renforcer son rayonnement régional et international.
Les grands projets structurants
Sous l’impulsion de SM le Roi Mohammed VI, le Maroc poursuit l’un des programmes d’investissement public les plus ambitieux de son histoire. Les grands chantiers engagés dans les domaines des transports, des infrastructures portuaires, de l’eau, de l’énergie, de la logistique et du développement territorial répondent à une vision de long terme visant à renforcer la compétitivité du Royaume, à améliorer la qualité de vie des citoyens et à consolider son rôle de plateforme stratégique entre l’Europe, l’Afrique et le bassin atlantique. L’année 2026 marque une accélération de cette dynamique, avec des investissements publics qui se traduisent par des réalisations concrètes sur l’ensemble du territoire.
Le ferroviaire constitue l’un des piliers de cette transformation. Après le succès d’Al Boraq entre Tanger et Kénitra, le Royaume a engagé l’extension de la Ligne à Grande Vitesse jusqu’à Marrakech, première étape d’un corridor appelé à relier, à terme, les principales métropoles de l’axe atlantique. Ce projet représente un investissement d’environ 53 milliards de dirhams. Intégré à un programme national de modernisation ferroviaire comprenant l’acquisition de 168 nouveaux trains, le développement des Réseaux Express Régionaux de Casablanca, Rabat et Marrakech ainsi que la modernisation du réseau classique, l’effort global atteint près de 96 milliards de dirhams. À terme, le temps de parcours entre Tanger et Marrakech sera ramené à environ 2 h 45, renforçant la mobilité des voyageurs, la compétitivité économique et l’intégration territoriale.

Cette modernisation s’accompagne d’une profonde transformation des infrastructures aéroportuaires. L’Office National des Aéroports déploie sa stratégie « Aéroports 2030 », destinée à accroître la capacité d’accueil des principales plateformes du Royaume, notamment Casablanca Mohammed V, Rabat-Salé, Marrakech-Ménara, Agadir Al Massira et Tanger Ibn Battouta. L’extension du terminal de Casablanca, appelé à devenir un hub international de référence, s’inscrit dans une vision visant à accompagner la croissance du trafic aérien, à renforcer la connectivité du Maroc avec les principaux marchés mondiaux et à soutenir les ambitions touristiques et économiques du Royaume.
Le développement portuaire constitue un autre axe majeur de la Vision Royale. Après l’affirmation de Tanger Med comme première plateforme portuaire de la Méditerranée et de l’Afrique, le Maroc prépare la mise en service de Nador West Med, attendue au cours du second semestre 2026. Doté d’un terminal à conteneurs, d’un pôle énergétique et d’une vaste zone industrialo-portuaire, ce complexe renforcera la compétitivité logistique du Royaume et complétera le dispositif national aux côtés de Tanger Med. Sur la façade atlantique, les travaux du port Dakhla Atlantique connaissent une avancée significative. Ce projet stratégique s’inscrit dans l’Initiative Royale pour l’Atlantique et a vocation à faire des provinces du Sud un trait d’union entre le Maroc, les pays du Sahel et les marchés internationaux.
Le réseau routier et autoroutier poursuit également son développement afin d’accompagner cette nouvelle dynamique territoriale. Plusieurs projets structurants sont en cours, notamment l’autoroute Guercif–Nador, destinée à améliorer la desserte du futur complexe de Nador West Med, ainsi que la modernisation de plusieurs axes stratégiques reliant les grands pôles économiques du Royaume. Ces investissements renforcent la fluidité des échanges, réduisent les temps de transport et soutiennent le développement des territoires.
La politique des barrages demeure l’un des fondements de la stratégie nationale face au stress hydrique. Dans un contexte marqué par la succession des années de sécheresse, le Royaume poursuit la construction de nouveaux barrages, le renforcement des interconnexions hydrauliques, le développement des stations de dessalement de l’eau de mer et l’extension des réseaux de réutilisation des eaux usées traitées. Ces investissements accompagnent la sécurisation de l’approvisionnement en eau potable, le soutien à l’agriculture, la résilience des territoires et l’adaptation aux effets du changement climatique.
L’ensemble de ces projets traduit une même logique : préparer le Maroc des prochaines décennies. En développant simultanément les infrastructures ferroviaires, portuaires, aéroportuaires, routières et hydrauliques, le Royaume renforce les conditions d’une croissance durable, améliore son attractivité auprès des investisseurs internationaux et consolide sa position comme hub régional des échanges, de la logistique et des services. Cette dynamique s’inscrit dans la Vision portée par SM le Roi Mohammed VI, où les infrastructures constituent un levier de souveraineté, de compétitivité, de cohésion territoriale et de rayonnement international, au service d’un développement durable et inclusif.
L’économie de la valeur
Les grands projets engagés au cours des dernières années trouvent aujourd’hui leur traduction dans l’économie réelle. Derrière les infrastructures, les plateformes logistiques, les zones industrielles et les investissements stratégiques se construit un appareil productif plus diversifié, davantage tourné vers l’exportation et capable de créer une valeur ajoutée plus importante. Cette évolution accompagne la transformation progressive du modèle économique marocain, désormais fondé sur l’industrie, les services à forte intensité technologique, l’innovation et l’intégration aux chaînes de valeur mondiales.
Cette dynamique se reflète dans les principaux indicateurs économiques. La Banque mondiale estime que le produit intérieur brut du Maroc a progressé de 4,9 % en 2025, soit la meilleure performance enregistrée depuis plus d’une décennie. Cette croissance a été portée par l’accélération des investissements publics, la reprise du secteur agricole et la solidité des fondamentaux macroéconomiques. L’institution prévoit une croissance de 4,2 % en 2026, soutenue par la poursuite des investissements et le renforcement de la demande intérieure, tout en soulignant que la prochaine étape du développement économique reposera sur l’amélioration durable de la productivité.

Cette transformation est déjà visible dans les exportations marocaines. Les ventes de marchandises à l’étranger ont atteint 469,1 milliards de dirhams en 2025, malgré un environnement international marqué par les tensions géopolitiques, le ralentissement de plusieurs économies partenaires et la volatilité des échanges. L’industrie automobile demeure le premier secteur exportateur du Royaume, tandis que l’aéronautique, les phosphates et dérivés, l’agroalimentaire, l’électronique et plusieurs industries manufacturières continuent de renforcer leur contribution à la croissance. Cette diversification réduit progressivement la dépendance à quelques activités traditionnelles et améliore la résilience de l’économie marocaine.
Au-delà des volumes produits, c’est surtout la nature des activités qui évolue. Le Royaume accueille désormais des unités d’ingénierie, de recherche, de conception, de maintenance industrielle et de fabrication de composants à forte valeur ajoutée. Dans l’automobile, la montée en puissance des véhicules électriques, des batteries, du câblage et des équipements électroniques illustre cette évolution. Dans l’aéronautique, le développement des systèmes embarqués, des pièces usinées et des matériaux composites traduit une insertion plus profonde dans les chaînes de production internationales. Le Groupe OCP poursuit, de son côté, sa stratégie de montée en gamme à travers les engrais spécialisés, l’innovation agronomique et les investissements industriels liés à la transition énergétique.
Cette évolution marque un changement de logique. Le Maroc n’attire plus uniquement des usines ; il construit progressivement des écosystèmes complets associant industriels, équipementiers, centres de formation, laboratoires de recherche, plateformes logistiques et réseaux de sous-traitance. Cette intégration renforce la création de valeur locale, améliore le transfert de compétences et favorise l’émergence d’un tissu industriel plus compétitif.
Le rapport de la Banque mondiale met toutefois en évidence le principal défi des prochaines années : la productivité. Si les fondements macroéconomiques sont solides, l’accélération de la croissance dépendra désormais de la capacité des entreprises marocaines à intégrer plus largement les technologies numériques. L’institution souligne qu’environ une entreprise sur cinq fait aujourd’hui un usage intensif des outils numériques avancés. Or, les entreprises les plus engagées dans cette transformation enregistrent des gains de productivité pouvant atteindre 70 %, créent des emplois 10 % plus rapidement et offrent des rémunérations supérieures d’environ 27 %. Selon la Banque mondiale, un rattrapage du niveau d’adoption numérique observé dans des économies comparables pourrait relever la productivité globale du Maroc de 10 à 15 %.
Cette perspective ouvre une nouvelle phase du développement économique national. Après avoir investi dans les infrastructures, consolidé ses filières industrielles et renforcé son attractivité, le Royaume est appelé à accroître la performance de son appareil productif. La diffusion des technologies numériques, l’innovation, la montée en compétences des ressources humaines, le renforcement de la recherche appliquée et une intégration plus forte des entreprises nationales dans les chaînes de valeur constitueront les principaux leviers de cette nouvelle étape.
À l’approche de la Coupe du monde 2030, cette évolution conforte la place du Maroc parmi les économies les plus dynamiques du continent. L’enjeu réside désormais dans la capacité à transformer les investissements réalisés en gains durables de compétitivité, d’innovation, de productivité et d’emploi, afin d’inscrire la trajectoire économique du Royaume dans une dynamique de création de valeur à long terme.
Tourisme : la stratégie d’un leadership durable
Sous l’impulsion de SM le Roi Mohammed VI, le tourisme marocain s’est affirmé comme l’un des piliers de l’économie nationale et de l’attractivité internationale du Royaume. La trajectoire engagée depuis les premières Assises nationales du tourisme, organisées à Marrakech en 2001 sous la présidence effective du Souverain, a installé le secteur dans une politique de long terme associant investissement, infrastructures, promotion internationale, développement territorial et formation. La Vision 2010, le Plan Azur, la Vision 2020 puis la feuille de route 2023-2026 ont progressivement structuré une offre touristique plus diversifiée, renforcé la compétitivité de la destination Maroc et inscrit durablement le tourisme parmi les priorités stratégiques du développement économique et territorial du Royaume.
Les résultats enregistrés en 2025 confirment la solidité de cette orientation. Le Maroc a accueilli près de 20 millions de touristes, contre 17,4 millions en 2024. Les recettes en devises ont atteint 138 milliards de dirhams. Le secteur a également généré 90 000 emplois supplémentaires, portant à près de 900 000 le nombre de professionnels exerçant dans ses différentes branches. La contribution du tourisme s’étend bien au-delà des activités directement liées à l’accueil des visiteurs. Le secteur soutient le développement du transport, de l’hôtellerie, de la restauration, de l’artisanat, des industries culturelles, du commerce et de nombreux services, confirmant son rôle transversal dans la création de valeur, les investissements et l’emploi.

Cette performance a permis au Royaume d’atteindre avec une année d’avance plusieurs objectifs inscrits dans la feuille de route 2023-2026. Adoptée en mars 2023, celle-ci visait 17,5 millions de touristes, 120 milliards de dirhams de recettes en devises et 200 000 emplois supplémentaires à l’horizon 2026. Elle prépare parallèlement l’objectif de 26 millions de visiteurs en 2030 et l’entrée du Maroc parmi les quinze destinations les plus fréquentées au monde. Son architecture repose sur neuf filières touristiques thématiques, cinq filières transversales et six priorités opérationnelles portant sur l’aérien, la promotion, l’animation, l’hébergement, le capital humain et l’amélioration des outils d’observation du secteur.
La progression se poursuit en 2026. À fin mars, le Royaume avait accueilli 4,3 millions de visiteurs, en hausse de 7 % sur un an. Au terme des cinq premiers mois, les arrivées ont atteint 7,7 millions, soit une progression de 7 % par rapport à la même période de 2025. Les nuitées dans les établissements d’hébergement classés ont atteint 14 millions à fin avril, en progression de 9 %. Ces résultats témoignent d’une dynamique qui se poursuit après les performances historiques enregistrées au cours des deux dernières années.
Cette évolution repose également sur un renforcement de la connectivité aérienne. L’ouverture de nouvelles liaisons internationales, l’augmentation des capacités des compagnies aériennes et le développement des infrastructures aéroportuaires accompagnent la montée en puissance de la destination Maroc. Le programme d’investissement de l’Office National des Aéroports prévoit 38 milliards de dirhams entre 2025 et 2030, dont 25 milliards consacrés au développement des infrastructures, avec notamment un nouveau terminal hub et une nouvelle piste à Casablanca Mohammed V ainsi que l’extension des capacités des aéroports de Marrakech, Agadir, Tanger et Fès. Les 13 milliards de dirhams restants sont destinés à la modernisation des installations existantes, à la maintenance et aux acquisitions foncières.
L’offre d’hébergement accompagne cette dynamique. La capacité nationale dépasse désormais 300 000 lits après la création d’environ 45 000 lits au cours des quatre dernières années. Les pouvoirs publics ambitionnent d’ajouter près de 60 000 lits supplémentaires d’ici 2030 afin d’accompagner la progression de la fréquentation touristique, de soutenir la diversification de l’offre d’hébergement et de répondre au développement de nouvelles destinations à travers l’ensemble du Royaume.
La qualité des prestations constitue désormais un axe prioritaire de la stratégie nationale. Depuis mai 2026, les établissements d’hébergement touristique classés sont soumis à un nouveau dispositif d’évaluation reposant sur des visites mystères réalisées dans les conditions réelles d’un séjour. Cette réforme permet d’apprécier la qualité effective des services, de l’accueil et de l’expérience client, en complément des critères techniques de classement.
L’investissement privé accompagne cette dynamique. Le Maroc figure aujourd’hui parmi les destinations les plus attractives d’Afrique pour les investisseurs touristiques. Selon ONU Tourisme, plusieurs milliards de dollars ont été investis au cours de la dernière décennie dans les infrastructures hôtelières et les projets touristiques. La stabilité du Royaume, la diversité de son offre, la richesse de son patrimoine, l’amélioration de sa connectivité et les grands projets d’infrastructures renforcent son attractivité auprès des opérateurs internationaux.
Cette stratégie s’accompagne d’un soutien accru aux entreprises du secteur. Le programme Go Siyaha, doté de 720 millions de dirhams, accompagne les investissements consacrés à l’animation touristique, à la transition écologique et à la transformation numérique. En parallèle, le ministère du Tourisme et la Société marocaine d’ingénierie touristique ont lancé un programme d’incubation destiné aux jeunes entreprises innovantes, notamment dans les domaines de la gastronomie, du gaming et des services numériques appliqués au tourisme. Cette orientation illustre la volonté du Royaume de diversifier son offre touristique, de soutenir l’innovation, d’accompagner l’émergence de nouvelles expériences de voyage et de renforcer durablement la compétitivité de la destination Maroc sur les marchés internationaux.
Industries créatives : un levier économique
Sous l’impulsion de SM le Roi Mohammed VI, la culture s’affirme progressivement comme un levier de développement économique, d’innovation et d’attractivité. Le patrimoine, le cinéma, l’édition, la musique, les arts de la scène, l’artisanat, le design, la mode, l’architecture, le jeu vidéo et la création numérique composent aujourd’hui un ensemble d’activités capables de générer des revenus, des emplois, des entreprises et des exportations. Cette évolution s’inscrit dans une politique publique qui associe création, investissement, formation, innovation et valorisation du patrimoine, tout en favorisant l’émergence de nouvelles filières créatives à fort potentiel économique.
L’étude publiée en 2026 par la Société financière internationale, membre du Groupe de la Banque mondiale, établit pour la première fois une photographie économique détaillée de ces filières au Maroc. En 2023, les industries culturelles et créatives ont généré près de 43 milliards de dirhams de revenus, en intégrant les activités formelles, informelles et associatives. Ce montant représente une progression de 18 % en une année. Les activités formelles ont produit à elles seules environ 34 milliards de dirhams. Le secteur regroupe plus de 9 500 entreprises, soit près de 3 % du tissu entrepreneurial national.

L’emploi constitue l’une de ses principales contributions. Les industries culturelles et créatives ont soutenu plus de 116 000 postes en 2023, dont environ 78 000 emplois formels. Elles représentent près de 1 % de la population active et créent environ 3,7 emplois pour chaque million de dirhams de valeur ajoutée, contre 3,2 dans l’industrie manufacturière. Les femmes occupent 34 % des emplois recensés. Ces indicateurs placent la culture parmi les secteurs présentant un potentiel élevé pour l’insertion professionnelle des jeunes, le travail indépendant, l’entrepreneuriat et le développement des très petites et moyennes entreprises.
Les revenus proviennent principalement du patrimoine et du tourisme culturel, de l’architecture, de la gastronomie, des arts et métiers créatifs, des événements, des festivals et des arts de la scène. Cette composition correspond aux atouts propres au Maroc. Les médinas historiques, les savoir-faire artisanaux, les traditions musicales, les arts décoratifs, la création vestimentaire, les festivals, les musées et les sites patrimoniaux alimentent des chaînes d’activité associant artistes, artisans, techniciens, producteurs, agences, entreprises de services, établissements touristiques et collectivités territoriales.
L’artisanat conserve une place centrale dans cet ensemble. Son évolution associe désormais le geste traditionnel au design, à la commercialisation numérique, aux marques, aux indications géographiques et à la protection des créations. Le tapis, la céramique, le cuir, le bois, la dinanderie, la broderie et le caftan marocain mobilisent des savoir-faire répartis dans plusieurs régions et soutiennent l’activité de milliers d’unités de production. La valorisation économique de ces métiers repose sur la qualité, la traçabilité, l’accès aux marchés internationaux et la capacité des producteurs à développer des collections répondant aux nouveaux usages sans dissocier les créations de leur origine territoriale.
Le cinéma constitue l’une des filières les plus structurées. Le Maroc dispose de décors naturels diversifiés, de studios, de techniciens qualifiés, de sociétés de production et d’un mécanisme d’incitation destiné aux productions étrangères. Les productions nationales et internationales contribuent au développement d’un écosystème mobilisant studios, entreprises techniques, prestataires spécialisés, artisans, professionnels de l’image et services locaux dans plusieurs régions du Royaume. Les tournages mobilisent l’hébergement, le transport, la restauration, la construction de décors, la location de matériel, les effets visuels, les costumes et les prestations techniques. La loi n° 18.23 relative à l’industrie cinématographique et à la réorganisation du Centre cinématographique marocain fournit désormais un cadre rénové aux métiers, aux autorisations, aux sociétés de production, aux studios, aux salles et aux professionnels. Sa mise en œuvre s’est poursuivie en 2026 avec l’adoption des textes réglementaires, la mise en conformité des opérateurs et l’installation des nouvelles commissions professionnelles.
L’année 2026 a également confirmé l’élargissement de la filière vers l’animation et les contenus numériques. Le Centre cinématographique marocain a renforcé la présence du Royaume dans les grands marchés professionnels, notamment à Cannes et au Marché international du film d’animation d’Annecy. Des projets marocains d’animation ont été sélectionnés, tandis que des résidences d’écriture et des programmes de coopération ont été lancés pour accompagner les auteurs, producteurs et réalisateurs. Le rapprochement engagé entre le cinéma et le jeu vidéo ouvre des perspectives communes dans l’écriture, l’animation, la modélisation, les effets spéciaux et la production de contenus interactifs.
Le jeu vidéo figure parmi les filières les plus récentes de cette politique. La troisième édition du Morocco Gaming Expo, organisée à Rabat du 20 au 24 mai 2026, a réuni développeurs, éditeurs, startups, établissements de formation, investisseurs et acteurs internationaux. Quatre accords ont été conclus afin de développer les formations diplômantes, de financer des projets de gamification, d’élargir l’accès aux compétences numériques et d’accompagner les jeunes entreprises. Le programme associant le ministère de la Jeunesse, de la Culture et de la Communication, la Caisse de dépôt et de gestion et la Société marocaine d’ingénierie touristique mobilise 24 millions de dirhams sur 2026 et 2027.

La formation accompagne cette structuration. Le partenariat conclu entre le ministère de la Culture et le ministère de l’Enseignement supérieur prévoit des cursus diplômants spécialisés, la création de Game Labs universitaires et le développement de collaborations avec les incubateurs, les studios et les plateformes de diffusion. Les premières formations ont été engagées dans la région Rabat-Salé-Kénitra, avec une extension programmée à l’échelle nationale à partir de septembre 2026. Un autre accord signé avec Huawei Maroc en avril 2026 porte sur la formation, l’accompagnement des compétences et le développement des industries numériques.
Cette politique s’appuie également sur les institutions culturelles et les équipements répartis dans plusieurs régions. L’Institut supérieur des métiers de l’audiovisuel et du cinéma forme les futurs professionnels de l’image, du son, de la production et de la réalisation. La création annoncée d’une antenne régionale à Dakhla vise à rapprocher ces formations des jeunes des provinces du Sud et à accueillir des étudiants africains. Les musées, théâtres, conservatoires, bibliothèques, sites archéologiques et espaces culturels contribuent parallèlement à la diffusion des œuvres, à la professionnalisation des métiers et à l’animation des territoires.
Le financement reste le principal point de fragilité du secteur. En 2021, les industries culturelles et créatives ont reçu moins de 0,5 % des crédits accordés aux entreprises et environ 3 % des structures recensées avaient accès au financement bancaire. Une grande partie des opérateurs finance donc son activité sur fonds propres, alors que la production d’un film, d’un jeu vidéo, d’une collection, d’un spectacle ou d’un contenu audiovisuel nécessite des dépenses engagées plusieurs mois avant la commercialisation. L’étude de la Société financière internationale recommande des mécanismes adaptés aux actifs immatériels, des garanties, des fonds spécialisés, des dispositifs d’accompagnement et une meilleure préparation financière des entreprises créatives.
La propriété intellectuelle constitue l’autre fondement de cette économie. Une œuvre, une marque, un scénario, un logiciel, un dessin, un modèle, une composition musicale ou un contenu audiovisuel tire sa valeur de sa protection et de son exploitation. Le renforcement des droits d’auteur, la formalisation des contrats, la lutte contre la contrefaçon et la rémunération des créateurs conditionnent la capacité des entreprises marocaines à convertir leurs productions en revenus durables. La transformation numérique rend cette question particulièrement importante pour la musique, l’audiovisuel, l’édition, le gaming et la création diffusée sur les plateformes.
Les industries culturelles et créatives s’imposent progressivement parmi les composantes de l’économie marocaine. L’organisation de leurs filières, le développement des compétences, l’amélioration de l’accès au financement, la protection de la propriété intellectuelle et l’investissement dans les infrastructures culturelles ouvrent de nouvelles perspectives de création de valeur. En consolidant ces différents leviers, le Royaume renforce son économie créative, soutient l’emploi qualifié et valorise un patrimoine matériel et immatériel qui constitue l’un de ses principaux atouts de développement et de rayonnement.
Santé et protection sociale : la réforme en action
Sous l’impulsion de SM le Roi Mohammed VI, la généralisation de la protection sociale et la réforme du système de santé occupent une place centrale dans la transformation sociale du Royaume. L’appel royal de 2020 a fixé l’orientation d’un dispositif progressivement étendu à l’ensemble de la population, associant assurance maladie obligatoire, aides sociales directes, allocations familiales, élargissement des régimes de retraite et protection contre la perte d’emploi. La loi-cadre relative à la protection sociale, adoptée en 2021, a organisé le déploiement de ce chantier selon un calendrier précis et posé les bases de sa gouvernance.
La première étape a porté sur l’élargissement de l’Assurance Maladie Obligatoire. En 2022, les personnes auparavant couvertes par le Régime d’assistance médicale ont été intégrées à l’AMO-Tadamon, financée par l’État pour les ménages remplissant les critères d’éligibilité. Le taux de couverture médicale de base a atteint 88 % de la population en 2024, soit près de 32 millions de personnes, contre 42 % avant le lancement de la généralisation. L’AMO-Tadamon compte à elle seule près de 11 millions de bénéficiaires et d’ayants droit. Le Pacte national pour la santé fixe l’objectif d’une couverture effective de 100 % à l’horizon 2030.

La mise en place de l’aide sociale directe en décembre 2023 a constitué la deuxième grande étape. Son déploiement repose sur le Registre national de la population et le Registre social unifié, devenus les instruments de ciblage des ménages éligibles. Près de 4 millions de foyers, représentant environ 12 millions de personnes, bénéficient aujourd’hui de ces prestations. Après une enveloppe estimée à près de 26 milliards de dirhams en 2025, le financement annuel du programme doit atteindre 29 milliards de dirhams à partir de 2026. L’Agence nationale du soutien social assure progressivement le pilotage de ce dispositif, dans le cadre d’une organisation institutionnelle destinée à renforcer la cohérence, le suivi et l’évaluation des aides.
La généralisation de la couverture médicale s’accompagne d’une réforme de l’offre de soins engagée autour de quatre axes : la gouvernance, la modernisation des établissements, la transformation numérique et le renforcement des ressources humaines. La création des Groupements sanitaires territoriaux vise à organiser l’offre à l’échelle régionale, à coordonner les établissements et à rapprocher les décisions des besoins de chaque territoire. La mise à niveau de 1 600 établissements de soins de santé primaires doit améliorer l’accueil, les équipements, les parcours de soins et la présence médicale dans les zones urbaines et rurales.
Le développement du réseau hospitalier soutient cette organisation territoriale. Les nouveaux Centres hospitaliers universitaires de Tanger, Agadir et Laâyoune ont renforcé la capacité nationale, tandis que les projets de Rabat, Guelmim, Errachidia et Béni Mellal poursuivent l’extension de l’offre universitaire et spécialisée. Ces réalisations doivent représenter plusieurs milliers de lits supplémentaires et favoriser la formation de médecins et de professionnels de santé dans différentes régions. Elles accompagnent une politique qui associe infrastructures hospitalières, facultés de médecine, recherche clinique et maintien des compétences au plus près des populations.
L’année 2026 marque également une nouvelle phase dans la numérisation du secteur. Le programme prévoit la généralisation progressive du dossier médical partagé, le déploiement de la feuille de soins électronique et la mise en œuvre d’un système d’information hospitalier intégré. Ces outils doivent faciliter la circulation sécurisée des données, améliorer la coordination entre les professionnels, réduire les délais administratifs et assurer un meilleur suivi du parcours du patient. Ils contribueront également à rapprocher la gestion de l’Assurance Maladie Obligatoire de l’activité réelle des établissements et des prestataires de soins.
Les ressources humaines constituent une priorité immédiate. Le projet de loi de finances 2026 prévoit 8 000 postes budgétaires pour le ministère de la Santé et de la Protection sociale, l’une des dotations les plus importantes accordées à un département ministériel. Cet effort accompagne l’ouverture de nouveaux établissements, l’augmentation des capacités de formation médicale et paramédicale ainsi que le déploiement régional de l’offre de soins. La répartition des professionnels entre les territoires, la qualité des conditions d’exercice et la fidélisation des compétences détermineront directement l’efficacité des investissements engagés.
Le Pacte national pour la santé fixe plusieurs objectifs mesurables à l’horizon 2030. Il prévoit de ramener la part des dépenses directement supportées par les ménages de 38 % en 2022 à 25 %, d’améliorer l’accès aux consultations prénatales en milieu rural et d’accroître la densité du personnel de santé dans les territoires les moins équipés. Cette trajectoire associe la progression de la couverture assurantielle à la qualité réelle des services, à l’équité entre les régions et à la soutenabilité financière du système.
La santé et la protection sociale forment ainsi deux composantes complémentaires de la politique sociale conduite sous l’impulsion de SM le Roi Mohammed VI. L’assurance maladie, les aides directes, la modernisation des hôpitaux, la transformation numérique et le renforcement des ressources humaines répondent à une même orientation : améliorer l’accès aux services essentiels, sécuriser les parcours de vie et réduire les disparités territoriales. Les réalisations engagées jusqu’en 2026 installent les bases d’un système plus intégré, dont la consolidation reposera sur la qualité des soins, la stabilité du financement et la capacité des institutions à répondre durablement aux besoins des citoyens.

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