Le CNDH tire la sonnette d’alarme : Le droit au logement bafoué
Tragédie à Fès : 22 morts et 16 blessés dans l'effondrement de deux immeubles résidentiels. Le CNDH met en garde puisque le drame expose une violation directe du droit constitutionnel au logement décent et sécurisé. Le Conseil réclame la publication des résultats de l'enquête judiciaire et l'adoption d'une stratégie nationale de sécurité urbaine.
LA VÉRITÉ
Le Conseil National des Droits de l’Homme (CNDH) a lancé un suivi urgent après l’effondrement tragique de deux immeubles résidentiels. Cet événement dramatique, survenu dans la nuit du 9 au 10 décembre 2025 à Fès, dans le quartier d’Al Massira à Bensouda, a mis en lumière l’urgence d’honorer le droit constitutionnel au logement décent et sûr.
L’ampleur de la catastrophe est sidérante. Vingt-deux vies ont été fauchées et seize personnes ont subi des blessures de gravité diverse. Face à ce drame, le CNDH a immédiatement constitué une équipe régionale pour suivre les circonstances et les conséquences de l’accident.
Manquement grave
Ce n’est pas un accident isolé. La répétition de ces effondrements constitue une violation frontale du droit fondamental au logement décent, tel que défini par les standards internationaux. Le logement, selon le Commentaire général n° 4 des Nations Unies, va bien au-delà du simple abri. Il doit impérativement englober la sécurité structurelle, la qualité des constructions et une protection totale contre tous les dangers.
Le CNDH tire la sonnette d’alarme. L’institution insiste sur la nécessité impérieuse de garantir l’accès des citoyens à un logement digne, en cohérence parfaite avec les engagements internationaux et la Constitution marocaine.
Surtout, le Conseil appelle les autorités à la transparence totale. Il demande la publication immédiate des résultats de l’enquête judiciaire pour établir les responsabilités. Cette démarche est essentielle pour concrétiser le principe de corrélation entre la responsabilité et l’obligation de rendre des comptes.
Stratégie nationale
Les solutions temporaires sont insuffisantes. Le CNDH exhorte les pouvoirs publics à adopter une stratégie nationale globale. Cette feuille de route doit être axée sur la proactivité, une surveillance régulière et sans faille, et le développement d’outils de détection et d’alerte.
Il est impératif d’accélérer l’exécution des programmes de réhabilitation des bâtiments insalubres ou dégradés. Cette urgence concerne en particulier les centres urbains anciens et les quartiers historiques. Les collectivités territoriales doivent s’engager activement et garantir le strict respect des normes de sécurité lors de toute opération de réhabilitation, de démolition ou de relogement.
Sécurité urbaine
La loi doit s’appliquer sans concession. Le Conseil martèle la nécessité d’une application rigoureuse des dispositions du droit de l’urbanisme. Cela implique l’obligation de disposer de permis de construire, assortie d’un contrôle technique strict et d’une exigence de qualité supérieure de la conception architecturale.
Enfin, pour prévenir de nouvelles pertes humaines, la création d’un mécanisme permanent et conjoint d’intervention rapide est réclamée. Cette structure permettrait de réagir avant la survenue des drames, dès le repérage de fissures ou de défauts structurels. Le CNDH rappelle par ailleurs aux citoyens l’importance de coopérer avec les autorités, notamment en signalant les indicateurs de danger ou en adhérant aux programmes de réhabilitation.
Le Conseil réitère son appel en faveur d’une politique publique durable pour le relogement des familles vulnérables. Cette politique doit offrir des alternatives décentes et intégrales, fondées sur l’équité, la dignité humaine et la justice spatiale, allant au-delà des solutions ponctuelles.
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