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L’Afrique à l’heure des choix : pourquoi l’intégration économique et industrielle ne peut plus attendre

Urgence d'une intégration économique continentale à Casablanca : le Haut-Commissaire au Plan, Chakib Benmoussa, préconise l'accélération de la ZLECAf pour renforcer les chaînes de valeur africaines. Un potentiel stratégique mondial : l'Afrique entend transformer son essor démographique de 1,5 milliard d'habitants, ses 60 % de terres arables non cultivées et ses 30 % de réserves de minerais critiques en levier de croissance autonome. Souveraineté économique et fiabilité des données : la réussite de ce modèle repose sur des politiques publiques résilientes, des statistiques harmonisées et un investissement prioritaire dans le capital humain.


Réunis à Casablanca le vendredi 2 octobre 2026 à l’occasion de la deuxième édition du Casablanca Business Forum, dirigeants économiques et experts internationaux ont réaffirmé l’urgence d’une intégration continentale renforcée. Alors que la Zone de libre-échange continentale africaine offre un cadre stratégique majeur, la transformation du potentiel démographique, agricole et minéral de l’Afrique exige désormais une action collective coordonnée, souveraine et appuyée sur des données fiables.

 

Un impératif stratégique pour accélérer la transformation continentale

Le Haut-Commissaire au Plan du Royaume du Maroc, Chakib Benmoussa, est intervenu le vendredi 2 octobre 2026 à Casablanca lors de l’ouverture de la deuxième édition du Casablanca Business Forum. Placé sous le thème « Africa’s Next Economic Chapter », cet événement important organisé par Casablanca Finance City rassemble acteurs publics et privés autour des perspectives d’essor du continent. Selon les déclarations du Haut-Commissaire au Plan, l’intégration économique africaine constitue aujourd’hui une urgence absolue pour réussir la mutation structurelle de la région. Dans ce dispositif, la Zone de libre-échange continentale africaine (ZLECAf) s’impose comme le cadre continental de référence. L’enjeu stratégique consiste à dépasser le simple accroissement des échanges commerciaux intra-africains pour construire des capacités de coproduction et rehausser la compétitivité des chaînes de valeur régionales.

 

Un potentiel économique massif au service d’un développement souverain

Le continent africain dispose de levier de croissance d’une ampleur inédite, soulignent les intervenants à la rencontre. L’Afrique compte actuellement 1,5 milliard d’habitants, ce qui représente 19 % de la population mondiale. Le territoire concentre également 60 % des terres arables non cultivées de la planète et abrite 30 % des réserves mondiales de minerais critiques. D’après le Haut-Commissaire au Plan, la concrétisation de ces atouts suppose une confiance accrue dans les capacités de mobilisation collectives et l’élaboration de trajectoires de développement autonomes. Le rôle du Maroc a été rappelé à travers la coopération Sud-Sud impulsée sous le leadership du Roi Mohammed VI et la création de la place financière Casablanca Finance City, conçue pour soutenir l’intégration financière continentale. L’expérience marocaine met ainsi en avant trois points de vigilance : concevoir des politiques publiques axées sur la résilience, intégrer le progrès social au-delà des seuls indicateurs économiques, et libérer les énergies par l’investissement prioritaire dans le capital humain.

 

L’harmonisation statistique comme outil d’orientation des politiques publiques

La conduite des réformes économiques exige le soutien d’un système d’information statistique performant, pertinent et indépendant. L’Afrique possède une architecture institutionnelle définie par la Charte africaine de la statistique, la Stratégie pour l’harmonisation des statistiques en Afrique et l’entité STATAFRIC. Cependant, les dispositifs actuels demeurent confrontés à des écarts de capacités entre États, à une irrégularité dans la collecte ainsi qu’à un manque de coordination entre banques centrales, douanes et instituts nationaux. Dans cette optique, la réforme récente du statut du Haut-Commissariat au Plan vise à promouvoir des données ouvertes, harmonisées et interopérables. La production de statistiques fiables permet d’éclairer la prise de décision, d’accroître la transparence et d’ajuster l’action publique aux besoins réels des populations et des territoires.

 

Capitaux, climat et compétences au cœur des débats

Sur le plan financier, les spécialistes rappellent que le continent possède les ressources nécessaires au financement de son développement, sous réserve d’une gestion plus coordonnée et souveraine. La manifestation a été marquée par l’intervention en visioconférence du professeur Philippe Aghion, lauréat du Prix Nobel d’économie 2025, qui a analysé le rôle des mutations technologiques dans le soutien à la productivité et à la croissance durable. Les travaux du forum se sont articulés autour de quatre panneaux thématiques consacrés à la recomposition mondiale, la compétition pour l’attraction des capitaux, les défis de la COP 31 et le développement des infrastructures d’intégration. Enfin, la présentation de la 11e édition du rapport « Africa Insights » a mis en relief les tendances relatives au capital humain, proposant des pistes pour favoriser la circulation des compétences et transformer la fuite des cerveaux en un véritable levier de compétitivité pour l’économie africaine.


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