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L’Algérie s’est gravement trompée d’analyse à l’égard du Maroc

L’Algérie se retrouve aujourd’hui, après plusieurs décennies de guerre contre le Maroc, militaire et diplomatique, devant une grave impasse, faute de vision stratégique cohérente, juste et rationnelle à l’égard du Royaume du Maroc, sur le long terme. La junte militaire algérienne n’a jamais pensé que le conflit artificiel sur la question du Sahara allait s’éterniser, pour plusieurs décennies et qu’en conséquence, elle n’avait également jamais, songé à une hypothèse de sortie probable de ce conflit.

L’Algérie n’avait jamais envisagé une telle impasse, tablant comme toujours sur la déroute du système politique marocain. Ce pays géographiquement voisin du Maroc, mais qui en est distant de plusieurs décennies de retard, dont les seules ressources sont les hydrocarbures, avait dépensé, depuis 1975, quelque 500 milliards de dollars pour défendre la cause du polisario et affaiblir le Royaume voisin dont le soutien avait été déterminant pour le recouvrement de l’indépendance de l’Algérie.

L’Algérie s’est trompée en 1975 en pensant à tort que le régime monarchique, éclaboussé par deux coups d’Etat, serait au bord de la faillite et qu’il ne tiendrait pas pour longtemps, économiquement et militairement face à l’Algérie et ses milices séparatistes. Grave erreur, le régime algérien, régenté par l’armée depuis l’indépendance, n’avait pas pris en considération l’unanimité et le consensus nationaux du peuple marocain autour de la monarchie et de la question du Sahara. En effet, si le Royaume n’avait pas reconnu la sécession de la Mauritanie jusqu’en 1972, il va de soi que cela signifiait de toute évidence que le territoire qui se situait entre le Royaume et la Mauritanie ne pouvait être logiquement que marocain. L’Algérie s’est ainsi retrouvée face non seulement à la monarchie chérifienne, mais au peuple marocain tout entier.

En 1979, l’Algérie s’est encore trompée. Le Maroc avait déjoué à temps un grave complot de l’Algérie, tendant à implanter ses troupes dans le sud du Sahara marocain, suite à un accord avec la Mauritanie, portant sur la cession du territoire au Polisario. Sans la vigilance de Feu SM le Roi Hassan II, l’Algérie et ses pions aurait occupé la partie sud du territoire, mettant le Royaume dans une position diplomatique inconfortable, au niveau international. Le Royaume avait immédiatement occupé le terrain, déjouant les complots de l’Algérie.
L’Algérie s’est encore trompée en 1999, lors du décès de feu le Roi Hassan II. Les stratèges et les médias algériens prédisaient la fin de la monarchie au Maroc. Les analystes des médias algériens présentaient, à l’époque, le Royaume comme un pays au bord de l’effondrement et de l’éclatement. Comme aujourd’hui, la presse algérienne, guidée par l’agence de presse, APS DZ, affirme que le Royaume est en ébullition sur le plan social.
Comme Toujours, les dirigeants aiment établir une distinction entre le peuple marocain, qu’ils tiennent pour un «peuple ami et frère», dont le dictateur Boumediene avait paradoxalement expulsé 45.000 familles marocaines, et la monarchie chérifienne marocaine, qui préside aux destinées du pays depuis plusieurs siècles, contrairement au « régime progressiste d’Alger», né depuis seulement six décennies. A l’égard de l’Espagne, les plus hautes sphères en Algérie tiennent le même langage superflue, en établissant une distinction entre l’Etat espagnol et le chef du gouvernement, comme si le gouvernement ne faisait pas partie de l’Etat.
L’Algérie ne semble pas du tout avoir tiré les leçons de ces échecs cumulés depuis 1975. Pays simplement «concerné», en d’autres termes, non impliqué dans le conflit artificiel du Sahara, l’Algérie nomme un « envoyé spécial chargé du Sahara et du Maghreb», apportant ainsi la preuve, s’il en est encore besoin, de partie prenante, de protagoniste numéro un du Maroc dans ce conflit. Un envoyé spécial qui s’exprime à longueur de journée, plus que le soi disant «président de la république» de Tindouf.

Frappée de cécité, l’Algérie ne serait pas prête à admettre et reconnaitre ses graves responsabilités, d’abord à l’égard du peuple algérien, qu’elle a engagé dans une cause pour laquelle il reste totalement indifférent et qui est préjudiciable à ses intérêts supérieurs (dilapidation de 500 milliards de dollars), puis envers le Maroc voisin, dont elle renie ses sacrifices pour l’Algérie. En fait, la nomination d’un envoyé spécial pour le Sahara et le Maghreb resterait sans objet, le Sahara et le Maghreb étant des entités qui n’existent que dans les schémas utopiques de la junte d’Alger. Des nominations qui interviennent dans un contexte de déliquescence du système politique algérien, incapable de nourrir correctement le peuple algérien et qui se dit prêt à mourir pour certains principes idéologiques, vides de sens, comme l’autodétermination, tout en refusant le libre choix de ses gouvernants au peuple algérien lui-même, dont l’armée avait éliminé physiquement 200.000 Algériens, durant la décennie quatre-vingt dix, pour se maintenir au pouvoir.

 


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