L’autoroute Tit Mellil–Berrechid (A31) ouverte en avance, un exploit du génie civil marocain
Ce tronçon stratégique de 30 km, livré avant terme par l'ADM, redessine la mobilité du Grand Casablanca et désengorge l'accès vital à l'aéroport Mohammed V
LA VÉRITÉ
C’est une excellente nouvelle pour les automobilistes et les logisticiens du Royaume. La Société Nationale des Autoroutes du Maroc (ADM) a créé la surprise ce jeudi 27 novembre. Elle a ouvert à la circulation la nouvelle autoroute Tit Mellil–Berrechid, baptisée A31, bien avant l’échéance contractuelle. Cet investissement de 2,5 milliards de dirhams ne se contente pas d’ajouter du bitume au réseau national ; il apporte une réponse chirurgicale à l’asphyxie du trafic dans le poumon économique du pays.
Un bypass vital pour le Grand Casablanca
L’A31 n’est pas une simple bretelle. Elle agit comme un véritable « pontage coronarien » pour la circulation casablancaise. Longue de 30 km, cette infrastructure connecte directement la rocade de Casablanca (A1) au niveau de Tit Mellil aux axes majeurs que sont l’autoroute Casablanca–Marrakech (A3) et Berrechid–Beni Mellal (A4).
L’impact sera immédiat. Jusqu’à présent, l’axe Casablanca–Aéroport saturait sous le poids de plus de 75 000 véhicules quotidiens. L’A31 va absorber un flux initial estimé à 20 000 véhicules par jour. Concrètement, les usagers venant du Nord et de l’Est pourront désormais rejoindre le Sud et le Centre du pays — ou l’aéroport Mohammed V — sans s’engluer dans les bouchons de l’entrée sud de la métropole. Le gain de temps et de carburant s’annonce considérable pour les transporteurs.
Une première technique nationale
Sur le plan technique, ce chantier marque une rupture. Pour la première fois au Maroc, une autoroute a été conçue dès l’origine en configuration 2×3 voies.
Cette anticipation témoigne d’une vision à long terme, évitant les coûteux travaux d’élargissement futurs. L’infrastructure intègre également des barrières de sécurité de nouvelle génération, renforçant la sûreté des usagers. Le tracé comprend quatre viaducs majeurs franchissant les oueds Zririf, El Fayda et El Himer, ainsi que deux échangeurs stratégiques et 24 ouvrages de rétablissement pour préserver les connexions locales.
La souveraineté technique à l’honneur
Au-delà de l’ouvrage, c’est la méthode qui force le respect. L’ADM souligne que ce projet est le fruit d’une expertise 100 % marocaine. De la table à dessin jusqu’à la pose des dernières glissières, des équipes nationales ont piloté l’intégralité du processus.
Cette maîtrise d’œuvre locale, forte de 35 ans d’expérience, envoie un signal fort à quelques années de la co-organisation de la Coupe du Monde 2030. Le Maroc prouve sa capacité à livrer des infrastructures complexes, aux standards internationaux, et surtout, à tenir, voire devancer, les délais.
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