Trente ans après, l’axe Rabat-Bruxelles atteint sa maturité diplomatique
LA VÉRITÉ
Le Maroc et l’Union européenne célèbrent cette semaine un jalon historique, car le trentième anniversaire de la signature de leur accord d’association coïncide effectivement avec un alignement diplomatique majeur autour de la résolution 2797 du Conseil de sécurité de l’ONU. Signé le 26 février 1996, ce texte a précisément posé les fondements d’un partenariat stratégique qui dépasse désormais le simple cadre juridique pour devenir, selon l’ambassadeur Dimiter Tzantchev, un modèle de stabilité exemplaire dans le voisinage méridional. Le lien devient un outil concret d’influence partagée dans un monde en pleine recomposition géopolitique, car il permet d’aborder de front des dossiers aussi complexes que le changement climatique, la sécurité énergétique au Sahel ou encore la gestion coordonnée des flux migratoires.
Cette commémoration prend d’ailleurs une dimension politique toute particulière puisque l’Union européenne a profité de cette tribune pour saluer la résolution 2797, laquelle appuie un règlement durable du différend sur le Sahara fondé sur le plan d’autonomie marocain. Bruxelles reconnaît ainsi officiellement le réalisme et la faisabilité de cette option politique, consolidant par la même occasion la stature du Royaume en tant que partenaire incontournable de premier plan.
Parallèlement, cette reconnaissance diplomatique s’accompagne d’un renforcement de la coopération technique et financière, visant notamment à soutenir la gouvernance et la transition énergétique nationale, prouvant finalement que la proximité politique entre les deux rives de la Méditerranée se traduit par des acquis tangibles au service d’intérêts communs.
Sur le plan strictement économique, l’Union européenne demeure concrètement le premier partenaire commercial du Royaume avec des échanges de biens ayant atteint le chiffre record de 649 milliards de dirhams en 2024. Ce volume de commerce a effectivement été multiplié par cinq depuis l’an 2000, générant par conséquent une croissance soutenue et une stabilité de l’emploi des deux côtés du bassin méditerranéen.
Le récent Pacte pour la Méditerranée ouvre en outre une page encore plus ambitieuse où le Maroc joue un rôle de locomotive régionale, particulièrement en matière de révolution numérique et de mobilités sécurisées. Ce partenariat repose donc sur une confiance mutuelle animée par l’ambition de bâtir une zone de prospérité durable, transformant progressivement cette communauté de destin en un instrument actif de rayonnement euro-méditerranéen.
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