[ after header ] [ Mobile ]

[ after header ] [ Mobile ]

Washington : Le Congressman Zachary Nunn pousse pour classer le Polisario comme terroriste

Offensive au Capitole : Pourquoi le ralliement de Zachary Nunn change la donne sur le dossier du Sahara

LA VÉRITÉ


Washington ne fait plus dans la dentelle. La dynamique au Congrès américain en faveur d’un classement du Front Polisario comme organisation terroriste vient de franchir un nouveau palier symbolique et politique. Ce mardi 24 février, le congressman Zachary Nunn, élu républicain de l’Iowa, a officiellement rejoint la proposition de loi visant à contraindre l’administration américaine à examiner l’inscription du mouvement séparatiste sur la liste des organisations terroristes étrangères (FTO). Ce ralliement n’est pas anecdotique : Nunn est un colonel de l’US Air Force, dont le profil de haut gradé vient renforcer la crédibilité d’une lecture désormais purement sécuritaire du conflit artificiel autour du Sahara marocain.

L’initiative, lancée initialement en mai 2025 par le républicain Joe Wilson et le démocrate Jimmy Panetta, compte désormais huit soutiens de poids à la Chambre des représentants. En rejoignant des figures comme Mario Diaz-Balart ou Pat Harrigan (ancien des forces spéciales), Zachary Nunn ancre le débat dans une réalité militaire. Pour ces élus, le Polisario n’est plus seulement un acteur politique déchu, mais une menace potentielle pour la stabilité régionale. Cette montée en puissance législative reflète un durcissement global de la posture américaine, où le Sahara marocain est de moins en moins perçu comme une simple question de décolonisation et de plus en plus comme un verrou de sécurité face à l’instabilité du Sahel.

Au-delà de la Chambre, c’est au Sénat que le ton monte d’un cran. Le influent républicain Ted Cruz, proche du président Donald Trump, a déjà annoncé son intention de soumettre un texte miroir. Son argumentaire est tranchant : il évoque une « houthisation » du Polisario. En établissant un parallèle avec les rebelles yéménites, le sénateur Cruz pointe du doigt les liens présumés du mouvement avec l’Iran, notamment en matière de technologies de drones et de transferts militaires. Cette grille de lecture, qui lie les séparatistes aux réseaux d’influence de Téhéran, transforme le dossier du Sahara en un enjeu de sécurité nationale pour les États-Unis.

Un contexte diplomatique sous haute tension

Cette séquence législative s’accompagne de signaux diplomatiques forts émanant de l’administration Trump :

Pression sur Alger : La nomination de Mark Schapiro comme chargé d’affaires à Alger dès le 1er mars est perçue comme un message de fermeté. Ce diplomate, fin connaisseur des arcanes algériennes, arrive dans un climat où Washington exige plus de clarté de la part du principal soutien du Polisario.

Reprise du processus politique : Les discussions récentes à Madrid et à Washington (23-24 février) montrent que les États-Unis reprennent la main sur le dossier, imposant un rythme que les autres parties doivent désormais suivre.

Prisme sécuritaire : L’accent mis sur les « Green Berets » (Harrigan) et les colonels (Nunn) au sein du Congrès suggère que la solution finale passera par la neutralisation des menaces asymétriques dans la région.

Bien que la désignation formelle ne soit pas encore actée, le « logiciel » américain a muté. Le Polisario est désormais traité à Washington sous l’angle du contre-terrorisme et de l’endiguement de l’influence iranienne. Pour Rabat, cette évolution valide une stratégie de longue date : celle de présenter l’autonomie non seulement comme une solution politique, mais comme l’unique rempart crédible contre l’anarchie sécuritaire en Afrique du Nord.


À lire aussi
commentaires
Loading...
[ Footer Ads ] [ Desktop ]

[ Footer Ads ] [ Desktop ]