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    Par:  

    Taieb Dekkar

  • 26 août 2021  à 18:08
  • Temps de lecture: 5 minutes
  • CHRONIQUESLe Maroc a eu à faire, non pas à une gouvernance civile démocratique, disposant des pleins pouvoirs, mais à l’armée

    Le Maroc a eu à faire, non pas à une gouvernance civile démocratique, disposant des pleins pouvoirs, mais à l’armée

    L’Algérie vient de confirmer aujourd’hui –ce dont nous doutions depuis toujours- qu’elle est un pays replié sur lui-même, comme il l’a toujours été, fermé par rapport à l’extérieur, en situation d’autarcie permanente, ayant une fibre innée et constante pour la discorde, la division et le morcellement du Maghreb.
    La raison fondamentale en est que ce pays, géographiquement voisin, mais en fait distant de nous de plusieurs milliers de kilomètres, sur tous les autres plans,  n’a jamais connu de gouvernance démocratique civile, depuis son indépendance. 
    Les militaires ont confisqué depuis l’indépendance le pouvoir au peuple algérien, éliminé physiquement certains des illustres opposants. La junte s’est toujours arrangée pour fournir au peuple algérien  et aux partenaires étrangers un paravent civil, avec au sommet un militaire ou un ancien maquisard, qui est relevé de ses fonctions le moment venu, dans les règles de l’art, ou éliminé physiquement, comme c’est le cas de Boudiaf, dès que ce dernier tente de prendre son autonomie. 
    L’Erreur fondamentale du dictateur Boumediene, que se refusent d’admettre les algériens, est d’avoir fondé un parti unique, où siégeait  l’armée qui, étant le corps constitué le plus puissant du pays, s’appropriera le pouvoir, accaparé au sommet par un militaire. Il sera difficile aujourd’hui, y compris pour le Hirak, de déloger l’armée de cette position prééminente  dans l’architecture du pouvoir en Algérie. Cette situation renvoie au cas qui a été celui de la Turquie où l‘armée détenait la réalité du pouvoir et était en mesure de limoger un président élu. Ce n’est que le président Erdogan qui amenda la Constitution, pour cantonner les militaires dans les casernes. Mais, malgré tout, on ne peut pas dire que les militaires  turcs ont définitivement  déposé leurs armes.
    Le système instauré par le dictateur Boumediene en Algérie reposait fondamentalement sur la propagande et la démagogie. Certes, le pays ne comptait pas, comme aujourd’hui, 45 millions d’habitants et ses ressources permettaient au régime de financer gratuitement et sans contrepartie, dans certains cas, les besoins du citoyen algérien (prix dérisoires des produits de première nécessité et des prestations sociales, soins gratuits, tarifs dérisoires du transport urbain, logement gratuit etc…mais lorsque la population du pays a triplé, les ressources du sous sol, dont les prix avaient gravement chuté (1989), l’Algérie ne pouvait plus continuer à assurer le financement de toutes ces prestations. Pareil pour L’armée algérienne qui, depuis l’indépendance, s’est toujours appropriée le sommet de la hiérarchie de l’Etat algérien, qui est toujours revenu soit à un militaire en activité soit encore à un ancien maquisard, toujours copté par l’armée. 
    La main mise de l’armée sur l’ensemble des rouages de l’Etat devient ainsi un obstacle à toute transition démocratique dans le pays. Le Hirak « béni », comme dirait le président Tebboune, a pris conscience de cette situation, en clamant « pouvoir civil et non militaire », convaincu qu’aucune avancée démocratique ne sera possible, tant que l’armée ne sera pas rentrée dans les casernes  et abandonné le champ politique aux civils. Les scénarios de la transition, après le limogeage de Bouteflika par l’armée, ont été conçus par le Général Ahmed Gaid Salah, qui rejeta tous les plans de sortie de crise, préconisés par la société civile.
     L’armée qui dirige le pays depuis 60 ans refuse toute concession. 
    Le Maroc avait à faire en conséquence à l’armée algérienne, non pas à un pouvoir civil démocratique, disposant des pleins pouvoirs.
     La prééminence de l’armée a été préjudiciable non seulement au peuple algérien en raison des choix de politique intérieure, dont nous mesurons aujourd’hui les conséquences (parti unique, établissements de monopoles dans tous les secteurs, prohibant la concurrence, gestion défaillante du secteur industriel et hôtelier), mais aussi au Maghreb. Les choix de politique extérieure furent une catastrophe pour l’Algérie, qui ne peut y renoncer sans préjudice grave pour le pays, et pour le Maghreb, avec la création d’une République Sahraouie (sur son territoire).
     Défendre le principe de l’autodétermination ne devrait pas pour autant devenir une action suicidaire pour l’Algérie, qui occasionne outre la dilapidation de plusieurs milliards de dollars, des blessures irréparables à la fraternité maghrébine.

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