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L’approche marocaine de gestion des détenus extrémistes vise leur réinsertion dans la société

SOCIÉTÉ Z- NEWSLETTER (apm) / 31 janvier 2020
L’approche marocaine de gestion des détenus extrémistes vise leur réinsertion dans la société

L’approche marocaine en matière de gestion des détenus sur fond d’affaires d’extrémisme ou de terrorisme vise leur réinsertion dans la société, a affirmé, vendredi à Rabat, le directeur de l’Observatoire marocain sur l’extrémisme et la violence, El Mostapha Rezrazi.

Intervenant lors du panel dédié aux expériences en matière de gestion sécuritaire et gestion des détenus extrémistes violents, dans le cadre du 1er Forum Africain des Administrations Pénitentiaires et de Réinsertion, M. Rezrazi a relevé que l’approche marocaine, adoptée au lendemain des attaques terroristes du 16 mai 2003, est « globale », fédérant les aspects économique, social et sécuritaire, dans un esprit de respect des droits humains, et avec la finalité d’extirper les penchants extrémistes des détenus.

 M. Rezrazi a noté que la Délégation générale à l’administration pénitentiaire et à la réinsertion (DGAPR) a lancé, en partenariat avec la Rabita Mohammadia des Oulémas et le Conseil national des droits de l’Homme, le programme Moussalaha (réconciliation) qui vise à humaniser et améliorer les conditions de détention et à préparer les détenus à la réinsertion, estimant qu’il s’agit là d’une initiative “pionnière” au niveau continental. 

L’expert a souligné que ce programme oeuvre à lutter contre l’extrémisme violent à travers l’éducation physique, l’accompagnement psychologique, la tenue d’ateliers sur les aspects juridiques et des droits de l’Homme, ainsi que par le biais de sessions d’encadrement socio-économique, se félicitant que ce programme ait permis de faire sortir plusieurs ex-détenus de l’engrenage extrémiste. 

Pour sa part, la représentante du Programme des Nations unies pour le développement (PNUD) en Afrique, Nirina Chebiwot Kiplagat, qui a fait part du lancement d’un programme visant à accompagner des pays africains dans la lutte anti-extrémisme et la gestion des détenus pour des affaires de terrorisme, a estimé que les établissements pénitentiaires sont devenus des “centres de déradicalisation” et de protection des sociétés du phénomène du terrorisme, saluant à cet égard l’expérience marocaine en la matière. 

Mme Kiplagat a appelé les pays d’Afrique à accorder une importance particulière aux femmes revenant des zones de conflits, en particulier celles ayant des enfants, afin de les réintégrer dans leurs sociétés, faisant remarquer l’importance de renforcer leurs capacités intellectuelles et cognitives et de les faire bénéficier de programmes professionnels. 

De son côté, le représentant de la Direction générale des prisons et de la rééducation en Tunisie, Ahmed Orabi, a noté que l’approche de son pays vise à préserver la dignité de ces détenus, tout en tenant compte de la dimension sécurité.M. Orabi a indiqué que la Direction a adopté un éventail de programmes au profit des détenus extrémistes visant les aspects sanitaire, culturel et sportif.

Elle a aussi organisé des ateliers professionnels, a-t-il dit, soulignant l’importance de consolider les relations de ces détenus avec leurs familles. 

Tenu sous le Haut patronage de SM le Roi Mohammed VI, le 1er Forum Africain des Administrations Pénitentiaires et de Réinsertion regroupe près de 450 participants représentant quelque 36 délégations. 

Le Forum, organisé à l’initiative de la DGAPR, porte sur des thématiques aussi variées que l’approche participative efficace pour préparer les détenus à la réinsertion, les expériences des différentes administrations pénitentiaires ou encore la modernisation de l’administration pénitentiaire et l’efficacité de l’élément humain.

 

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