L’Afrique : Le berceau de l’hydrogène vert ?
L'Afrique, le nouveau géant de l'hydrogène vert. Le Sommet du Cap 2025 révèle un potentiel colossal pour l'énergie propre et des millions d'emplois.
LA VÉRITÉ
Et si les vents arides du désert, l’implacable soleil des savanes et les fleuves indomptés du continent africain, longtemps perçus comme des défis à dompter, se muaient en or vert pour les générations futures ? Cette audacieuse perspective, née d’une alchimie entre nécessité climatique et ambition industrielle, a insufflé son énergie au premier Sommet africain sur l’hydrogène vert.
C’est sous le ciel lumineux du Cap, en cette matinée du 12 juin 2025, que les discours inauguraux ont tracé les contours d’un rêve en voie de réalisation : celui d’une Afrique non seulement résiliente, mais pionnière, portant haut les étendards d’une révolution énergétique. D’emblée, les orateurs ont posé les mots sur cette conviction partagée : le continent, berceau de ressources renouvelables inégalées, est appelé à devenir le géant incontournable de l’hydrogène vert. Un destin écrit par la géographie, mais aussi par la volonté d’écrire, enfin, une histoire où la puissance économique épouse l’équilibre écologique.
Un potentiel énergétique inégalé
L’Afrique dispose d’abondantes ressources renouvelables. En effet, elle bénéficie d’une forte irradiation solaire, de vents puissants et d’un potentiel hydroélectrique considérable. Grâce à ces atouts, le continent se prête naturellement à des projets d’énergie renouvelable à grande échelle.
La transition mondiale vers des sources d’énergie plus propres s’accélère. Par conséquent, la demande mondiale d’hydrogène propre ne cesse de croître. Les pays cherchent activement à décarboner leurs industries, leurs transports et leurs systèmes énergétiques. Cette situation offre des « opportunités illimitées » pour le continent africain. L’hydrogène vert est un moyen stratégique de combiner les richesses minérales du continent avec son énergie renouvelable. Cela permet, de ce fait, de décarboner les industries lourdes, de créer des emplois et de stimuler l’investissement.
Projets concrets et alliances stratégiques
Plus de 52 projets d’hydrogène vert à grande échelle ont déjà été annoncés sur le continent. Parmi eux, le projet Nour au Maroc, Coega Green Ammonia en Afrique du Sud et le projet AMAN en Mauritanie se distinguent. D’une part, à mesure que la demande d’hydrogène vert augmente, la demande de métaux du groupe du platine progresse également. D’autre part, ceci soutient et développe les industries minières et de raffinage en Afrique. Dans cette même veine, la création de l’Alliance africaine pour l’hydrogène vert est une avancée majeure. Elle rassemble plusieurs pays africains, notamment le Maroc, l’Égypte, le Kenya, la Mauritanie, la Namibie et l’Afrique du Sud. L’ambition de l’Alliance est impressionnante : produire « 30 à 60 millions de tonnes d’hydrogène vert d’ici 2050 ». Par conséquent, cela pourrait générer « entre deux et quatre millions de nouveaux emplois » dans les États membres d’ici 2050.
Les clés du succès : cadre politique et réglementaire
Pour exploiter pleinement ces opportunités, les pays africains doivent agir. Ils se doivent de mettre en place des environnements politiques et réglementaires appropriés. En outre, ils doivent continuer à développer des systèmes de certification régionaux, des corridors d’hydrogène et des plateformes d’exportation de produits verts. Un rapport récent sur l’hydrogène vert fournit un aperçu complet du potentiel du continent. Il consolide 35 études sous-jacentes.
Les orateurs ont souligné l’urgence d’exploiter le potentiel de l’économie de l’hydrogène. L’Afrique a été « le plus durement touché par le changement climatique et les ravages qu’il provoque dans les communautés et les économies ». Le continent a été témoin de « vagues de chaleur meurtrières, de fortes pluies, de cyclones tropicaux et de sécheresses prolongées ». Ces événements tragiques mettent en lumière une « vulnérabilité commune ». Dès lors, ils imposent « notre responsabilité commune d’agir, de nous adapter et de le faire de manière à ne laisser personne de côté ».
Vers une transition énergétique juste
L’Afrique doit effectuer sa transition énergétique à un rythme et à une échelle qui reflètent les priorités de développement et les réalités économiques de ses pays. Le premier Sommet africain sur l’hydrogène vert avait justement pour objectif de « mettre en valeur le potentiel de l’Afrique en matière de production d’hydrogène vert ». Il visait également à explorer les « opportunités d’investissement et de partenariats stratégiques dans ce domaine ». Initié sous le thème « Libérer le potentiel de l’hydrogène vert de l’Afrique pour une croissance durable », ce sommet innovant a réuni des acteurs clés. On y trouvait des ministres africains de l’Énergie, des décideurs politiques, des investisseurs, des institutions de recherche et des experts en énergie. Ensemble, ils ont cherché à façonner le secteur émergent de l’hydrogène vert sur le continent.
En conclusion, l’Afrique est en passe de redéfinir son rôle sur la scène énergétique mondiale grâce à l’hydrogène vert. Son potentiel en ressources renouvelables est immense. Ses ambitions de décarbonation et de création d’emplois sont claires. Le continent africain est-il sur le point de devenir non seulement un leader énergétique, mais aussi un modèle de développement durable et inclusif pour le monde entier ? L’avenir de l’énergie propre semble, de ce fait, s’écrire en grande partie sur le continent africain.
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