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L’Arica Finance Corporation, une réussite panafricaine

LA VÉRITÉ / MAP


L’Arica Finance Corporation (AFC) est une réussite panafricaine qui a su s’imposer pour devenir un bailleur de fonds reconnu, crédible et important et par le montant des financements et par la crédibilité de sa gouvernance et sa politique de financement, a indiqué l’expert marocain en énergie et développement, Younes Maamar.

Dans un entretien accordé à la MAP à l’occasion de la célébration, jeudi dernier à Abuja, du 15ème anniversaire de l’AFC, en marge de laquelle a été organisée une conférence internationale sous le thème « Le financement des infrastructures », M. Maamar a précisé qu' »aujourd’hui, 10 milliards de dollars sont investis par l’AFC en Afrique dans des projets à valeur développementale importante ».

« Il s’agit d’une réussite qui a commencé comme une idée, puis s’est transformée en projet qui, dans un premier temps, avait principalement comme actionnaire la Banque centrale nigériane, des organismes d’assurance nigérians autour desquels s’est cristallisé le fonds africain pour un montant de 1 milliard de dollars mais qui leur a permis de gagner en crédibilité pour atteindre une capacité de 10 milliards de dollars investis », a expliqué M. Maamar.

« C’est une expérience riche d’autant plus que les besoins en financement de notre continent sont immenses sachant que la problématique n’est pas le financement mais de trouver des projets bancables et l’AFC a montré qu’elle est de nature à investir en amont des projets pour les rendre bancables et pour que ces projets à connotation développementale puissent voir le jour », a-t-il poursuivi.

S’agissant de l’adhésion du Maroc il y a un peu plus d’un an à l’AFC et de l’apport de celle-ci au Royaume, M. Maamar a disséqué ceci en deux points.

Premièrement, « d’un point de vue économique, quand on a des actionnaires, des gens qui investissent dans l’AFC, c’est pour pouvoir faire un investissement bénéficiaire. Il y a donc une pertinence à voir le côté d’intérêt économique d’un investissement de taille, ce n’est pas du fonds perdu », a-t-il détaillé.

Le deuxième point réside dans le fait « que cela permet de rentrer dans le cœur du réacteur de la décision de cet organisme qui s’est imposé comme un acteur crédible, en investissant dans l’AFC mais aussi en apportant non seulement un rôle dans les organes de gouvernance mais aussi dans les organes de décision, afin de pouvoir faire une sorte de pollinisation de l’expérience marocaine pour l’AFC et de l’expérience transcontinentale de l’AFC pour le Maroc », a-t-il mis en avant.

« Aujourd’hui, il y a dans la vision du Maroc l’importance du renforcement de notre dimension africaine et c’est un outil qui existe et peut apporter une accélération extraordinaire à cette vision », a estimé M. Maamar, soulignant l’intérêt des responsables de l’AFC, que ce soit de la partie investissement ou celle de la gouvernance, à « voir dans quelle mesure le renfoncement de leur relation avec le Maroc peut prendre une dimension encore plus courageuse ».

Il a également mis en exergue la prédisposition positive de l’AFC et du Maroc à voir comment passer à un autre stade de ce partenariat et mutualiser les efforts des deux parties.

Quant aux champs d’action et aux domaines de coopération entre les deux parties, l’expert marocain a déclaré qu' »il faut penser déjà aux projets bilatéraux. Il y a un projet bilatéral qui a une vocation de mutualiser nos valeurs ajoutées respectives, à savoir celui de l’OCP. L’AFC serait très disposée à pouvoir y contribuer ».

« Mais, il y aussi les projets transfrontaliers, régionaux et continentaux notamment en matière d’intégration énergétique, et bien entendu le projet du gazoduc Nigeria-Maroc en est un », a-t-il fait savoir, rappelant que « ce projet, sa pertinence, sa vocation et son objectif est de servir tous les pays qu’il transite ».

« C’est le genre de projet sur lesquels l’AFC ne pourrait pas être le seul financier mais un catalyseur dans le financement », a-t-il affirmé.

Il a également fait remarquer qu' »il y aussi une pertinence à voir comment les banques marocaines, qui sont déjà très fortement ancrées dans le tissu économique de plusieurs pays du continent, peuvent contribuer à cette mutualisation des efforts pour des projets de développement dans les domaines de l’infrastructure, l’énergie, les PME ainsi que le système bancaire dans lequel le Maroc a une expérience probante qui serait de nature à apporter dans ce nouveau partenariat entre l’AFC et le Maroc ».


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