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Naissance de la plateforme « Bridges of the Global South » pour les droits de l’Homme et l’IA

Le CNDH et l'académie mexicaine ALFA lancent à Marrakech la plateforme "Bridges of the Global South" pour réguler l'IA et protéger les droits humains

LA VÉRITÉ


À l’issue de la 10ème édition de la Conférence internationale sur les droits de l’homme et les lois électorales, les participants réunis à Marrakech ont officialisé la naissance d’une nouvelle plateforme de coopération internationale baptisée « Bridges of the Global South ».

L’acte fondateur de cette initiative a été scellé par la signature d’une déclaration conjointe entre Amina Bouayach, présidente du Conseil National des Droits de l’Homme (CNDH) du Maroc, et Antonio Sorela, président de l’Academia Líder en Formación Avanzada (ALFA) du Mexique. Conçue comme un espace permanent de coopération entre le Maroc et l’Amérique latine, cette plateforme intervient dans un contexte de mutations technologiques rapides où la numérisation et l’intelligence artificielle (IA) redéfinissent en profondeur les contours de la démocratie et la protection des libertés publiques.

L’ambition de « Bridges of the Global South » est de structurer un espace pérenne d’échange et de plaidoyer pour les pays du Sud. L’assemblée a mandaté le CNDH marocain et l’académie mexicaine ALFA pour piloter le déploiement opérationnel de la plateforme dès les prochains jours. La feuille de route s’articule autour de trois axes fondamentaux :

L’échange d’expertises permettra d’abord de partager les meilleures pratiques face aux risques technologiques émergents tout en favorisant la coopération intercontinentale. De plus, une coordination multipartite sera mise en place pour mobiliser les acteurs institutionnels, académiques et civils afin de bâtir des approches réglementaires communes. Enfin, la plateforme soutiendra un mécanisme de suivi indépendant pour évaluer les risques concrets que représentent l’IA et les nouvelles technologies sur l’intégrité des processus démocratiques.

Face aux dérives de l’IA, l’urgence d’une régulation équitable

Les délégations, venues en grande majorité du Maroc et d’Amérique latine, ont mis en exergue la similitude des menaces numériques qui pèsent sur les nations du Sud. Les débats ont pointé du doigt la recrudescence de la désinformation et des campagnes de manipulation de l’opinion qui fragilisent la sincérité des scrutins électoraux. Les experts ont également alerté sur les biais et l’influence algorithmique, ainsi que sur la fracture numérique grandissante qui risque d’exclure les populations les plus vulnérables des nouveaux outils de gouvernance.

Face à ce constat, la coopération Sud-Sud s’impose comme une nécessité stratégique pour contrebalancer l’influence des géants de la tech. Les participants ont insisté sur l’importance d’utiliser le potentiel positif de l’IA, notamment en soutenant des réseaux de vérification des faits (fact-checking). Cette démarche s’aligne sur le combat historique du CNDH pour que les pays en développement ne soient plus de simples consommateurs de technologies, mais des acteurs clés dans la définition des futures normes et chartes internationales régissant la protection des droits humains face à l’intelligence artificielle.


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