Justice : Les Adouls du Maroc annoncent une grève nationale du 2 au 10 mars
Secteur de la Justice : Pourquoi les Adouls du Royaume gèlent leurs services dès le 2 mars
LA VÉRITÉ
Le climat social au sein de la famille judiciaire marocaine s’assombrit considérablement à l’approche du mois de mars. Le Conseil National des Adouls vient d’officialiser un débrayage national d’une ampleur inédite, prévu du 2 au 10 mars 2026. Cette décision, qui fait suite à un premier mouvement de protestation réussi les 18 et 19 février derniers, marque une rupture profonde entre les auxiliaires de justice et le ministère de tutelle.
Au cœur de ce conflit se trouve le projet de loi 16.22, texte régissant la profession, que les Adouls jugent inadapté et, surtout, élaboré sans une concertation réelle avec les représentants du secteur. Pour ces officiers publics, la version actuelle de la loi fait fi de leurs amendements et des attentes d’une profession en quête de modernisation et de reconnaissance de ses spécificités.
L’enjeu de cette grève de neuf jours dépasse le simple cadre d’une revendication corporatiste. En suspendant l’intégralité de leurs services professionnels, les Adouls s’apprêtent à mettre à l’arrêt des pans entiers de la vie civile et économique des citoyens. De l’authentification des actes de mariage et de divorce aux transactions immobilières, en passant par les partages successoraux et les contrats commerciaux régis par le droit musulman, c’est toute la chaîne documentaire de la sécurité juridique qui risque d’être paralysée. Le Conseil National a d’ailleurs instruit ses délégations régionales d’organiser des conférences de presse pour expliquer l’urgence de leur démarche : obtenir du Chef du gouvernement l’ouverture d’un dialogue sérieux et responsable afin de réviser un texte perçu comme une régression pour l’exercice de leur fonction.
Cette mobilisation sans précédent reflète une détermination sans faille. Le corps des Adouls refuse désormais toute adoption du projet de loi 16.22 en l’état, exigeant l’intégration des amendements proposés tant par le Conseil que par les différents groupes parlementaires, qu’ils soient de la majorité ou de l’opposition. En se positionnant comme les garants de la foi publique et de la stabilité des transactions familiales et foncières, les Adouls rappellent leur rôle pivot dans l’architecture juridique du pays. À quelques jours du déclenchement de ce gel des services, la balle est désormais dans le camp du gouvernement, dont la capacité à désamorcer cette crise déterminera la fluidité des procédures administratives pour des milliers de Marocains en ce début d’année 2026.
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