Le festival MOCA, une plateforme de réflexion autour de l’évolution des métiers et des industries créatifs

LA VÉRITÉ
Le festival Movement Of Creative Africas (MOCA) se veut un espace de réflexion entre professionnels en vue de faire évoluer les métiers de la culture et mieux investir dans les industries créatives, a affirmé, mercredi à Rabat, le fondateur du MOCA, Alain Bidjeck. Le MOCA, qui fera escale à Rabat du 18 au 20 mai, sous le thème « Pour un Made In Africa Durable », avec une programmation riche et diversifiée autour des industries culturelles sera un espace pour accueillir plusieurs événements dont des conférences à la villa des arts « pour réfléchir, penser entre professionnels pour faire évoluer notre métier, et mieux investir dans les industries créatives », a indiqué M. Bidjeck lors de la conférence de presse tenue à la villa des Arts à Rabat. Le Fondateur du MOCA a souligné que l’idée de la création du festival des Industries Culturelles et Créatives Africaines, qui s’inscrit dans le cadre de la célébration de « Rabat, capitale de la culture africaine », a germé après la participation à la première édition de Visa for Music.
Après six éditions à Paris, « c’était important de revenir au continent, depuis 2022, tout d’abord à Kigali et cette année, dans le cadre de Rabat capitale de la culture africaine, nous sommes heureux d’être invité par CGLU (Cités et Gouvernements locaux Unis d’Afrique) et le Département de la Culture sous le Haut patronage de SM le Roi Mohammed VI, avec le soutien de la ville de Rabat », a-t-il enchainé. Au menu du festival MOCA, figurent plusieurs événements dont des conférences à la villa des arts, et des Masterclass pour les jeunes afin « de mieux comprendre les métiers du spectacle et mieux se comporter sur scène avec des artistes du Stand UP », a-t-il précisé, ajoutant que des concerts sont également prévus avec l’artiste phare Ouenza qui va lancer sa nouvelle mixtape à Rabat en exclusivité au cinéma Renaissance avec la fondation HIBA, avec en première partie une jeune artiste gabonaise Emma. Côté nouvelles technologies, un atelier sur la réalité virtuelle sera également organisé pour faire connaître les métiers du spectacle. « Les jeunes vont mettre leur casques et découvrir plein de métiers (…) une expérience que l’on a lancée à Paris il y a quelques mois et que l’on est heureux de présenter en exclusivité en Afrique durant ce festival ici à Rabat », a-t-il tenu à ajouter.
Des tables rondes seront aussi prévues sur l’impact et l’importance du digital dans la création, avec la participation d’artistes et d’acteurs internationaux représentant des plateformes numériques. Le but étant de faire connaître aux jeunes comment Internet peut les aider à innover et à monétiser leurs créations, a-t-il noté. Même son de cloche chez le secrétaire Général de l’organisation Cités et Gouvernement locaux Unis d’Afrique, Jean Pierre Elong Mbassi qui a souligné que dans le cadre de la célébration de Rabat comme capitale de la culture africaine, « nous avons sollicité un certain nombre d’évènements dont le MOCA qui regroupe les professionnels de la Culture, des arts et des industries créatives » pour réfléchir sur l’avenir, la protection et la promotion de ces métiers qui auront, outre la valeur intellectuel, un impact économique. M. Elong Mbassi a tenu à rappeler que le secteur de la culture représente un marché mondial de 1,1 trillion de dollars et l’Afrique participe, dans ce secteur à hauteur de 1% (99 % de marché échappe à l’Afrique). Or, au minimum 15 % des œuvres qui circulent dans ce marché viennent de l’Afrique (avec 15 pc de potentiel, l’Afrique n’en gagne que 1 pc), a-t-il fait remarquer. « Ce débat se complique davantage avec l’économie des plateformes (spotify, netflix, etc) qui ont la capacité de capter nos acteurs, nos artistes et nos musiciens et jugent votre contribution ou production à l’audience que vous dégagez », a-t-il mis en garde, ajoutant qu’une fois « le taux d’audience baisse, vous serez contraint de modifier ce que vous produisez qui représente votre identité vers une homogénéité des cultures ».
Les professionnels doivent se pencher sur cette problématique dans le cadre du MOCA ainsi que sur la question de la protection des droits d’auteur et leur respect par les villes et collectivités territoriales africaines, a relevé le secrétaire général de CGLUA.
Il aussi tenu à rappeler qu’en 2018 à Marrakech, lors des « Africités », il a été décidé de créer l’évènement « capitale africaine de la culture » pour exprimer le souhait et la volonté de faire de la culture le 4è pilier du développement durable aux côtés des piliers économique, social et environnemental. « Vous remarquez que la culture ne fait pas partie des 17 ODD (…) c’est pour cela que nous insistons que la culture retrouve toute sa place dans les politiques de développement de nos pays et de nos collectivités territoriales”, a-t-il dit, précisant que Rabat a été choisie comme première capitale de la culture. De son côté, le président de la Fondation Nationale des Musées (FNM), Mehdi Qotbi, a relevé que la Fondation « a, par essence même, d’être associée à tout ce qui permet à la culture d’évoluer, de progresser, de construire ces passerelles indestructibles qui sont l’amitié et la fraternité ». « Le meilleur exemple, qui est le plus beau, c’est que Rabat, Ville Lumières et capitale de la culture puisse aujourd’hui battre au cœur de l’Afrique », a-t-il dit . « Et si aujourd’hui nous réussissons soit sur le plan économique ou culturel, c’est grâce au fait que le Maroc soit un exemple dans le monde et en Afrique en particulier », a relevé le président de la FNM.
La ville de Rabat sera, dans le cadre de ce festival, le carrefour, pendant quatre jours, de rencontres et de festivités entre artistes, entrepreneurs et décideurs publics et privés, engagés dans l’évolution des industries culturelles et créatives au Maroc, en Afrique et dans le monde, selon les organisateurs.

Suivez les dernières actualités de Laverite sur Google news