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Sahara : Madrid consacre la prééminence du plan d’autonomie

Par Fayçal El Amrani


Une onde de choc diplomatique vient de traverser l’ambassade des États-Unis à Madrid. Ce dimanche 8 février 2026 restera comme la date où le dossier du Sahara a basculé d’un conflit de postures idéologiques vers un processus technique irréversible sous tutelle américaine. La consécration de l’initiative marocaine d’autonomie comme « seul document sur la table » marque non seulement une victoire stratégique pour Rabat, mais définit également un nouveau cadre de négociation dont les alternatives semblent désormais définitivement exclues.

Le cœur de cette avancée réside dans l’acceptation par toutes les parties, y compris l’Algérie, d’un « Document technique » de 40 pages. En validant ce texte, les participants reconnaissent de facto que l’initiative marocaine actualisée constitue désormais l’unique base de travail pour les discussions à venir. Ce basculement sémantique et procédural ferme la porte aux propositions alternatives portées jusqu’ici par Alger et le Polisario. La médiation américaine, portée par Massad Boulos et Mike Waltz, a réussi l’exploit d’imposer le réalisme politique marocain comme la seule issue tangible au blocage décennal.

L’autre grande annonce de cette réunion est la création immédiate d’un Comité technique permanent composé d’experts juridiques du Maroc, de l’Algérie et de la Mauritanie. Sous la supervision conjointe de l’ONU et des États-Unis, ce comité n’aura pas pour mission de discuter du « si », mais du « comment ». Il s’agira d’examiner les modalités concrètes de mise en œuvre de l’autonomie : fiscalité, système judiciaire et sécurité locale. Cette institutionnalisation du processus technique transforme le plan marocain en une feuille de route opérationnelle, plaçant Staffan de Mistura au cœur d’un calendrier désormais rythmé par les exigences de Washington.

Malgré ce consensus technique, la symbolique politique reste un terrain de mines. Le refus catégorique de la délégation algérienne d’apparaître sur une photo de groupe aux côtés de Nasser Bourita illustre la persistance de tensions profondes. En quittant les lieux par une porte dérobée, la délégation dirigée par Ahmed Attaf a tenté de minimiser la portée d’une rencontre qui ressemble pourtant à un désaveu de sa doctrine classique. La pression américaine a également fait pencher la balance sur la définition de l’autodétermination, désormais intrinsèquement liée à la mise en œuvre de l’autonomie.

Le regard est désormais tourné vers mai prochain. La convocation des parties à Washington pour la signature d’un « accord-cadre » politique sonne comme l’acte final d’une séquence diplomatique où le Maroc sort grand vainqueur. Entre réalisme politique et pragmatisme technique, le Royaume a réussi à imposer son discours, transformant une réunion de crise en un tremplin vers une solution définitive sous l’égide de la seule puissance capable de réunir tous les acteurs autour de la même table.


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