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L’aide sociale directe, pilier de la justice sociale au Maroc

Un modèle national en marche vers l’autonomisation des citoyens

LA VÉRITÉ


Sous l’impulsion royale de Sa Majesté le Roi Mohammed VI, le Maroc poursuit une transformation profonde de son système de protection sociale. Le chantier de l’aide sociale directe, lancé en 2024, s’impose comme une avancée historique dans la lutte contre la précarité, la pauvreté et les inégalités. Pour Wafâa Jemali, directrice générale de l’Agence nationale du soutien social (ANSS), cette initiative incarne une vision claire de justice sociale, de dignité et d’équité, en phase avec les Hautes Orientations Royales.

Une réforme profonde, guidée par la vision royale

Le discours royal de l’ouverture de la session parlementaire d’octobre 2023 a posé les fondations de cette réforme ambitieuse. Il a défini des objectifs précis : améliorer les conditions de vie des populations vulnérables, réduire les disparités sociales et renforcer l’équité territoriale. Depuis lors, l’État a opéré une transformation qualitative du soutien social, en passant d’une logique d’assistance ponctuelle à un modèle structuré, ciblé et durable.

Grâce à l’instauration d’un système unifié de ciblage, basé sur le Registre Social Unifié, l’ANSS garantit une répartition équitable des aides, tout en éliminant les risques de fraudes ou de doublons. Cette innovation, combinée à une gouvernance numérique rigoureuse, positionne le Maroc comme un pionnier régional dans la modernisation des politiques sociales.

Une mobilisation financière sans précédent

Le Royaume a consacré une enveloppe historique de 25 milliards de dirhams en 2024 pour financer ce chantier stratégique. Ces fonds permettent le versement mensuel d’allocations directes à 4 millions de ménages, bénéficiant à près de 12 millions de citoyens, soit un tiers de la population marocaine.

Parmi les bénéficiaires, 2,5 millions de familles prennent en charge plus de 5,5 millions d’enfants, qui reçoivent des allocations familiales jusqu’à 21 ans. En outre, 1,5 million de ménages perçoivent des aides forfaitaires, dont 400 000 veuves, dont près de 90 000 élèvent des orphelins. Ces chiffres traduisent une volonté claire de protéger les plus fragiles, en particulier les femmes et les jeunes.

Un modèle intégré et durable

Le Maroc ne se contente pas d’octroyer des aides : il construit un modèle intégré de solidarité nationale. Aujourd’hui, le Royaume figure parmi les deux premiers en Afrique en termes de part des allocations sociales dans le PIB, avec 2 %, un taux parmi les plus élevés du continent. Ce succès repose sur une approche inspirée des meilleures pratiques internationales, mais adaptée aux réalités sociales et économiques marocaines.

Cependant, la directrice de l’ANSS souligne que le chantier est encore en phase de consolidation. Trois défis majeurs doivent être relevés pour passer d’un mécanisme d’urgence à un levier d’autonomisation sociale et économique.

Vers une autonomisation, au-delà de l’assistance

Le premier défi est celui de la proximité. L’ANSS développe un réseau de représentations territoriales pour offrir un accompagnement humain, adapté aux spécificités locales. L’objectif est de renforcer la confiance et d’améliorer la qualité du service public.

Le deuxième défi concerne l’impact qualitatif. L’aide financière doit être liée à des indicateurs concrets d’accès à l’éducation, à la santé et à l’emploi. « Il ne s’agit plus seulement de donner, mais de permettre aux bénéficiaires de sortir durablement de la précarité », affirme Mme Jemali.

Le troisième défi est celui de l’accompagnement économique. L’ANSS travaille à lier les allocations à des programmes de formation, d’orientation professionnelle et d’appui à l’entrepreneuriat, en coordination avec les ministères de l’Emploi, de la Formation et de l’Économie sociale.

Une gouvernance participative et transparente

Ce modèle repose sur une approche participative, associant les bénéficiaires, les collectivités territoriales, les secteurs sociaux et les partenaires internationaux. Chaque engagement social est défini en concertation, et les résultats sont suivis de manière rigoureuse, conformément aux principes de transparence, d’équité et de solidarité prônés par le Souverain.

En conclusion, le chantier de l’aide sociale directe n’est pas seulement une politique sociale : c’est une révolution humaine, qui place le citoyen au cœur de l’action publique. Comme le rappelle Wafâa Jemali, « ce n’est pas une aumône, c’est un droit, c’est une dignité ».


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