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Le baril s’enflamme, les marchés vacillent

Après les frappes américaines, l’économie mondiale retient son souffle

Par Fayçal El Amrani


 

L’attaque fulgurante des États-Unis contre trois sites nucléaires en Iran, ordonnée par Donald Trump dans la nuit du 21 au 22 juin, a projeté une onde de tension brutale sur les marchés mondiaux.

Déjà fragilisés par les frappes israéliennes, les cours du pétrole poursuivent leur envolée, attisant les craintes d’un emballement inflationniste mondial.

Les marchés sont entrés en territoire inconnu », résume Mark Spindel, directeur de Potomac River Capital. « L’exposition globale des intérêts américains exacerbe l’incertitude

 

Dans un contexte de guerre commerciale toujours vive et de croissance fragile, cette escalade militaire tombe comme une étincelle sur un baril de poudre économique.

Pétrole : la flambée qui inquiète les banques centrales

Depuis le 10 juin, le Brent a grimpé de 18 %. frôlant les 80 dollars. Le seuil psychologique des 100 dollars le baril n’est plus un fantasme, mais une possibilité imminente si l’Iran met ses menaces à exécution.

 

Or, cette flambée énergétique pourrait saboter les efforts des banques centrales pour contenir l’inflation. La Réserve fédérale, déjà prise dans un bras de fer avec Trump, est en première ligne. Le président américain accuse Jerome Powell d’être «lent», exigeant une baisse des taux. Mais dans l’ironie la plus totale, l’attaque contre l’Iran offre aujourd’hui à la Fed des arguments pour faire exactement l’inverse: maintenir le cap et éviter une relance risquée en pleine tempête pétrolière.

L’Iran promet de riposter : le détroit d’Ormuz dans la ligne de mire

Téhéran ne décolère pas et promet une réponse « à la hauteur de l’agression ». Si les menaces se concrétisent, le détroit d’Ormuz pourrait devenir le point de rupture. Ce corridor maritime stratégique concentre 20 % du gaz naturel liquéfié mondial et une part cruciale des exportations pétrolières du Golfe.

 

Une riposte iranienne, qu’elle cible des bases américaines dans la région ou qu’elle bloque le passage des tankers, pourrait provoquer un choc énergétique global d’une ampleur inédite depuis la guerre du Golfe.

 

Tout dépend désormais de la réaction iranienne dans les heures à venir », avertit Saul Kavonic, analyste chez MST Marquee. « Le marché n’a pas encore intégré le pire scénario

Le gaz, autre victime collatérale

Bien avant l’attaque américaine, le prix du gaz naturel* avait déjà bondi sous l’effet des tensions irano-israéliennes. Aujourd’hui, les risques de blocage d’Ormuz aggravent les craintes, notamment pour l’Europe, qui dépend toujours fortement du gaz importé pour remplir ses réserves avant l’hiver.

 

En Allemagne, les niveaux de stockage n’atteignent que 46 %, un seuil historiquement bas. Même avec la montée en puissance des renouvelables, les centrales à gaz restent essentielles pour combler les pics de demande, notamment en Espagne depuis le grand blackout de février.

Espoir de désescalade ou prélude à une guerre énergétique ?

Malgré l’escalade militaire, certains experts gardent espoir. Jamie Cox, du Harris Financial Group, voit dans cette démonstration de force un levier pour ramener Téhéran à la table des négociations.

L’Iran a perdu l’arme de la dissuasion nucléaire. Son seul chemin vers la survie stratégique pourrait désormais passer par la paix

Mais rien n’est écrit. La semaine qui s’ouvre s’annonce décisive, entre marchés fébriles, diplomaties sous tension et pétrole en surchauffe. Un moment de bascule que redoutent à la fois les stratèges militaires… et les cambistes.


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